26 septembre 2021
Critiques

Un homme en colère : Sans popcorn c’est rageant

Par François Bour

 
Après "The Gentlemen", le réalisateur britannique Guy Ritchie revient avec "Un homme en colère". Une fois encore, le cinéaste s’entoure d’un beau casting pour un film dans la lignée de ses précédents. A savoir, un long métrage de divertissement qui va vous prendre par la main sans vous surprendre ni provoquer d’émotions.

Un film de Guy Ritchie, c’est un peu le panier moyen de la ménagère chez le cinéphile amateur de film popcorn. Lorsqu’il s’agit, en plus, de réaliser un remake, le nom du réalisateur britannique est rapidement cité. Après "Le Convoyeur" de Nicolas Boukhrief, sorti en 2004, les Américains proposent (enfin) leur version avec "Un homme en colère". Il faut bien reconnaître que le synopsis est attractif.

Une juste distribution des rôles

Une nouvelle recrue chez les convoyeurs s’avère être un as de la gâchette, ce qui va surprendre ses collègues lors des braquages à répétition qu’ils subissent. Qui est ce nouveau venu ? Pourquoi est-il là ? Mystère. Ou plutôt demi-mystère. Un film d’action intitulé un homme en colère (Wrath of Man en version originale) avec Jason Statham à l’affiche, le spectateur doit bien se douter que ça ne va pas enfiler des perles pendant deux heures.

C’est le fameux panier moyen où on retrouve toujours les produits de bases. Avec Guy Ritchie, le casting est équivoque lorsque le titre du film ne l’est pas déjà. Avec Matthew McConaughey dans "The Gentlemen", vous savez que le film ne va pas enchaîner les « gunfights ». Avec Jason Statham, la promesse est inverse. D’ailleurs il faut reconnaître à Guy Ritchie son talent dans la distribution des rôles. Dans "Un homme en colère", son acteur principal est parfait dans le rôle.

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Holt McCallany et Josh Hartnett - Copyright Metropolitan FilmExport

Mais avant d’y revenir, il faut évoquer les autres acteurs pour insister sur la distribution. Holt McCallany (la série MindHunter) ou Darrell D’Silva dans les gueules de cinéma peu connues ou Scott Eastwood et Josh Hartnett dans celles plus connues. Oui oui Josh Hartnett fait toujours du cinéma. Chacun de ces acteurs offre des prestations en accord avec leurs personnages. Et puisque nous sommes dans un film de Guy Ritchie, les actrices sont peu présentes à l’écran. Une mauvaise habitude qu’il parvient toujours à minimiser. C’est l’avantage d’être à la co-écriture du scénario.

Un récit balisé à outrance

Alors oui Jason Statham fait du Statham. C’est d’ailleurs le point fort du film, surtout dans sa première demi-heure. Une gueule de gros bras, une attitude de gros bras, mais un employé lambda. Ça dépeint dans le paysage. Patrick Hill (le personnage de Statham) est d’ailleurs rapidement surnommé H. « Parce qu’il est capable d’exploser comme une bombe H ». C’est justement l’impression recherchée. Ce jeu du mec pas vraiment dans son élément cachant visiblement quelque chose, c'est ce qui est le plus intéressant. Malheureusement, mettre le spectateur dans l’expectative, l’interrogation et le mystère n’est pas la spécialité de Guy Ritchie.

"Un homme en colère" est avant tout un divertissement d’action. Alors après quarante minutes de suspense, il est temps de prendre le spectateur par la main. Si le synopsis pose le mystère sur ce convoyeur à la gueule de gangster, le scénario ne va pas entretenir le mystère bien longtemps. Le récit est d’ailleurs construit pour vous apporter toutes les réponses les unes après les autres pour se focaliser rapidement vers la confrontation finale. C’est, là encore, une mauvaise habitude chez Guy Ritchie que de baliser le chemin, prendre le spectateur par la main pour que ce dernier puisse manger ses popcorns tranquillement. Heureusement que l’action est bien au rendez-vous. Même si le dosage est assez inégal, le dynamisme des séquences est là.

"Un homme en colère" s'avère être une proposition moyenne. Il ne surprendra pas le public amateur de films d’action, les fans de Jason Statham ou les connaisseurs de la filmographie de Guy Ritchie. Sans surprises donc mais pas forcément mauvais, grâce notamment à la qualité d’interprétation du casting et de la bonne tenue des scènes de fusillade. Dommage que les popcorns ne soient toujours pas autorisés en salle puisque le film est idéal pour le moment ciné à l'américaine. De quoi mettre des spectateurs en colère ?

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