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Wonder Boys : Subtil

Depuis le succès son premier succès littéraire, qui l'a fait connaître et lui a assuré une certaine reconnaissance de la part de ses pairs, Grady Tripp n'arrive pas à finir son deuxième livre. Ce jour-là, sa femme le quitte et il doit aller chercher son éditeur, et ami, venu assister à un congrès organisé par son université. Au cours de la soirée organisée par la présidente de l'université (qui est aussi son amante), il retrouve un de ses étudiants, le prometteur et énigmatique James Leer. Il doit, en outre, faire face à l'antipathie de Poe, le chien aveugle de ses hôtes. Commence alors pour l'homme vieillissant, un voyage qui l'emmènera entre autres, à la rencontre de lui-même.

Dans "Wonder Boys", après les soirées mondaines du Los Angeles corrompu des années cinquante, Curtis Hanson s'intéresse à l'univers plus intimiste et plus contrasté de cet écrivain mais aussi professeur de Pittsburgh. Sans tomber dans le drame personnel, le réalisateur parvient à signer avec "Wonder Boys" un film à la fois enlevé et intelligent. L'histoire de ce wonder-boy, au bord de la crise et à la recherche d'un second souffle (incarné avec beaucoup de justesse par un Michael Douglas paradoxalement en grande forme), donne lieu à un film réussi, ponctué de respirations humoristiques qui font tout son charme.

Derrière le portrait contrasté qu'il dresse de ce microcosme littéraire et universitaire, le cinéaste évoque également une Amérique contemporaine encore régie par son obsession de la réussite. Comédie douce-amère et chronique intelligente, "Wonder Boys" raconte finalement avec beaucoup de talent la marche vers la lumière de la vie d'un homme qui se cherche. Jamais démonstratif, Curtis Hanson signe là un film subtil et perspicace qui confirme son talent.

Auteur :Guillaume BranquartTous nos contenus sur "Wonder Boys" Toutes les critiques de "Guillaume Branquart"

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