Critiques

Un village presque parfait : La critique

Dans la galaxie des films calibrés pour TF1 (comprenez des œuvres consensuelles et gentillettes, censées sortir le chaland du labeur de sa vie quotidienne, souvent avec Kad Merad dans le rôle principal) se trouvent parfois des films plutôt bons, de bonne facture dira-t-on. "Un village presque parfait" est de ceux-là.

Stéphane Meunier (connu notamment pour le reportage mythomano-mythique, "Les Yeux dans les Bleus") s'empare d'un problème actuel, l'abandon de certains villages reculés, désertés de ses habitants par une mondialisation galopante... A St-Loin-la-Mauderne, bled paumé des Pyrénées atlantiques, l'abandon de la saumonerie locale contraint les irréductibles habitants du village à partir, les uns après les autres, vers la « grandeuh villeuh », leur seul espoir : dénicher un médecin qui permettra au village d'être certifié par Bruxelles, et donc apte à accueillir une nouvelle industrie...

Passé le manichéisme pataud du film (valeureux villageois, chasse et tradition contre citadins, cocaïne et pollutions) le film n'arrive pas vraiment à être mauvais – dieu sait qu'il pourrait l'être – mais les acteurs sont corrects, même dans les clichés les plus absolus (voir la prestation de Bourdon, en maire du village toujours au bord des larmes). Meunier évite de tomber dans le pire de la basse comédie populo en ôtant à ce "Village presque parfait", d'emblée, tout réalisme; en faisant une sorte de conte moderne, dans un décor féerique.

La bonne humeur ambiante donne donc plaisir à se balader dans cet improbable village de carte postale, mix entre une pub Chavrou et un 13 heures de Jean-Pierre Pernaut. D'autant que le casting est plutôt fourni : Lorant Deutsch, Denis Podalydès, Lionnel Astier, pas mal de bons acteurs de théâtre en somme...

Et ce "Village presque parfait", qui apparaît si détestable sur le papier (ne serait-ce que le titre cyniquement opportuniste, reprenant celui d'une émission à succès pour ménagères...), garde tout du long une forme de bonne humeur, pour peu qu'on le regarde en mettant son cerveau en veille, sans aucun autre but que de se détendre en famille avec Tonton, Tata et les petits cousins qui ont fait des crêpes pour la Chandeleur.

Pour faire court : ça vole pas haut mais ça se consomme sans déplaisir (un peu comme les crêpes de ma Tante d'ailleurs...).
Auteur :Mickaël Vrignaud
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