23 octobre 2021
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The Sentinel : Place au mâle

Quel est le point commun entre le cycliste Floyd Landis, le sprinteur Justin Gatlin et le nouveau film de Clark Johnson, "The Sentinel" ? La testostérone, pardi. Difficile de ne pas voir l'empreinte de ce produit dans un scénario qui parle de conspirations politiques pendant près de deux heures et qui met aux prises Kiefer Sutherland et Michael Douglas, deux mâles qui en imposent. Ca flingue à tout va, ça court dans tous les sens, ça expose son flingue rutilant à tous les plans. C'est que la vie du président des Etats-Unis est menacée par un complot de grande ampleur.

L'homme le plus qualifié pour sauver la vie de "Mister President" est tout naturellement Kiefer Sutherland , celui-même qui, dans la série "24 heures chrono", a déjoué une attaque nucléaire, une autre bactériologique et des imbroglios terroristes en tout genre. Pas étonnant donc de le voir tenir le premier rôle de "The Sentinel". Chez Clark Johnson, Breckinridge s'appelle en fait Jack Bauer, tant Sutherland copie son rôle télévisé pour le transposer sur grand écran. Les fans de "24" qui s'interrogeait sur la qualité d'un long-métrage tiré de la série peuvent être rassurés.

"The Sentinel" prouve que l'espionnage est une recette qui fonctionne à plein au cinéma. Au menu de ce film, tous les classiques du genre : agents secrets chaussés de lunettes de soleil, paranoïa, personnages doubles, suspens et retournements de situation. Clark Johnson vise plus l'efficacité que l'originalité. Et au vu du moment agréable que l'on passe, le résultat est plutôt probant. "The Sentinel" ne fait pas dans la dentelle, ce qu'aurait tendance à réclamer le genre. Même le principal personnage féminin (oublions la neurasthénique Kim Basinger, visiblement à côté de ses pompes dans ce rôle de femme éplorée), une agent secret incarnée par Eva Longoria (la fiancée de notre frenchie Tony Parker, accessoirement femme au foyer désespérée), serre les dents et court, arme au poing, derrière l'affreux qui voudrait dessouder le Président.

De la testostérone à tous les étages, donc. Jusque dans le CV du réalisateur Clark Johnson : réalisateur pour les séries "The Shield" (un gros chauve corrige les petites frappes de Los Angeles) et "Sleeper Cell" (une cellule terroriste a décidé d'éparpiller façon puzzle la même ville de Los Angeles). "The Sentinel" navigue donc entre l'univers viril de ces séries et de grands films d"action tel "Le Fugitif" avec Harrison Ford. De solides références que parvient à tenir le film grâce à un scénario qui même simple reste palpitant et à un duo d'acteurs bien en place.

Malheureusement, et comme dans toute prise de produits dopants, difficile de tenir le rythme sur une longue distance. Passé une heure, on patine un peu. Et le réalisme du récit (une brève incursion du problème israélo-palestinien, des accords de Camp David et du G8 à Toronto) ne fera que servir une nouvelle louche de patriotisme. Clark Johnson a oublié un des ingrédients principaux de la réussite de "24" : l'innovation. Parfois un peu trop poli, "The Sentinel" aurait mieux fait de ne pas injecter toute sa testostérone dans les bras musclés de ses personnages. Une petite dose glissée dans le récit n'aurait pas fait de mal. Pour se sentir mâle, il faudra donc attendre le retour de Jack Bauer sur les écrans américains, prévu dans quatre mois. C'est long !

Auteur :Matthieu DeprieckTous nos contenus sur "The Sentinel" Toutes les critiques de "Matthieu Deprieck"

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