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Tu vas rire mais je te quitte : Une sympathique caricature

Après un passage par le polar poisseux ("Tristan"), Philippe Harel ("La Femme Défendue", "Les Randonneurs") retourne à la comédie légère avec "Tu vas rire mais je te quitte", ce qui a fait son succès et sa réputation. Il revient aussi ici, au portrait de femme, pas si grossier qu'il peut en avoir l'air.

Cette femme, c'est Judith Godrèche, véritable tourbillon d'espoir, d'énergie volontaire, mais aussi monceau de tristesse contenue. En bon connaisseur du milieu du cinéma, Harel en fait une actrice de base, confrontée à des problèmes récurrents et classiques d'auditions, d'argent, de références ou de différences culturelles.  

Et cela donne tantôt de très belles scènes, où la gêne s'installe, comme avec le personnage du philosophe, tantôt de francs éclats de rires, comme avec le directeur de casting, qui demande à l'actrice de la jouer plus « mauve », ou comme dans les dialogues de sourds avec une agent qui semble ne pas se rendre compte que parfois, n'importe quel boulot ferait l'affaire.

Philippe Harel fait dans le symbole de détail (toutes les candidates au casting sont vêtues de rouge pour signifier leur caractère stéréotypé), et réussit une belle peinture d'un milieu aussi accueillant que déroutant, donnant au passage à Judith Godrèche l'un de ses meilleurs rôles depuis longtemps.

Auteur :Olivier Bachelard

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