Archives Critiques

Une affaire qui roule : Pour rien

Dans "Une affaire qui roule" (distribué par Rezo Films) deux hommes se rencontrent et s'influencent réciproquement dans une quête commune : l'accomplissement de soi. Pour Jean-Jacques (Clovis Cornillac), devenir quelqu'un, c'est être son propre patron, pour valoriser ce qu'il sait faire et pouvoir laisser libre cours à ces expérimentations culinaires. Il est cuisinier, travaille dans un restaurant où le patron ne lui laisse pas d'initiative et vit chez sa petite amie, hôtesse de l'air (Axelle Lafont).

Jean-Jacques veut monter son restaurant, il est sans argent et la banque ne veut pas lui faire de prêt s'il n'a pas d'apport personnel, alors le bonhomme va chercher tous les moyens nécessaires pour trouver l'argent et devenir crédible. De son côté, Claude (Denis Podalydès), conseiller à la Chambre de Commerce se rêve écrivain mais trouve toujours des excuses pour ne pas passer à l'acte, angoissé d'avance à l'idée de ne pas à la hauteur.

Petites angoisses de personnages auxquels on peut facilement s'identifier, le scénario de "Une affaire qui roule" aurait pu amener un traitement plus prononcé, on reste dans la démonstration superficielle. Le réalisateur ne fait pas véritablement de choix dans son traitement, il nous fit sourire avec des situations cocasses et les grimaces de Podalydès. D'autres fois, il épingle certaines mœurs et comportements hypocrites caractéristiques de notre société, mais le propos n'est pas assez acerbe.

Galerie de portraits (j'espère que mes compatriotes ont une vie sexuelle un peu plus épanouie que les personnages du film, qui tanguent entre ennui, abstention et frustration) relativement juste mais pas assez pointue, "Une affaire qui roule" se laisse regarder sans trop d'agacement, mais ne nous accroche pas. Il manque une condition essentielle, une sorte d'engagement, un message : Eric Veniard sait décrire le monde dans lequel il vit, mais son film n'apporte rien de plus que ce qu'on peut constater de nous-mêmes ; il n'y a pas de changement de regard, pas de perspective.

Auteure :Carole Bernard
Tous nos contenus sur "Une affaire qui roule" Toutes les critiques de "Carole Bernard"

ça peut vous interesser

Pour une femme : Une libération rouge

Rédaction

Les aventures d’Astérix et Obélix au cinéma

Rédaction

Rencontrez l’équipe du film Effacer l’historique

Rédaction