Critiques

Thor : Le Monde des Ténèbres : Un plaisir coupable

Critique de Thor : Le Monde des ténèbres

par Christopher Ramoné
A première vue, une fois éloigné de la salle obscure, ce "Thor 2" laisse un arrière-goût amer. Insultant sur la forme, intriguant sur le fond, ce second volet pompeusement intitulé "Le Monde des Ténèbres" montre effectivement une évolution palpable par rapport au premier volet, tout en restant une suite relativement logique à "Avengers". Reste que Thor est certainement le personnage le plus casse-gueule de la galerie Marvel, section Vengeurs, et qu'une indulgence doit être de mise.

Néanmoins, si scénaristiquement les failles sont moins foudroyantes malgré cet arrière-goût d'"Inception" façon super-héros à voyager dans différentes strates avec plus ou moins de logique, on ne peut omettre de toucher quelques mots sur l'esthétique crasseuse de ce "Thor". Alan Taylor, tout heureux de succéder au shakeapearien Kenneth Branagh (lequel s'était montré solide face à l'ampleur de la tâche, non sans défaut), donne l'impression de sortir désabusé de son travail. D'un côté, la lourde pression de Marvel, qui s'en ressent notamment sur le plan esthétique avec une surcharge proche de la diarrhée visuelle, et de l'autre, un intéressant travail sur la relation entre Thor et son demi-frère Loki.

Kevin Feige, se targuant de dire que l'un ne va pas sans l'autre, peut toutefois se demander si Loki n'a pas pris une envergure qui le dépasse. Après "Le Monde des Ténèbres", le sort frappant le personnage par Chris Hemsworth n'intéresse guère, alors que Loki, toujours campé par un fabuleux Tom Hiddleston, en ressort grand vainqueur, titillant le spectateur dans son désir d'enchaîner avec un troisième volet, voire mieux, un spin-off (parce qu'à dire vrai, Thor ne nous rend pas marteau), et Jane Foster (Natalie Portman) est toujours aussi éprouvante bien que son personnage féminin sorte un peu des sentiers battus. Loki continue de s'imposer comme l'un des plus fascinants super-vilains de notre temps. Taquin, manipulateur, vicieux, élégant, magnétique, etc. Tom Hiddleston voit les superlatifs se multiplier quant au portrait qu'il a dessiné et façonné dans le costume de son personnage. Il est clairement LA réussite de ce "Monde des Ténèbres", confirmant que sans lui, "Avengers" n'aura pas été si plaisant. Mais au fait, à la base, Malekith ne devait-il pas être le vilain ? C'est triste pour ce Christopher Eccleston à la classe folle, mais son personnage est translucide.

Pendant ce temps-là, Loki se renforce, Thor déçoit. 1h45 à lutter contre un scénario qui n'intéresse jamais, à voir des personnages hantés par leurs clichés (un héros aux muscles saillants Thor-se nu, l'air pensif après sa douche…) était-ce bien nécessaire ou même divertissant et les longueurs de s'enchaîner. A tel point que le héros, à contrario d'un Iron Man omniprésent, cède bien trop de place aux personnages secondaires, de Loki le sauveur, à Darcy, le sidekick de Jane Foster jouée par la pulpeuse Kat Dennings.

Reste à ce deuxième acte de la phase 2 entamée par Marvel, un humour indéniable. Parfois cynique, sinon facile, il est un fil conducteur sympathique et surtout logique à celui qui habitait "Avengers". A ne pas manquer, une scène entre un Loki déchaîné et moqueur, devant un Thor désabusé, sous le regard d'un metteur en scène qui s'amuse enfin (mais bien trop rarement) derrière sa caméra.
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