Critiques

X-Men : Apocalypse : Un blockbuster à échelle humaine

Soyez honnête : la critique de "X-Men : Apocalypse" qui va suivre manque sûrement d'impartialité. Et pour cause, vous êtes totalement amoureuse de James McAvoy, aka Charles Xavier dans la saga des "X-Men".

Même la présence à l'affiche de "X-Men : Apocalypse" du sublime Michael Fassbender, votre idéal masculin (grand, beau, musclée, ultra viril, des yeux clairs et une barbe naissance), n'y changera : votre petit cœur de midinette se ramollit dès qu'apparaît sur l'écran James McAvoy et son petit mètre soixante dix.

Dès qu'il ouvre sa bouche et que son accent british à tomber se met à raisonner (voir "X-Men" en VF est donc un sacrilège).

Vous précisez tout cela parce que vous, vous avez beaucoup aimé cet énième volet des "X-Men", comme, ceci dit, vous aviez également aimé les deux précédents "X-Men" rebootés à la sauce "Retour Vers le Futur" alors que vous êtes moins fan de la première version avec Patrick Stewart dans le même rôle (vous oubliez les "Wolverine", il ne vaut mieux pas en parler).

Ils ne sont pas mauvais certes (sauf "X-Men 3", une catastrophe. D'ailleurs il y a même une petite boutade sur cet opus dans "X-Men : Apocalypse" quand les élèves de l'académie discutent de "Star Wars". Vous n'en direz pas plus), mais ils n'ont jamais réussi à créer cette empathie immédiate que vous ressentez à la vue des X-Men version jeune.

C'est pourquoi vous préférez être claire dès le départ et admettre que votre point de vue sur "X-Men" est peut être faussé par cet amour sans faille que vous portez à l'un de ses héros.

Et pourtant, vous osez croire que l'excellent ressenti que vous avez pour les X-Men n'est pas dû qu'à la seule présence d'un acteur mais surtout à un véritable travail psychologique effectué sur les différents personnages.

Car il est évident que l'empathie que vous évoquiez précédemment à l'égard de tous les X-Men est liée au fait que ces derniers (quel que soit le camp dans lequel ils se trouvent, l'univers des X-Men n'est pas manichéen, et c'est sa richesse justement.

Jamais le spectateur ne se se dit "celui-là c'est le méchant, celui-là c'est le gentil", tout est beaucoup plus complexe) sont, dans leurs émotions, leur façon de réagir, extrêmement humains alors même que leur appartenance à "l'espèce mutante" leur enlèverait soit-disant cette condition.

Ce qui est captivant d'ailleurs dans ce nouveau volet des "X-Men" ça n'est pas tant l'intrigue principale (le réveil du premier mutant, aux pouvoirs sans limite et aux intentions guerrières. Vous avouez même que ce vrai méchant pour le coup et l'affrontement final ne sont pas franchement réussis) que l'évolution des X-Men depuis que les événements intervenus dans "X-Men : Days or the Future Past" (la révélation au monde de l'existence des mutants), et surtout l'espèce de renoncement dans lequel sont tombés à la fois Raven et Erik.

Vous utilisez leur nom dans le civil et non pas leur nom de X-Men car ces deux héros qui avaient tant à cœur de défendre leur condition particulière, de se faire accepter en tant que mutant sans pour autant renier leurs pouvoirs, et ce à n'importe quel prix (soit notamment par la force.

C'est là tout le sujet de l'opposition entre les deux amis que sont Erik et Charles), semblent avoir abandonné tout espoir d'intégration. Erik, aka Magnéto, est devenu soudeur dans un coin retiré de la Pologne, menant une vie recluse avec sa femme et sa fille et n'utilisant plus ses pouvoirs.

Raven, quant à elle, est une fugitive tentant de sauver les mutants maltraités des griffes d'humains cupides. Elle trimballe pendant tout le film une sorte de mélancolie et de résignation triste, assez émouvantes (le talent de Jennifer Lawrence y fait beaucoup), ne revêtant même plus sa forme bleue à écailles (alors que c'était son principal combat).

Vous n'avez d'ailleurs pas pu vous empêcher de faire un parallèle avec le dernier "Captain America" tant les sujets de fond des deux films sont très proches, tout en trouvant "X-Men : Apocalypse" plus pertinent sur ce point en raison des personnalités plus creusées et plus complexes des X-Men.

"X-Men : Apocalypse" s'appréhende donc à deux niveaux. D'un côté, comme un blockbuster à effets spéciaux, avec combats de héros aux super pouvoirs, que certains prendront plaisir à regarder tandis que d'autres regretteront un méchant un peu bâclé (incarné par Oscar Isaac que vous n'aviez pas reconnu et qui n'est pas au meilleur de sa forme il faut le dire), et bouclant ainsi l'arc avec la première série (puisque apparaissent enfin Cyclope, Phoenix et Tornade.

Il y a même une explication sur la perte de cheveux du Professeur X !). De l'autre, comme un film psychologique s'adressant avant tout à des spectateurs fidèles de la saga et continuant de montrer l'évolution de héros qui tentent depuis toujours de se faire une place au sein d'une société fermée à la différence. 

Et, à votre avis, c'est surtout sur ce second aspect que le film mérite qu'on s'y attarde (il faut donc revoir les précédents épisodes pour mieux tout en appréhender l'enjeu) et qu'on l'apprécie. Alors vous conclurez en disant que même pour ceux qui ne sont pas, comme vous, sous le charme de James McAvoy, "X-Men : Apocalypse" reste un film à découvrir, mais surtout pour les fans qui se sont attachés au fil du temps à ses héros soit-disant différents et pourtant si humains. 

PS: et si James McAvoy venait à lire cette critique (on ne sait jamais à quoi une recherche Google peut amener), qu'il sache que vous l'attendrez toute votre vie s'il le faut, même s'il est déjà amoureux d'une autre (tant il a su éclipser tous les autres).

Auteure :Karine Lebreton

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