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Thor : Le Monde des Ténèbres : La critique du film

Critique de Thor : Le Monde des ténèbres

par Fred Teper

La phase 2 des films dédiés aux super-héros de Marvel démarrée avec un "Iron Man 3" qui aura déchaîné les passions opposant ceux qui s'estimaient trahis à ceux qui trouvaient le buddy movie version homme d'acier de bonne facture (à l'image de votre serviteur) se poursuit avec le second film centré sur Thor et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est la déception qui prédomine à la sortie de cette suite. Qualitativement, ce n'est pas que le film soit raté, c'est qu'il véhicule surtout un certain ennui et qu'il ne parvient pas vraiment à s'affranchir du premier volet qui n'était déjà pas un foudre de guerre. Exit donc Kenneth Brannagh et sa dimension Shakespearienne et bonjour Alan Taylor, réalisateur de séries à l'impressionnant CV sur lequel figure rien moins que "Game Of Thrones", "Les Sopranos" ou encore "Mad Men". Si la capacité du bonhomme à tenir un blockbuster ne faisait guère de doutes, on se demandait quel traitement allait être apposé au super-héros blond et si le film permet de se rincer l'œil devant d'impressionnantes séquences, il est aussi régulièrement contrebalancé par des scènes extrêmement poussives qui font fondre sa réussite comme neige au soleil.

"Thor: Le monde des ténèbres" lorsqu'il épouse la trajectoire d'un film baigné dans l'heroïc fantasy trouve alors sa véritable respiration et sa réelle identité. Les scènes les plus spectaculaires et les plus épiques prennent en compte ces éléments par des analogies assez flagrantes avec l'univers du "Seigneur des Anneaux" et force est de constater que lorsqu'il s'éloigne du pur film de super-héros Marvel, "Thor: Le monde des ténèbres" est assez plaisant. Si la tragédie familiale est toujours aussi prégnante que dans le premier volet, c'est pour le meilleur, puisque les séquences se passant sur Asgaard nous donnent à voir un film violent et relativement puissant. Malheureusement les séquences terrestres annihilent le bel équilibre que le film semblait avoir trouvé et c'est dans ces moments là que l'on se perd dans un ennui qui se fait de plus en plus fort au fil des minutes.

Il y a heureusement en filigrane tout le long du film un humour très rattaché à l'univers Marvel et digne héritier des séquences les plus fun de Avengers. Mais "Thor: Le monde des ténèbres" s'avère dès lors boiteux, la faute à l'énorme dichotomie entre ces scènes là et toute la partie heroïc fantasy, et du coup, difficile pour le public de savoir sur quel pied danser. Et pourtant tous ces gags sont plutôt réussis et nous arrachent de francs sourires ce qui est déjà bien plus que ce que le premier volet, nettement plus dramatique, nous avait offert. Si le duel fratricide avec Loki se poursuit c'est malheureusement trop longuet pour que notre attention soit retenue et pourtant comme bad guy le demi-frère de Thor est un modèle du genre, rendant d'autant plus incompréhensible le désintérêt poli qui finit par nous saisir.

Ce qui est vraiment dommage avec la franchise du demi-dieu c'est que les intentions de spectacle et de scénario souvent bonnes au départ se retrouvent étouffées par les studios qui ont la main mise totale sur leur univers. Et pourtant tout le casting, proprement génial a rempilé, ce qui était déjà une promesse qui faisait saliver d'avance. Car le film peut se targuer de réunir une affiche de haut vol pour un film Marvel: Chris Hemsworth qui reprend son rôle de l'homme au marteau fait ce qu'il sait faire sans en rajouter, le muscle saillant et la chevelure blonde impeccable qui ne manque pas bien entendu de faire se pâmer Jane Foster toujours campée par une séduisante et talentueuse Natalie Portman. Face à lui Tom Hiddelston retrouve Loki et lui insuffle sa folie et tout son talent. Anthony Hopkins dans le rôle du roi Odin est toujours aussi impressionnant, et les seconds rôles sont interprétés par des pointures comme Idris Elba, Stellan Skarsgard, Rene Russo, Ray Stevenson ou Jaimie Alexander.

Bref, une affiche des plus attirantes pour un film qui n'arrive que par intermittences à se montrer convaincant, quand les plans numériques calamiteux laissent les acteurs s'exprimer et avant que l'épique ne finisse par sombrer dans un ennui abyssal.
Auteur :Fred Teper
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