11 décembre 2019
Critiques

Toute Première Fois : Maladroit mais sympathique

Jérémie (Pio Marmaï), gay depuis… toujours, se réveille un matin après une nuit avec… une femme. Cela pourrait n'être que le dérapage sans conséquence d'une nuit trop arrosée, mais il se trouve que chaque occasion de revoir la jeune femme, une suédoise aussi jolie qu'attachante, rend la vérité plus dure à annoncer, et la rupture à décider. Problème : Jérémie et son partenaire en sont en théorie aux préparatifs de mariage, et il va falloir faire un choix, quitte à briser un cœur. Alors, est ce que ce sera Adna, qui s'avère irrésistible de candeur, de « mignonnerie », de tempérament, et juste ce qu'il faut de naïveté pour quelques scènes amusantes, ou le partenaire de toujours, à des années lumières d'imaginer la réalité, et des années de vies communes.

Rapidement, les mensonges s'enchaînent, créant des situations cocasses et confrontant les personnages les uns aux autres, pour notre plus grand bonheur : il y a Charles (Franck Gastambide), le meilleur pote hétéro un peu lourdingue, « Nounours », l'ami artiste et parfait stéréotype du peintre contemporain « en vogue » et autosuffisant, dont personne ne comprend les créations mais que personne n'ose contredire, et bien sûr Clémence, la très attendue Camille Cottin qui campe avec tout le talent comique qu'on lui connait une revêche collègue de bureau au verbe fleuri.

Certes, l'intrigue et la répartition des rôles ne sont pas exempts de quelques clichés. Certes, il y a du déjà vu dans certains personnages, un brin caricaturaux : le cercle familial un peu réac, la sœur dépressive, et même la jolie héroïne qui se montre complaisamment naïve et gaffeuse quand il s'agit de remplacer quelques minutes Jérémie au téléphone de son entreprise ; comme si être belle, scandinave, irrésistible et un peu maligne était une équation impossible.

Pour ceux qui décideraient de passer outre ces maladresses (après tout, il ne s'agit que d'un premier film), "Toute première" fois réserve de bonnes surprises, notamment grâce à des seconds rôles plein d'aplomb et rarement totalement antipathiques – avis aux fans de la « Connasse », Camille Cottin en Clémence ne vous décevra pas !

Certains avaient voulu voir dans le récent "20 ans d'écart" l'amorce d'un renouveau pour la comédie romantique à la française. Ceux-là retrouveront des traits communs : la foi en la force de l'amour dont la sincérité peut triompher des différences d'âges ou des situations les plus inattendues, et aussi le fait de tourner en dérision certains milieux parisiens un peu surfaits : la mode et la presse magazine qui lui est consacrée dans "20 ans d'écart" ; l'art contemporain au travers du personnage de Nounours dans "Toute première fois".

Auteure :Clémence Le Caruyer
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