28 janvier 2021
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Un long dimanche de fiançailles : Critique

Trop plein de promotion depuis des mois pour "Un long dimanche de fiançailles", allant d'annonces élogieuses en annonces dithyrambiques qui donnaient déjà la couleur de ce qui devait être le grand événement de cette fin d'année. "Un long dimanche de fiançailles" est un obus, comme nous l'ont bombardé les médias, mais de quelque éclat le film puisse-t-il briller, il faut savoir raison garder et revenir trancher dans le vif de ces élans commerciaux vites adoptés par la presse française avide de ventes records. Certes Jeunet a su chausser les bottes de sept lieues pour mener sa bataille à bien et rendre sa copie. Certes le casting est vraiment impressionnant et digne d'une armée d'acteurs haut-gradés.

Ré-attribuons de suite le haut commandement mérité à Dominique Pinon et Marion Cotillard, fers de lance indétrônables de ce film sur la guerre 14-18. Audrey Tautou et Gaspard Ulliel semblent un tantinet pâlichons dans cet épique quête de l'amour perdu. Ce n'est pas la faute de Jean-Pierre Jeunet, loin s'en faut, mais à cette présence sublime de Pinon et Cotillard qui crèvent l'écran comme armés de baïonnettes. Leur jeu est sensible, aiguisé et leurs trop rares apparitions nous réservent les plus beaux moments du film. Il n'en demeure pas moins que le reste de la distribution nous laisse en bonne compagnie avec une ration de bravos supplémentaires pour Clovis Cornillac.

Du point de vue techniques, la légion d'honneur dans "Un long dimanche de fiançailles" revient à la batterie d'effets spéciaux et aux différents filtres appliqués à l'image qui donne au cinéma ses lettres de noblesses. Jean-Pierre Jeunet est un grand cinéaste et s'ouvre encore de belles perspectives dans le monde entier en nous présentant cette adaptation du roman de Japrisot. Peut-être a-t-il pêché par confiance en offrant cet immense rôle à son égérie Audrey Tautou. Ses beaux yeux marrons nous font moins frémir que dans "Amélie Poulain" ou "Dieu est grand et je suis toute petite" sans toutefois démériter. Il manque un peu de cette magie d'antan pour transcender l'histoire et permettre à Gaspard Ulliel de mieux tenir son rang sous ce déluge d'artillerie technique.

Le couple Tautou - Ulliel, trop rare à l'écran, gaspille ses munitions et semble englué dans une succession d'effets de style tant narratifs que cinématographiques (l'on pense aux plans trop systématiques en focales courtes et à ceux du phare). Reste que Gaspard Ulliel s'en tire avec les honneurs dans les passages où son personnage semble avoir perdu la raison. 

"Un long dimanche de fiançailles" un grand divertissement mais la prochaine bataille de Jean-Pierre Jeunet sera peut-être celle d'une trêve temporaire avec Audrey Tautou et un style trop léché pour filmer l'horreur vécues par les poilus dans les tranchées.

Auteur :Olivier Bruaux
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