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The Wrestler : King Mickey

"The Wrestler", c'est le film qui signe deux retour pour le prix d'un. D'abord celui de son réalisateur, Darren Aronofsky, qu'on avait pas vu depuis 2006, et qui, en trois films ("Pi", "Requiem For A Dream" et "The Foutain"), nous a montré sa maitrise de l'image, mais aussi sa capacité à créer un réel impact émotionnel sur ses spectateurs.

Toutefois, c'est surtout le retour de Mickey Rourke, avec un premier rôle aussi important, qui marque le plus les esprits. Dans "The Wrestler", il frappe d'autant plus les esprits parce qu'il revient de vraiment loin (mais vraiment de très loin) tout comme son personnage Randy Robinson, alias Le Bélier, catcheur star des années 80, relégué dans les salles de quartier pour ses shows le weekend, et contraint de travailler dans un super-marché la semaine pour payer son loyer. Randy Robinson est un vrai homme du spectacle. Il ne peut s'empêcher de se mettre en scène, même lorsqu'il sert ses clients au supermarché, ainsi le seul endroit où il se sent à sa place est sur le ring qui, pour lui, est le seul endroit où sa vie ne « déconne » pas. Hélas après un combat assez violent celui ci fait une crise cardiaque qui annonce la fin de sa carrière. Randy se rend compte qu'avant d'être « Le Bélier », il est avant tout un homme, et que la vie n'est pas truquée comme sur son ring. Face à ce terrible événement, il ne sait pas quelle tournure celle ci va prendre.

A la vue de "The Wrestler" on est d'abord étonné par l'approche qu'à choisie Aronofsky qui nous a, il faut le dire, habitué à un style très riche et plein d'artifices visuels. Dans "The Wrestler" c'est un style épuré quasi-documentaire auquel nous avons affaire et c'est là la force du film. En effet, nous avons enfin à disposition un vrai film sur le catch qui constitue un réel documentaire sur ce sport peu connu en France, mais qui est à l'origine d'un véritable culte aux États-Unis. Cet aspect de documentaire (pourrait-on parler de docu-fiction? ) est accentué par la présence de réels catcheurs à l'écran pour les scènes de combats, et dans les vestiaires, mais aussi par de nombreux plans tournés caméra à l'épaule donnant une réelle impression d'être pris sur le vif. De plus, c'est vraiment à l'Amérique profonde que s'intéresse le réalisateur et on ne voit celle ci que très rarement à l'écran, et elle est filmée sans préjugés et de façon juste. L'intérêt et la force de "The Wrestler" sont là. Alors que de nombreux films sur différents sport de combats, et surtout la boxe, existent, le catch n'a jamais était mis à l'honneur et il est presque traité dans ce film comme un personnage actif de l'histoire.

C'est sur le plan émotionnel et narratif que "The Wrestler" peut décevoir. En effet, avec tout le talent qu'on reconnaît à Aronofsky, on pouvait s'attendre à une œuvre bien plus forte, surtout avec la promotion du film qui n'a cessé de faire monter la sauce sur une œuvre déchirante. La vérité est que "The Wrestler" a un scénario et un déroulement d'histoire ultra-prévisible qui ne laisse aucune surprise dans la narration, et cette histoire de catcheur has-been n'est pas si émouvante que ça. Mickey Rourke réalise, certes, une grande prestation, mais les seules larmes qui coulent sont celles de son personnage et n'atteignent absolument pas la salle. Ce manque d'originalité du scénario et d'attachement au personnage fait que, hélas, Darren Aronofsky signe son premier film qui ne sera pas un film-culte. Néanmoins, "The Wrestler" est un film réussi et à aller voir absolument parce que c'est Mickey Rourke, parce que c'est Darren Aronofsky, parce que le catch c'est fun, et parce que il y a quand même un Lion d'or, deux Golden Globes et deux nominations aux Oscars à l'arrivée.

Auteur :Florent Capoen
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