Critiques

The Wall : Un duel raté

"The Wall" nous promettait un film à huit-clos sous haute tension entre un tireur embusqué et sa proie, un soldat US planqué derrière un muret au beau milieu du désert Irakien. Malheureusement, nous avons eu droit à un jeu traqueur-traqué aux airs de rendez-vous avec un psychologue.

Alors que le sniper Shane Matthews –John Cena) et son spotter Isaac Allen (Aaron Taylor-Johnson) campent depuis près d'une journée en plein désert, pour sécuriser un pipeline où les ouvriers se sont vraisemblablement fait massacrer, Matthews décide d'aller sur place pour voir ce qu'il en est. Evidemment, il ne faudra pas attendre longtemps avant qu'il se fasse tirer dessus par un tireur embusqué, obligeant alors Isaac à venir le secourir : sous le feu, il n'a pas d'autre choix que de laisser son frère d'arme gisant dans son sang et de se mettre à couvert derrière un muret.

Vu sous cet angle, on s'attend à avoir un duel haletant entre un Marine aux abois et un tireur d'élite qui veut venger sa patrie de l'invasion américaine. Manque de bol, le film peine à réellement décoller. Le concept était pourtant intéressant : esseulé, Isaac demande du renfort avec sa radio et s'aperçoit au final qu'il n'est pas en contact avec son commandement, mais bel et bien avec son traqueur. Mais très vite, la discussion entre les deux personnages s'enlise dans des questions-réponses bateaux et stéréotypées (« Je suis en déploiement pour honorer mes frères d'armes » - « J'ai pris les armes pour venger ma patrie »), qui n'apportent rien de significatif à l'histoire.

"The Wall" ne nous surprend pas assez, il nous est difficile de rentrer dans l'histoire et se faire du mouron pour Isaac et son camarade blessé : les dialogues sont ternes et le lieu, au rôle pourtant capital, n'est pas assez exploité. De plus, le supposé « climax » où le personnage de Taylor-Johnson révèle à son bourreau qu'il a commis une bavure durant son service en Irak sort de nulle part. Voulant sans doute attiser l'empathie pour le personnage, Doug Liman nous laisse sans émotion face à cette révélation.

On notera également un rôle quasi inexistant pour John Cena : blessé rapidement, il laisse sa place pendant 1 heure à Aaron Taylor Johnson avant de revenir quelques minutes dans la dernière demi-heure. Alors oui, le but est de se focaliser sur la relation chasseur-proie, mais il n'en est pas moins dommage d'avoir autant évincé le personnage de John Cena. Il aurait été abattu immédiatement, cela n'aurait rien changé.

"The Wall", bien que se laissant regarder, manque de réelle profondeur et rate le coche pour espérer rentrer dans le rang des films à huit-clos (très) réussis.
Auteur :Théo Palud
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