22 janvier 2022
Critiques

The Ryan initiative : La critique du film

Par Nicolas Vasseur

"The Ryan Initiative" lorgne ambitieusement vers la trilogie "Bourne". Pourtant, sans parvenir à insuffler un rythme à sa trame narrative décousue et passéiste. Kenneth Branagh se montre moins inspiré dans le film d'action que dans le drame shakespearien. Chris Pine succède à Alec Baldwin, Harrison Ford et Ben Affleck dans le rôle-titre. Le tout pour une aventure ravivant les fantômes de la Guerre froide. Une aventure qui expédie Jack Ryan à Moscou, Il doit y tenter, pour le compte de la CIA, d'enrayer les sombres desseins d'une organisation financière terroriste. Le long-métrage de Kenneth Branagh est aussi le premier qui ne s'inspire pas de l'un des douze romans suivant Jack Ryan. Malheureusement, la volonté des producteurs est clairement de toucher un public plus jeune. En lorgnant qui plus est sur un visuel à la Jason Bourne. Ceci transforme l'analyste vivant derrière un bureau en super espion bâti pour films d'action. Enfin, c'est ce qui nous ait vendu dans la bande-annonce. Or il n'en est rien.

Jack Ryan est un analyste de la CIA. Il n'a que son savoir et ses théories pour dénouer les situations géopolitiques épineuses. Même s'il tâte un peu du terrain à chaque fois. C'est ce qui caractérise le personnage. C'est ce qui le différencie des autres espions tels que James Bond ou Jason Bourne. Dans cette nouvelle interprétation, Chris Pine ne parvient jamais à vendre l'intelligence du personnage et incarne une version bien peu charismatique de l'agent de terrain. Il faut dire que le scénario réduit le personnage à un 007 sans le l'humour ni les femmes. De surcroît, Branagh assume le fait de réaliser un sous-Jason Bourne trop calibré par la production. Car il faut bien le dire : en dehors de l'intérêt, un peu distant, d'observer les personnages et les méthodes de jeu d'acteur qui les animent, "The Ryan Initiative" ne passionne pas vraiment. En dehors de cette gageure et d'un casting rassurant, c'est une production outrancièmement classique.

Les intrigues de guerre froide, de haine et de vengeance soviétiques, décrites ici comme viscérales, sont d'une simplicité binaire. Elles renvoient aux fondamentaux historiques des films d'espionnage, ni plus ni moins. Le reboot du célèbre Jack Ryan par Kenneth Branagh était finalement une mauvaise initiative et l'on n'est surement pas près de revoir l'agent de sitôt ! En effet, la première scène inscrit le film dans la continuité du 11 septembre. Cependant, le script n'en fait rien. En fin de compte, sans aller jusqu'à parler de propagande, le film s'avère tristement manichéen. Les russes figuraient également de manière importante dans les deux volets précédents ("À la poursuite d'Octobre rouge" et "La Somme de toutes les peurs"). Toutefois, afin de mieux servir un propos montrant l'Amérique comme porteuse du blâme, rongée par le doute et la paranoïa de la Guerre Froide. Ici, il n'y a rien. Le film n'a rien à dire !

Au final, "The Ryan Initiative" relève d'une autre époque. Il ne répond pas totalement aux exigences du public contemporain qui préfère qu'on le secoue davantage. Le jeune âge de son acteur n'y fait rien. Ce personnage vieillot vit peut-être ses derniers instants au cinéma. De plus, la franchise souffre de la mort prématurée de son auteur (en octobre 2013). Qu'on le trouve agréable à suivre ou un brin décevant, ce nouvel opus s'oubliera très vite. Toutefois, et pour conclure définitivement, on ne boudera pas notre plaisir de retrouver Kenneth Branagh. Il est excellent et impérial en grand méchant soviétique prêt à tout pour assouvir sa haine de l'Occident. 

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