22 octobre 2019
Critiques

Une merveilleuse histoire du temps : Un film qui mérite son succès et sa réputation

Un film basé sur la vie du physicien Stephen Hawking aurait de quoi faire frissonner les aficionados de ce britannique mondialement connu.

"Une merveilleuse histoire du temps" étant une adaptation des mémoires de la première femme de Hawking, Jane Wilde, on ne pouvait que se réjouir d'avoir la possibilité d'en apprendre plus sur la jeunesse d'un des cerveaux les plus brillants du 20ème siècle.

Le titre, "Une Merveilleuse Histoire du Temps", fait référence à l'ouvrage de Hawking : Une brève histoire du temps. Le titre anglais est The Theory of Everything et fait référence à cette théorie des physiciens d'unification de l'infiniment petit et de l'infiniment grand.

Le film nous raconte la jeunesse de Stephen Hawking à l'université Cambridge en 1963 alors qu'il y étudie la physique. Il y fait la rencontre de sa future femme Jane Wilde qui étudie quant à elle l'art.

Hawking semble être attirée par la beauté de Jane et cette dernière semble être fascinée par la différence que lui inspire Hawking. Le physicien étudie la cosmologie et lorsqu'elle lui demande ce que c'est il répond qu'il s'agit d'une religion pour les athées intelligents. Elle adhère à l'Église Anglicane, ils s'opposent donc dans leurs croyances malgré leur attirance l'un envers l'autre. La fameuse expression "Les contraires s'attirent" prend ici tout son sens.

Tout le film est basé sur la relation entre ces deux personnages et à plusieurs moments, le débat refera surface, chacun défendant sa vision. Alors que leur relation évolue, Hawking découvre qu'il est atteint d'une maladie motrice l'empêchant de se mouvoir à sa guise dans l'espace. Il substituera donc alors son absence de mouvements corporels par une volonté toujours plus grande de réflexions sur l'univers.

C'est finalement sur le mouvement en général que le film porte son regard. Les mouvement que Stephen ne peut plus effectuer et que Jane fait. Plus elle s'occupe de lui, moins elle a de temps pour elle-même. Elle ne fait plus de mouvement pour elle.

De façon plus générale "Une Merveilleuse Histoire du Temps" sublime visuellement des éléments prouvant la théorie de Hawking concernant les trous noirs : les escaliers en colimaçon, le lait qui se mélange au café et qui forme une spirale qui n'est pas sans rappeler la séquence de Pi et l'explication qui en est faite du nombre d'or et des spirales.

Hawking est également influencé par la théorie de l'univers en expansion, qui agit donc de manière cyclique selon Einstein et la caméra fait de nombreux inserts là-dessus comme les roues de la chaise de Hawking ou celles de son vélo au début du film. Ce que l'on peut comprendre comme étant un tourbillon amoureux représenté par le travelling de la caméra lorsque Jane et Stephen sont au bord de l'eau peut également être assujetti à l'univers en mouvement.

 "Une Merveilleuse Histoire du Temps" est porté par la performance de ses acteurs principaux qui représentent remarquablement le caractère de chacun. Eddie Redmayne campe un Hawking totalement bluffant, il est investi dans son personnage comme rarement dans l'histoire du cinéma.

Quant à Felicity Jones, elle se paie le luxe de dépasser la performance de Redmayne, elle crève littéralement l'écran. Elle joue toute en retenue son rôle, très anglais, très digne mais capable de faire ressentir des choses absolument magnifiques et terrifiantes en un seul regard.

La photographie est assurée par Benoît Delhomme qui s'est illustré notamment dans "Des Hommes Sans Loi" et son travail mérite qu'on s'y arrête un instant. Le film est beau car l'image est très belle sans être trop léchée. L'image est fluide, on se laisse guider par la caméra.

Le travail sur la lumière est également très intéressant. Je pense notamment à la séquence du bal ou à celle dans laquelle Hawking est introduit dans la salle où de nombreux physiciens ont fait des découvertes. La lumière naturelle venant de l'extérieur sublime l'image.

 "Une Merveilleuse Histoire du Temps" mérite son succès et sa réputation. Il est très bien écrit, mis en scène et interprété avec brio. Néanmoins, les seuls bémols que l'on pourrait apporter seraient la trop grande concentration sur la femme de Hawking et pas assez sur l'homme et ses théories, ainsi qu'un rythme qui devient assez bancal vers le troisième acte.

Auteur :Hadrien Bertrand

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