Critiques

Villa Caprice : Arestrup magistral

Par Kévin Corbel


"Villa Caprice" est le sixième film de Bernard Stora en presque quarante ans de carrière. Ce thriller repose sur la relation  entre un homme d’affaire et son avocat, entre amitié et rivalité au cœur d’une affaire judiciaire qui nous rappellera les déboires de certaines de nos personnalités politiques.

Le récit décrit la tourmente judiciaire dans laquelle est pris Gilles Fontaine (Patrick Bruel), un puissant homme d’affaire suspecté d’avoir acquis malhonnêtement une propriété de luxe sur la Côte d’Azur, la Villa Caprice. Il décide alors de se tourner vers Luc Germon (Niels Arestrup), l’un des meilleurs avocats de France, pour sortir de cette histoire blanchit de tous soupçons.

 

Les rouages de la justice française
Très vite "Villa Caprice" nous plonge avec brio dans le monde de la justice, où la stratégie, l’éloquence et l’habileté judiciaire semblent plus importante que la vérité, très vite reléguée au rang de détail sans importance. On retiendra particulièrement la scène au bord de la piscine de la somptueuse Villa Caprice où les deux hommes répètent ce qu’il faudra répondre au procureur sans s’incriminer.

Les tribunaux sont alors présentés comme des lieux où tractations sous le manteau, négociations entre avocats et usages malhonnêtes de la presse sont monnaie courante. Il est toutefois intéressant de voir que ces questions de droiture et de dignité juridiques interpellent de plus en plus Luc Germon au fur et à mesure que le récit avance.

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Niels Arestrup et Patrick Bruel - Copyright JPG FILMS
Un duo à la prestance hétérogène

Alors que "Villa Caprice" nous vend une histoire basée sur la relation entre un homme d’affaire et son avocat, il semble que ce lien passe vite au second plan pour que le récit se concentre sur le personnage incarné par Niels Arestrup. Luc Germon est un avocat brillant mais seul, vivant avec un père gâteux en manque d’attention, incarné par le très grand Michel Bouquet. Si « maître Germon » a une vie professionnelle exemplaire, il n’en est pas de même pour sa vie privée, comme on le découvre au fur et à mesure du film. On en vient à s’attacher à ce personnage qui crève l’écran de par la performance magistrale d’Arestrup,  au détriment du personnage incarné par Patrick Bruel.

On peut ainsi avoir le sentiment que le chanteur n’était pas le meilleur choix pour incarner Gilles Fontaine, cet homme d’affaire calculateur, possessif et charmeur, qui malgré une bonne performance souffre du manque de temps à l’écran par rapport à Niels Arestrup, la véritable vedette du film. On peut donc reprocher aux équipes marketing de nous vendre un thriller basé sur un duo alors même que "Villa Caprice" parle davantage de l’histoire de l’avocat, l’affaire judiciaire n’étant plus du tout au centre de l’intrigue à la fin du film. Malgré tout, "Villa Caprice" reste une belle échappatoire d’une heure quarante avec de très bon acteurs, de beaux décors et une tension qui ne se relâche qu’une fois les lumières des salles obscures rallumées. 

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