15 septembre 2019
Critiques

Une merveilleuse histoire du temps : Comment banaliser une figure hors-du-commun

Traditionnellement, il convient d'appréhender un film à l'aune de la proposition formulée par le metteur en scène.

Dans le cas d'"Une merveilleuse histoire du temps", on s'autorisera à déroger exceptionnellement à ce principe, si l'on considère à quel point le traitement adopté pour retracer la vie de couple de Jane Wild et Stephen Hawking, scientifique renommé atteint de la maladie de Charcot, constitue une occasion manquée au regard des possibilités offertes par le sujet.

En choisissant de réduire l'histoire à ses seules aspérités mélodramatiques, allant même jusqu'à effacer progressivement les aspects doloristes de son récit pour répondre aux codes les plus ripolinés de la chronique de couple, le film se prive d'emprunter une voie pavée il y a 20 ans par George Miller et son formidable "Lorenzo" : embrasser le parcours hyperbolique de son personnage principal à travers la maladie pour questionner la place de l'homme dans l'univers.

Or, en reléguant la vie intellectuelle d'Hawking à un arrière-plan cosmétique pour se focaliser sur sa vie sentimentale, le film se prive non seulement d'une poésie qu'il tente vainement de générer à travers des élans de coquetterie formelle désincarnés, mais réussi en sus à banaliser la figure hors-du-commun du personnage.

A force de figer sa narration dans les standards d'un soap télévisé, Marsh oublie en définitif d'élever son regard vers les étoiles. Un comble pour un film sur le cosmologue le plus réputé de la planète.

Auteur :Guillaume Méral

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