21 janvier 2022
Critiques

The Search : La critique

Après nous avoir apportées moultes répliques cultes et moults rires avec la série des "OSS 117", puis une pointe de fierté patriotique avec la rafale d'oscars de "The Artist", Michel Hazanavicius était très attendu pour son nouveau film. "The Search", présenté cette année au festival de Cannes, nous décrit les heures sombres de la seconde guerre de Tchétchénie en 1999. A travers trois histoires parallèles, on suit donc la mésaventure de Hadji, orphelin errant recueilli par Carole, alias Bérénice Béjo, en mission pour la commission internationale des droits de l'homme , de sa grande sœur à sa recherche, et enfin d'un jeune russe enrôlé plus ou moins de force dans cette guerre.

On est donc très loin de la comédie qui caractérise le réalisateur, et c'est avec curiosité que l'on découvre ce remake de Fred Zinneman, remis au goût du jour. Les deux premières histoires sont assez classiques, aussi bien dans la réalisation que dans le scénario, et les clichés arrivent rapidement. Les bombardements, les récits larmoyants des victimes civiles, les orphelins dans le caniveau, c'est, hélas, le lot de toutes les guerres.

L'originalité du film repose néanmoins sur le choix du conflit. Au départ officiellement une « opération anti-terroriste » ce conflit armé est particulièrement marquant, d'une part par sa proximité dans le temps et d'autre part  de par l'indifférence officielle qu'il avait suscité à l'époque. Hazanavicius appuie ainsi sur l'inutilité flagrante des grandes instances européennes face au géant russe lors d'un tel conflit, un fait qui résonne avec beaucoup de modernité aujourd'hui face à des situations très semblables en Ukraine notamment. Sans faire preuve d'une grande audace donc, "The Search" a le mérite d'offrir au peuple tchéchène la reconnaissance d'une vérité que les vainqueurs font trop facilement disparaître de l'Histoire. On notera la performance d'Abdul Khalim Mamatsuiev, qui « donne la réplique »  si l'on puit dire, à Bérénice Béjo, aussi muet que Gaston Valentin dans "The Artist". L'histoire de l'enrôlement de Kolia est particulièrement réussie.

Tourné en Géorgie, "The Search" a la particularité d'être tourné grâce au soutien matérielle de l'armée tout en étant résolument antimilitariste. On enchaîne donc les scènes de lynchage, à la "Full Metal Jacket", dans une description probablement encore en deçà des réalités du quotidien au sein de l'armée russe. Les scènes de combat sont particulièrement bien tournées, alternant de longs plans séquences à la Alfonso Cuarón (le réalisateur des "Fils de l'Homme" par exemple), dans une vue subjective qui enlève ainsi, du souhait du réalisateur, tout l'aspect ludique que peut provoquer le cinéma de guerre.

En définitive, sans pouvoir trop en dévoiler, "The Search" offre une fin spectaculaire plutôt réussie, et qui nous laisse sur une très bonne impression.

Auteur :Florian Carpentier
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