22 octobre 2019
Critiques

X-Men : L’Affrontement Final : La critique

À la sortie du film, amusant de prêter l'oreille pour traquer les réactions des spectateurs. Le leitmotiv : "c'était marrant". Marrant. Bin tiens.

Le projet "X-Men : L'Affrontement Final" sentait le pâté depuis déjà quelques temps. Exit Bryan Singer, parti faire la nique à Lex Luthor ; bonjour Brett Ratner, faiseur sans génie, auteur de films toujours très moyens. Le genre de réalisateur dont on craint le pire.

Au final, "X-Men : L'Affrontement Final" n'est pas franchement nul. À dire vrai, il est à peine plus mauvais que le laborieux deuxième épisode.

Sans grande passion, Ratner se contente d'aligner les grosses scènes d'action bien bourrines et pas très bien filmées, jusqu'à ce fameux affrontement final (?) où les passions et les haines sont à l'origine d'un spectacle pyrotechnique plus bruyant que vraiment impressionnant.

En fait, le vrai problème de "X-Men : L'Affrontement Final" ne vient pas du metteur en scène, mais des scénaristes. Zak Penn et Simon Kinberg, auteurs de plus d'un blockbuster bancal, n'ont pas su capter les enjeux essentiels de la franchise.

Le personnage de Jean Grey, qui revient et risque de basculer du côté obscur (ce n'est pas un secret, vous avez tous vu la bande-annonce), aurait dû être une sorte d'Anakin Skywalker puissance mille, un personnage flippant et incontrôlable au destin incertain. Mais Penn et Kinberg en font juste un freak de plus, avec des pouvoirs méga trop mortels mais pas un millilitre d'âme dans le carburateur.

Pire, ils ne semblent pas avoir saisi la psychologie de personnages fondamentaux comme celui de Magneto, dont certains actes sont totalement contradictoires avec le propos et le profil psychique. Et pas besoin d'être Gérard Miller pour s'en rendre compte.

Au lieu de se focaliser sur ces quelques personnages-clés dans "X-Men : L'Affrontement Final", nos deux compères ont voulu faire du spectacle à tout prix. D'où une nouvelle galerie de personnages tous plus insignifiants les uns que les autres, si nombreux qu'aucun n'est exploité convenablement, certains disparaissant même de l'intrigue comme s'ils n'avaient jamais existé.

Ici, les personnages ne semblent être que des silhouettes destinées à faire marrer. Car oui, rappelez-vous, "X-Men : L'Affrontement Final", "c'est marrant". Privilégiant l'humour de bas étage, le film fait surtout penser aux "Quatre fantastiques", où avoir des bras extensibles servait surtout à aller chercher du PQ.

"X-Men : L'Affrontement Final", c'est exactement ça. Les personnages font trois petits gags et puis s'en vont. C'est parfois sympathique, mais ça ne décolle jamais vraiment. Et puis surtout, ce n'est pas ce que l'on attendait d'un troisième épisode qui aurait dû sentir le soufre alors qu'il flaire la boule puante et le coussin péteur.

Quant au vague propos politique du film, il est exactement le même que celui des deux premiers volets, mais en beaucoup moins développé, avec une critique platissime des discriminations en tous genres et un éloge du libre-arbitre pour les 8-12 ans.

Pas franchement détestable, "X-Men : L'Affrontement Final" est juste incroyablement décevant, pour peu qu'on y ait cru jusqu'au bout.

Auteur :Thomas Messias

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