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Wasabi : A fuir !

On peut se demander s'il est bien utile de faire la critique de "Wasabi". On pourrait parfaitement le passer sous silence sans que cela nuise au succès déjà assuré de ce nouveau produit sorti de l'imagination « débordante » du businessman qu'est Luc Besson. Ecrit, produit et quasiment réalisé par ce « demi-dieu » du cinéma français (la réalisation de Krawczyk est tellement Bessonnienne qu'on peut se le demander...), "Wasabi" est un teenage-movie complètement manufacturé dans la droite lignée des deux Taxis où Besson nous plonge de nouveau dans son univers décidément bien pauvre et vide (je pense d'ailleurs que l'on pourra désormais attribuer à certains films cette affirmation grâce à ce nouvel adjectif: un vide Bessonnien...).

Hubert, un flic-cogneur au coeur tendre (Jean Reno) se voit infliger par son supérieur des vacances forcées après avoir frappé le fils du préfet. Apprenant le décès de son grand amour, Miko, il va au Japon et découvre que cette dernière lui a légué une forte somme d'argent ainsi qu'une jeune fille presque majeure Sonia (Ryoko Hirosue) qui n'est autre que sa propre fille. Cette jeune femme délurée (une Lolita punk comme l'était Nikita, Leeloo du Cinquième élément et même cette pauvre Jeanne d'Arc...) étant poursuivie par une bande de yakuzas tout habillé de noir (ce qui permet de les réparer facilement...), Hubert aidé de son ami Momo (Michel Muller) va bien sûr faire le nettoyage en bon sous-Léon qu'il est.

Mine de rien, Luc Besson avec sa société de production, Europa, est en train de remettre au goût du jour un certain cinéma français franchouillard qui existait dans les années 70-80, époque à laquelle il était assistant sur des films de Claude Zidi. Il est évident qu'il a bien retenu la leçon: le scénario est inexistant et pèse des tonnes, les dialogues sont affligeants, les situations les plus convenues les unes des autres, la violence est bête et gratuite...

Le film est destiné à un public bien particulier qui n'est pas du plus raffiné comme l'ont prouvé les deux personnes qui se tenaient à côté de moi dans une des salles UGC. Mais preuve en est que ce genre de chose que l'on appelle un film peut plaire et trouver, si j'ose dire, un public. On peut aussi éprouver une certaine tristesse lorsque nous reviennent des images du "Dernier Combat", le premier et meilleur film de Besson.

Se demander ce que Carole Bouquet vient faire dans ce genre d'entreprise, un peu comme André Dussollier dans "Vidocq". Ces deux-là auraient-ils des problèmes d'argent ? Se dire que Gérard Krawczyk avait tellement bien démarré sa carrière en 1986 avec "Je hais les acteurs" puis "L'été en pente douce" et que le jour où sa route a croisé celle du wonder boy, il a vendu son âme (pour une forte somme d'argent, ça on peut en être sûr) au diable...

Alors que Luc Besson, le petit roublard sur cinéma français, se réclame de Kubrick, il est devenu ni plus ni moins le Max Pécas du film d'action. Si comme le sous-titre l'indique, ce "Wasabi" est la moutarde qui monte au nez, le film, lui, ne risque pas de vous monter au cerveau. Bon courage donc à tous ceux qui veulent se risquer dans une salle obscure pour assister à ce spectacle impressionnant de connerie et de mauvais goût. Pour les autres, passer votre chemin en toute quiétude, je vous prie de croire que vous ne perdrez rien...

Auteur :Christophe Roussel
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