Critiques

Une part d’ombre : la critique du film

Critique du film Une part d’ombre

par Eliran Cohen


Premier film du réalisateur Samuel Tilman, "Une part d’ombre" se révèle être un thriller stimulant, jouant sur les codes du genre pour proposer une réflexion sur la suspicion et l’amitié qui interroge le spectateur. La découverte de la semaine.

Il y a des thrillers dont la noirceur fascine et il y a ceux dont le ressort psychologique nous fait poser des questions sur nous mêmes. "Une part d’ombre" fait partie de cette deuxième catégorie.

En partant d’un postulat simple le cinéaste Samuel Tilman va de fil en aiguille tisser une histoire qui va, après la séance longtemps interrogé le spectateur : si un de nos proches étais suspecté d’un meurtre, comment réagirons- nous ?

Le film raconte l’histoire de David qui vit une vie paisible entouré de sa femme et de ses enfants ainsi que d’une troupe d’ami soudé.

Au retour de ses vacances, David est interrogé par la police dans le cadre d’un meurtre. Alors que la police commence à le suspecter de meurtre, le doute commence à s’installer dans son entourage et va rapidement tout fissurer.

La grande force de ce thriller belge est qu’il s’agit là d’un pur film de personnages. De part sa mise en scène, ou la caméra capte au plus près les points de vue des personnages et de par l’intelligence de son écriture

Samuel Tilman évite tout manichéisme et nous captive à chaque instant. Que les personnages prennent la défense de David ou bien que les personnages commencent à avoir des doutes sur lui, chaque point de vue reste cohérent. Et c’est là que réside tout le génie de ce film car c’est maintenant au spectateur de trancher.


Un thriller interactif
En effet, bien loin des écueils du genre policier, "Une part d’ombre" préfère s’en détourner pour proposer une autre expérience. Par exemple, les interrogatoires de la police filmé habituellement en contre-champ, sont filmé en plan fixe afin de rester au plus proche de la psychologie des personnages.

De même grâce à l’intelligence de son montage, Samuel Tilman ne nous montrera la reconstitution du crime qu’à la toute fin du film ce qui permet de laisser une ambiguïté sur le personnage de David renforcé par le jeu de l’acteur Fabrizio Rongione qui distille par son expressivité et une certaine ambiguïté mais aussi une certaine empathie.

De part tous ses motifs "Une part d’ombre" est donc plus du côté de la psychologie et surtout de l’interaction avec le spectateur. En effet, plus le film avance plus on se pose des questions à travers notre vie personnelle.

Doit-on défendre coûte que coûte la présomption d’innocence de notre ou bien abdiquer face aux faits qu’il semble vraisemblable contre lui ? C’est tout le jeu de Une part d’ombre qui laissera l’ambiguïté de sa réflexion jusqu’au plan final. Pour un premier film c’est diablement prometteur.


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