Critiques

Uncharted : Contrefaçon plaquée or

Par François Bour


Après des années de quête, l’aventure Uncharted débarque (enfin) au cinéma. Plus de dix ans après l’initiation du projet, Sony propose l’adaptation des aventures de Nathan Drake en mode pirates des Philippines. Un nouvel exemple de sacrifice sur l’autel du divertissement hollywoodien.

Uncharted est un blockbuster comme on en fait trop. Un nouveau film d’aventure citant la référence Indiana Jones comme une blague au cœur d’un long métrage étant lui-même une blague. Pourtant, Uncharted n’est pas un mauvais film. La réalisation de Ruben Fleischer est juste un nouvel exemple type de la facilité dans laquelle se complaisent les majors d’Hollywood.

Quand Hollywood fait le choix de la facilité

Il fut un temps, pas si lointain, où les grands acteurs choisissaient des rôles en rapport avec leur talent et leur aura. Un grand acteur ayant joué des rôles de héros ou de vilains charismatiques va laisser son personnage mourir dans le ridicule. Pas seulement dans la prestation d’acteur, mais aussi dans le rendu visuel. C’est bien connu, mourir égorgé c’est rapide et propre, avec peu de sang. La classe des grands acteurs aujourd’hui c’est de mourir avec un costard nickel. Quand la crédibilité n’est pas le maître mot après tout, ça peut passer.

En parlant de crédibilité, Uncharted est un film tiré d’une saga vidéoludique connue et reconnue. Une saga immersive qui se vit comme un long métrage où le joueur est acteur. Il faut féliciter le travail du studio Naughty Dog pour avoir réussi à faire mieux qu’Hollywood. En effet, le Nathan Drake sur console est paradoxalement plus humain que l’incarnation de Tom Holland. Pardon, pardon, pardon, il ne s’agit pas de taper sur Tom, le nouveau golden boy américain. Promis, juré, craché. Cela dit, il joue un héros d’aventure, chasseur de trésor qui est toujours nickel. Un aventurier qui exhibe quelque peu son corps (un peu) musclé et se permet de jouer au concours du t-shirt mouillé. Il ne manquerait plus qu’il fasse de la radio entre deux chasses aux trésors pour revendiquer son rôle d'aventurier du samedi.

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Mark Wahlberg et Tom Holland - Copyright 2020 CTMG, Inc.

L’incarnation du héros et du vilain avec leurs trajectoires respectives sont, finalement, l’illustration des limites de ce Uncharted. Un pur produit d’Hollywood des années 2020. Un divertissement où l’humour et les scènes grandiloquentes sont la priorité au détriment de la crédibilité, de l’émotion et de la qualité cinématographique.

Un divertissement au niveau actuel du genre

Tout est une question de point de vue, de goût et d’expérience cinématographiques face à Uncharted. Il faut le redire, ce n’est pas un mauvais film. Alors oui, les effets spéciaux sont mauvais, mais pas si nombreux. Ruben Fleischer a tourné de nombreuses scènes dans de vrais décors. Certes il y a à l’écran d’évidentes doublures, mais Tom Holland a fait lui-même de nombreuses cascades. D’ailleurs le jeune acteur a sa candeur habituelle et Mark Wahlberg son jeu traditionnel « comédie d’action ». L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne. La réalisation, elle, n’est pas catastrophique, juste facile et déjà vue. Uncharted est un blockbuster hollywoodien qui s’appuie sur la renommée de son casting, de la licence d’origine et des moyens mis à disposition pour la mise en scène. C’est, aujourd’hui, ce qui fait la base d’un divertissement hollywoodien.

Maintenant, s’il faut parler de cinéma en évoquant Uncharted, c’est un peu plus compliqué. Là il s’agit d’expériences en salles, propres à chacun, face aux films d’aventures. Néanmoins, il peut y avoir des points d’accord. Un grand scénario sait surprendre le spectateur. Une grande réalisation n’a pas besoin de bateaux volants pour faire le spectacle. Tom Holland est peut-être un grand acteur, mais ce n’est pas le personnage de Nathan Drake qui lui permet de le démontrer. Mark Wahlberg se repose sur ses lauriers. Quant à Antonio Banderas, il faut espérer qu’il retrouve son talent et son charisme en faisant face à Harrison Ford dans Indiana Jones 5.

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