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Wolfman : Critique n° 1

"The Wolf Man" en 1941,  Hurlements en 1980 (Joe Dante), "Le Loup-garou de Londres" en 1981 (John Landis), "Wolf" en 1994 (Mike Nichols), … le cinéma n'a jamais cessé de fasciner à travers la lycanthropie : cette étrange maladie qui fait d'un homme mordu une drôle de bête à poils une fois la pleine lune vissée très haut dans le ciel. Ces quatre-là font référence dans leur genre : le gore pour Joe Dante, la comédie shakespearienne romantique pour Mike Nichols, le grand spectacle pour John Landis, la force du costume et du maquillage pour George Waggner. Alors que reste-t-il comme miettes pour "Wolfman" ?

"Wolfman" a les qualités de ses défauts : il est propre dans son registre, mais s'essouffle à n'offrir que du réchauffé. Les transformations sont lisses mais conventionnelles : rien d'audacieux, rien d'horrifique, rien d'époustouflant. Le souffle épique et romantique n'a jamais prise sur le sens du spectacle proposé, ce souffle est faible : il n'y a aucune exaltation des sentiments du spectateur.

Notre bon vieux Lawrence Talbot peut voir en Benicio del Toro une belle garantie pour véhiculer la mémoire de ce personnage/rôle désormais au panthéon du film d'épouvante. Oui sauf que Del Toro est chargé de pas grand-chose en matière d'interprétation et de comédie. Beaucoup de dialogues, beaucoup d'effets spéciaux couchés sur son faciès, quelques costumes de fourrure à porter et puis plus rien… Pas un grand rôle. A oublier dans sa filmographie. Anthony Hopkins a accepté d'être le père, pourquoi pas, l'effet de surprise est permis, mais ce grand acteur n'interprète pas grand-chose.

Vous placez les acteurs suivants autour de ces deux rôles-titres, la trop tendre Emily Blunt et le juste-moyen Hugo Weaving, et vous obtenez un film moyen qui ne mérite pas un déplacement en salles du fait d'un gros problème : il s'agit de déjà-archi vu, et malheureusement la lenteur scénaristique et la monotonie artistique empoisonnent les attentes du spectateur à mesure que le film avance.
Auteur :Frédéric Coulon
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