7 décembre 2021
Critiques

Un peu, beaucoup, aveuglément : Critique

"Un peu, beaucoup, aveuglément". Un film distribué par Paramount Pictures France pour le grand public, pour se marrer, un programme de type télévisuel mais sur grand écran, avec une volonté de cinéma, du "beau",  c'est ce que Clovis Cornillac souhaitait en réalisant ce long métrage. Alors, pari tenu ? C'est frais, c'est léger et pétillant, ça fait du bien de voir un peu de poésie et d'amour filmés avec tendresse. C'est pile dans l'air saisonnier, des envies de rêver à un (bel) inconnu que l'on ne voit pas car il est de l'autre côté de la cloison.

Une idée originale : une jeune femme s'installe dans un joli appartement et va vite se rendre compte de son défaut : il est séparé de celui de son voisin par une cloison si mince que l'on entend tout. Par conséquent, entre les outils bruyants de l'un et le piano de l'une, comment vont-ils faire pour "s'entendre" ? Clovis Cornillac joue ce voisin si perché dans son monde d'inventeur. Il maîtrise le discours bégayant et donne une dimension drôle et touchante à son personnage. Mélanie Bernier joue cette voisine pianiste effrayée de vivre seule et Lilou Fogli sa grande sœur mariée aux mœurs libérées, elles sont éclatantes de fraîcheur et de naturel. Notons que cette dernière a également participé au scénario. Très fin en matière de vision féminine, notamment dans la scène d'un dîner très spécial, lors de la description physique d'un des personnages "à l'aveugle".

Les scènes dans "Un peu, beaucoup, aveuglément" s'enchaînent dans un rythme soutenu par des morceaux de piano aux envolées lyriques, mais aux dimensions comiques lorsque la pianiste apprend à ressentir à fond son jeu. Il faut souligner le petit message à caractère éducatif concernant les téléphones portables et leur utilisation systématique en société. Le plan final du baiser donne un joyeux tournis, c'est la petite envolée à la limite du niais rose bonbon qu'on attendait depuis le début. Ouf ! Ils ont attendu la fin. Merci !

Merci également à une belle maîtrise esthétique des lumières dans "Un peu, beaucoup, aveuglément", ça rayonne, malgré les toutes petites fenêtres hublots de l'appartement de Machine. Une jolie histoire pour s'évader et pourquoi pas pour les Grands Machins à l'âme sensible, verser un petite larme...

Auteure :Claire MontoulieuTous nos contenus sur "Un peu, beaucoup, aveuglément" Toutes les critiques de "Claire Montoulieu"

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