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World War Z : Zombies et grosse production ne sont pas incompatibles

Tout d'abord, ne nous trompons pas, "World War Z" ne partage avec son homologue littéraire que son titre et ses monstres mangeurs de chair humaine, et n'est donc en aucun cas une réelle adaptation du roman de Max Brooks. En revanche, si le sujet deviens de plus en plus redondant ces derniers temps, "WWZ" a le mérite de dépoussiérer nos chers amis les zombies pour leur donner quelque chose qui leur avait salement manqué jusque-là : du budget. Entre les séries B horrifiques, on a bien eu des films un peu plus travaillés à l'image du magnifique "28 jours plus tard", mais à tous manquait toujours à un moment ou à un autre ce petit plus apporté par un compte épargne bien rempli. Un ajout qui aurait pu devenir la plus grande faiblesse du film d'ailleurs.

En grand fan de films de zombies, je rechignait entre l'envie insatiable d'apprécier enfin un film de zombies sans monstres en carton-pâte ou les habituelles techniques pour maitriser au maximum le budget, et la peur que "WWZ", sous prétexte du gros budget, en fasse des caisses en guise de poudre aux yeux pour faire oublier le reste, où qu'il n'en devienne plus crédible (surtout après avoir vu dans la bande annonce une véritable marée humaine s'écraser dans un mur avant de continuer sa course dans une ruelle). Point de peur mes amis, l'exercice est réussi avec brio et le film arrive sans peine à concilier le style jusqu'ici assez underground du film de zombie avec l'effet blockbuster du budget hollywoodien.

Le pitch est assez simple et pourtant toujours aussi efficace : après une violent épidémie mondiale qui transforme en 12 seconde son voisin en monstre mangeur de chair humaine, Gerry (Brad Pitt et retraité d'un obscur boulot de militaire pour le gouvernement américain) tente de protéger sa famille et de trouver une solution à ce nouveau fléau. Et c'est là que l'effet gros budget frappe puisque là où en général on se contente d'un lieu confiné (moins de décors, moins de budget), ici on voyage de la Corée du Sud à Jerusalem en passant par l'Angleterre, le coté mondial de l'épidémie prenant enfin tout son sens. Clins d'œil  voulus ou non, Notre cher Brad Pitt combat les infectés un peu partout dans des lieux emblématiques du genre : avion, hôpital, cage d'escalier… De quoi ravir les habitués de la maison. Ce changement incessant de lieux et de styles, entre guérillas de rues contre une horde incessante ou infiltration dans un bâtiment infesté, tend à offrir un rythme haletant et constant dès les premiers instants de l'épidémie, qui arrive très tôt. Un rythme qui permet de faire passer en un clin d'œil les deux heures  de film sans avoir l'impression de revoir la même scène dans des décors différends.

Malgré le gros budget, la seule vraie tête du film reste Brad Pitt, qui, bien qu'il ait le rôle principal (Mireille Enos qui joue sa femme n'a qu'une importance très secondaire), sait s'effacer pour laisser la vedette à la multitude de personnages secondaires qu'il croise, donnant une dimension de drame humain au film au lieu de rester dans la sphère du film catastrophe à grande échelle.  On note des apparitions aussi fugaces qu'inattendues, de David Morse à Matthew Fox, en passant par Ruth Negga (entre-aperçue dans Misfits)… Brad Pitt reste donc seul en vedette mais est comme d'habitude à la hauteur, en faisant jamais trop ou trop peu, très crédible en type normal plongé au cœur du chaos.

Cela dit, on ne peut pas pour autant en conclure que le film est dépourvu de défauts. Outre une misogynie latente qui tend à attribuer la plus grande partie des catastrophes du film aux personnages féminins, l'épisode à Jerusalem fait au début très peur. En effet, entre propagande d'un côté ou de l'autre (la ligne est assez floue au début), on se demande encore si on a vu un message très élaboré, mais trop camouflé, ou une propagande très simple, sans aucun complexe. La conclusion, elle aussi, bien qu'elle soit bien plus recherchée qu'en général dans ce genre de film, demeure assez facile et obéit, comme le reste du film, aux conventions des blockbusters américains (le gros budget du film devient finalement un légère faiblesse, qui l'eut cru?). Toutefois, ces défauts sont assez bien rattrapés par l'ensemble et "World War Z" reste la preuve que zombies et grosse production ne sont pas incompatibles.
Auteur :Axel Dauvergne
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