20 juillet 2019
Critiques

Bohemian Rhapsody : The show is going on !

Plat, décousu, inutile. Voilà quelques-uns des adjectifs utilisés par la plupart des critiques pour décrire "Bohemian Rhapsody", le biopic sur Freddie Mercury et son groupe Queen réalisé par Bryan Singer puis Dexter Fletcher. Tous ces qualificatifs nous renvoient donc l’image d’un film foncièrement mauvais et peu engageant, avec une réalisation banale et des scènes s’enchainant sans grande cohérence. Alors, cette histoire est-elle aussi lisse et peu inspirante qu’on nous le laisse penser ?

La réponse est puissante, évocatrice et pourtant simple : non, absolument pas. Queen n’aura jamais mieux revécu dans nos mémoires ces dernières années que grâce à ce film, et ce pour de bonnes raisons. Ce biopic, c’est avant tout la vie de Farrokh Bulsara, véritable nom de Freddie Mercury. Plus qu’un hommage à l’un des plus grands chanteurs de tous les temps, c’est aussi un récit porteur de vérité et d’honnêteté sur les extravagances, les excès et les exigences du leader de Queen. Rami Malek, connu pour avoir joué dans la série à succès Mr. Robot, ne se contente pas simplement d’imiter Freddie Mercury, il est véritablement devenu Freddie Mercury. Sa performance est en effet d’une justesse admirable. Ses gestes, sa voix, son allure, tout est là pour nous donner l’illusion d’un Freddie réanimé. Que ce soit pendant le concert du Live Aid de 85, où les pas et les mouvements de l’acteur sont quasiment millimétrés, ou lors des scènes de sa vie quotidienne dans les studios d’enregistrement ou lors de ses fêtes, Rami Malek sent le Freddie Mercury à plein nez. L’amour profond qu’il a porté pour tous ces amants, Mary Austin (Lucy Boynton) et Jim Hutton (Aaron McCusker) en particulier, ainsi que la découverte et la vie avec son homosexualité s’écrivent à l’écran et se mettent en scène d’une manière remarquable sans jamais aller trop loin dans le mélodrame.

Ce qui s’applique à Rami Malek s’applique aussi pour ces 3 autres partenaires incarnant Brian May, Roger Taylor et John Deacon, puisque tous sont d’une ressemblance physique frappante. Ces 4 acteurs s’expriment avec l’esprit du groupe, une famille qui a eu des hauts et des bas, des disputes et des caprices, mais sans que jamais personne ne soit laissé de côté. Pour preuve, le film insiste bien sur l’implication de chacun dans l’écriture de telle ou telle chanson. Ce thème reste très présent à l’intérieur même de l’histoire de Freddie Mercury, Queen devenant presque sa famille d’adoption lorsque son père ne l’accepte plus comme il est. C’est d’ailleurs cette idée qui reste le message fort du film, être qui nous sommes et ne laisser personne choisir à notre place. A travers l’interprétation grandiose de Rami Malek et des autres acteurs, entrer dans l’intimité des plus grands n’aura jamais plus prouvé que n’importe qui peut devenir ce qui l’a envie d’être. Freddie a choisi de devenir un performer et une légende de la musique, le film le montre ainsi de la plus belle des manières.

Alors oui, le film reste quelque peu décousu, avec un enchainement chronologie entre écriture et enregistrement de chanson, des extraits de concerts et des scènes de la vie privée du groupe et surtout de Freddie Mercury. En outre, les évènements, comme la formation du groupe ou la création d’un morceau, sont peut-être un peu rapides et pas assez expliqués. Ainsi, d’aucuns diront que le biopic se contente d’exposer la surface d’une manière un trop formelle et ne creuse pas assez chaque moment important dans la vie du groupe. Cependant, cela n’empêche absolument pas de profiter des deux heures comme d’un véritable show. C’est surement le but premier du film, faire revivre aux spectateurs ce que Queen a pu faire vivre à des centaines de milliers de personnes.

Ponctué par des musiques éternelles, le film reste en apothéose lors de la séquence du concert final Live Aid. Fan de Queen ou non, habitué du Rock ou pas, ce film ne pourrait être vu que pour ces précieuses 20 dernières minutes, là où le mot « majestueux » prend tout son sens. Le Live Aid, concert organisé en 1985 pour venir en aide à l’Ethiopie, reste gravé dans les mémoires comme le jour où Queen a dominé le monde de la musique. Récréée à l’identique pour le film, allant jusqu’au nombre et à la position exacte des verres posés sur le piano de Mercury, cette séquence prouve à elle seule l’étendue de la mise en scène et du mixage du son parfait.

Porté par un Rami Malek époustouflant, "Bohemian Rhapsody" nous transporte et nous donne envie de nous lever pour reprendre les plus grands titres de ce que fut l’un des plus grands groupes de tous les temps. Il fait remonter cet engouement que l’on a tous forcément eu pour la musique des années 70-80 et permet à Freddie Mercury, Bryan May, John Deacon et Roger Taylor de revenir bercer nos oreilles et nos cœurs pour un bon moment.

Auteur : Barthélémy Cabusel

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