27 février 2020
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Vidocq : La critique du film

Paris, 1830. Vidocq, ex-bagnard reconverti en chef de la sûreté, est assassiné au terme d'une confrontation, avec un mystérieux individu portant un masque de verre. Etienne Boisset, un jeune journaliste part sur les traces du meurtrier accumulant les indices et les témoignages. Son enquête le mènera dans les bas-fonds de la capitale…

Né à Arras, Eugène François Vidocq (1775-1857) a réellement vécu au XIXème siècle. Il a inspiré à Victor Hugo, le personnage de Jean Valjean pour Les misérables et à Honoré de Balzac, celui du père Vautrin pour Le père Goriot.

Le romancier Arthur Bernède (également auteur de Belphégor) en a fait le héros d'une série de romans-feuilletons qui ont donné naissance à plusieurs adaptations : un long métrage de Jacques Daroy en 1938 et trois séries (Jean Kemm en 1922, Marcel Bluwal et Claude Loursais en 1967 puis en 1971). Les visages les plus familiers de Vidocq étant ceux de Bernard Noël et Claude Brasseur.

Spécialiste des effets spéciaux, Pitof est le complice de Marc Caro (qui s'est occupé de la création graphique des personnages) et de Jean-Pierre Jeunet (dont il a assuré la réalisation de la seconde équipe sur Alien, la résurrection en 1997).

Le cinéaste (dont c'est la première réalisation) s'est associé à Jean-Christophe Grangé (Les rivières pourpres) pour l'écriture du script qui ne raconte pas la vie tumultueuse de Vidocq mais se présente comme un nouvel épisode sur grand écran.

Le film entièrement tourné en numérique, baigne dans une atmosphère baroque, à l'esthétisme appuyé notamment dans le contraste pictural. Dans la catégorie gros budget et effets spéciaux, Vidocq s'inscrit dans la lignée de films comme Le pacte des loups et Belphégor.

Le récit commence par la mort du héros puis s'oriente vers une enquête parsemée de retours en arrière. Dans les passages situés dans les bas-fonds, les références font inévitablement penser à l'univers d'Eugène Sue dans Les mystères de Paris.

De fil en aiguille, on en arrive au méchant de service, l'odieux Alchimiste (dont l'accoutrement évoque quelque peu celui du célèbre fantôme de Louvre). L'ultime révélation tombe au même titre que le masque, sabotant brusquement tout l'intérêt de l'intrigue par un sordide retournement de situation.

Quant aux acteurs, Gérard Depardieu devenu incontournable pour incarner des figures emblématiques (Christophe Colomb, Cyrano de Bergerac, Colonel Chabert, Jean Valjean ou plus récemment, le comte de Monte Cristo) reste en retrait afin que les seconds rôles ne soient pas écraser par son imposante stature. Malheureusement, ceux-ci, hormis l'excellent André Dussollier, ambigu à souhait sous les traits du préfet, ne semblent pas absorber par le feu de l'action.

Les effets spéciaux sont quant à eux, très soignés et ne nourrissent pas l'histoire comme on pourrait le supposer. Malheureusement, on a droit à quelques scènes d'arts martiaux (cf l'affrontement entre Vidocq et l'Alchimiste) qui nuisent à la crédibilité du contexte historique.

Au final, le verdict est partagé entre la tolérance pour un nouveau metteur en scène cherchant à innover en se démarquant des actuelles productions françaises dites commerciales et un scénario recelant quelques éléments intéressants, dont l'irruption du surnaturel vient entacher le script.


Publiée avec l'aimable autorisation de la rédaction des Héros de l'Ecran

Auteur :Fabien Rousseau
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