Critiques

Wonder Woman 1984 : Une année à oublier

Par François Bour


Trois ans après le premier opus, Wonder Woman est de retour dans la peau de Gal Gadot et devant la caméra de Patty Jenkins. Après avoir dépassé l'obstacle Covid-19, il est (enfin) temps de prendre la direction des années 80. Un second volet qui semble répondre à une mode, mais qui est loin d’être aussi fun que l’époque dans laquelle il s’inscrit.

"Wonder Woman 1984" est un film qui aura connu un parcours difficile. Il faut, en effet, signaler que la Warner a repoussé le long métrage a plusieurs reprises. C’est finalement pour Noël 2020 que les spectateurs ont pu retrouver Gal Gadot. Au cinéma et sur HBO Max. C’est la nouvelle tendance, celle des plateformes de streaming. "Wonder Woman 1984" est il à voir au cinéma ? La bande-annonce va dans ce sens mais le film, lui, n’en a pas vraiment les qualités. Pourtant le démarrage est bon, très bon même. La jeune Diana, âgée à peine d’une dizaine d’années, participe à une épreuve des amazones. Celle qui va permettre d’élire la meilleure d’entre elles. Dynamisme des séquences, bon suivi de l’action et musique bien présente, c’est un démarrage réussi. Après cette séquence quelque peu « olympique », le spectateur plonge dans l’année 1984 pour le début de l’aventure.
Un record de durée qui ne rend pas service
Avec 2h30, l’aventure promettait d’être longue. Elle est, en vérité, très longue. Le déséquilibre du récit est énorme. Wonder Woman en est, elle même, l’illustration. Elle apparait dans les premières scènes situées en 1984 pour ne réapparaître que 90 minutes plus tard. Une héroïne pas très présente à l’écran et un récit qui met beaucoup de temps à installer ses enjeux. D’abord parce que les différents antagonistes du scénario arrivent progressivement. Le personnage de Kristen Wiig, Barbara Minerva, va devenir Cheetah. De même que Pedro Pascal alias Maxwell Lord va d’abord être un « looser »avant de mettre le monde en péril. Les scènes se suivent, les personnages évoluent et Diana mène l’enquête. Une investigation bien trop longue qui manque cruellement d’action.

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Gal Gadot - Copyright WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.
"Wonder Woman 1984" n’est pas un film d’action. 90 minutes, c’est le laps de temps entre les deux premières scènes d’actions. Trop peu pour un long métrage de super héros. Même si la dernière partie du film comble un peu le déficit avec des scènes aériennes bien réalisées, la présence de Wonder Woman manque. Aussi belle soit elle, Gal Gadot est d’abord Wonder Woman avant d’être Diana Prince or le scénario semble tourner autour de la profession de Diana Prince et de son amoureux perdu. Perdu mais retrouvé d’ailleurs. Chris Pine est bien de retour mais son personnage est un accessoire d’un scénario qui caricature la plupart de ses personnages. Chris Pine en amoureux de l’héroïne, Kristen Wiig en innocente mal traitée qui veut sa revanche et Pedro Pascal en homme qui en veut toujours plus. Tout cela prend, bien sur, un certain temps.


Une héroïne qui se cherche et perd le spectateur
Un déséquilibre dans la narration du récit, peu d’actions, des personnages aux traits de caractères peu développés, les défauts de ce "Wonder Woman 1984" sont finalement axés autour d’un élément : son scénario. Mal écrit et finalement peu intéressant comme en témoigne son élément central. Une pierre qui exauce le souhait de celui qui la tient. Wonder Woman n’est pas (encore) un personnage de l’univers Disney. Nous sommes bien chez DC Comics. La simplicité de l’intrigue principale est, tout de même, étonnante et assurément décevante. Le génie de la lampe d’Aladin évoquait déjà à sa manière l’avidité de l’Homme désireux d’améliorer, égoïstement, sa propre condition. Et voilà qu’en 2020, Patty Jenkins propose ce thème vieux comme le monde dans un Wonder Woman. N’y avait pas mieux à proposer avec un personnage comme celui ci ?

"Wonder Woman 1984" s’est fait attendre et le souhait de voir un bon film ne s’est finalement pas réalisé. Deux moments de bravoure, un au début un autre à la fin, c’est trop peu dans un film de super héros. Encore plus quand celui ci fait 2h30. Puisqu’un troisième opus est déjà prévu, ce "Wonder Woman 1984" n’échappe pas à la tradition des trilogies, avec un second opus très souvent décevant pour mieux surprendre lors de l’épisode final ?



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