25 octobre 2020
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Very Bad Cops : La critique

Adam McKay - Will Ferrell : ce duo d'inséparables peinant parfois à fonctionner l'un sans l'autre se retrouve pour un quatrième long-métrage allant lorgner du côté du buddy movie sans s'abandonner pour autant à une mécanique comique paresseuse.

Le scénario de "Very Bad Cops" dynamite d'entrée les clichés du genre en mettant en avant un tandem de superflics interprétés par Samuel L. Jackson et Dwayne "The Rock" Johnson, bourrins, hâbleurs et un peu trop conscient de leur statut de stars absolues. Mais quand ces héros d'un nouveau genre finissent par passer l'arme à gauche au terme d'une poignée de scènes à faire rougir Peter Berg, deux gratte-papier décident de prendre leur chance et d'apparaître enfin sur le devant de la scène. Les "other guys" du titre, ce sont eux : ils sont nuls, crédules, incapables de garder leur arme dans son fourreau... ce qui constitue évidemment une aubaine lorsqu'il s'agit de faire dans l'humour con, absurde, chouettement répétitif. La marque de fabrique Ferrell - McKay, en somme.

Depuis "Anchorman", leur première collaboration, les deux hommes ont néanmoins évolué, pratiquant un comique toujours crétin mais de plus en plus en prise avec la réalité. Il est cette fois question de crise financière et de malversations économiques, le tout étant traité avec une certaine envie de crédibilité. Il n'y a qu'à voir le générique de fin, condensé réellement pédagogique de chiffres et informations sur les grands scandales financiers de ces dernières années, pour réaliser qu'Adam McKay n'a pas l'intention de rester dans l'histoire uniquement comme un réalisateur de pures crétineries. Ce qui ne fait pas de "Very Bad Cops" un film sérieux : les gags stupides s'y succèdent avec inventivité et soif de non-sens. Une fois encore, le film brille tout particulièrement sur deux points : sa façon hilarante de manier le running gag comme si de rien n'était, et son affection pour les chansons nazes et la culture populaire de supermarché.

Le plus drôle, c'est lorsque ces deux facettes se rejoignent, comme lorsque les morceaux du groupe TLC sont citées à intervalles réguliers. Si Ferrell, monstre de drôlerie s'épanouissant particulièrement lorsqu'il évolue en duo, n'est toujours pas reconnu en France et ailleurs, il s'emploie en tout cas à acquérir une popularité lui faisant défaut dans tout un tas de pays, notamment en donnant la réplique à des interprètes de plus en plus célèbres, acceptant de lui servir la soupe pour le plaisir d'appartenir à son univers.

Outre Johnson et Jackson, il a cette fois trouvé d'excellents interlocuteurs en la personne d'Eva Mendes, Steve Coogan et surtout Mark Wahlberg, qui s'auto-parodie délicieusement. De ses débuts boysbandesques à son accomplissement chez James Gray, l'acteur tourne en dérision quelques étapes-clés de sa carrière en incarnant un flic trop flingueur pour être promu, ayant appris un certain nombre de danses pour des raisons toujours biaisées.

Porté par une envie commune de faire rire — personne, même Ferrell, ne tire la couverture à lui —, le casting étoffé est à l'origine de la réussite d'un film marrant, voire très marrant par endroits, mais qui n'atteint pas en revanche les incessants sommets comiques d'"Anchorman", flamboyante surprise qui semble devoir longtemps rester le chef d'œuvre du tandem.

Auteur :Thomas Messias
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