23 septembre 2019
Critiques

Yuli : Quand la danse raconte une histoire

Critique du film Yuli

par Clémence Leroy

"Yuli", c’est l’histoire du célèbre danseur cubain : Carlos Acosta. Le film met en scène son incroyable destin dans un enchevêtrement de flash-backs entre le passé et le présent.

Carlos Acosta joue son propre rôle, adulte, figure du présent, faisant de "Yuli" un biopic atypique. Notre personnage principal travaille à la création d’un ballet en mettant en chorégraphie les souvenirs les plus intenses qui ont marqué sa carrière.

La danse vient donc subtilement remplacer le processus de narration et transforme les émotions en musique, en rythme et en mouvements des corps, souvent bien plus évocateurs que de simples mots. C’est toute une troupe de danseurs professionnels que l’on suit le long du film. Ces scènes de chorégraphies qui viennent rythmer le scénario et les différentes étapes de sa vie.

Le prodige est interprété par deux autres acteurs : Edilson Manuel Olvera (Carlos enfant) dont la détermination, le caractère, le visage d’ange tantôt renfrogné nous épatent, et Kevyin Martinez (Carlos jeune) qui interprète avec justesse le doute et le questionnement que l’on ressent en tant que jeune adulte. Le casting ne présente aucune fausse note.

On découvre à travers "Yuli" les nombreux sacrifices que demandent de devenir une étoile de la danse : le travail intense que cela nécessite dès le plus jeune âge, les entraînements prenant le pas sur les jeux de l’enfance. L’internat loin de la famille, la solitude qui ne vous lâche pas, le sentiment de ne pas avoir de chez soi et la pression d’une nation sur les épaules. Car c’est tout un pays que porte Carlos Acosta. Sa famille et ses professeurs sont là pour lui rappeler. C’est tout l’amour d’un pays que l’on retrouve à l’écran avec ce portrait social de la Havane.

"Yuli" rend également hommage à l’imposante figure paternelle, éternel pilier et soutien, autant rempli de fierté que d’exigence et d’âpreté. Un père aimant aux bras de fer qui poussa durement son fils dans ses retranchements. Lui qui rêvait d’être footballeur, comme beaucoup d’autres garçons, et qui refusait d’exploiter son talent. Une relation complexe et tendre qui ne laisse pas indifférent.

Yuli, surnom donné en référence au fils d’un dieu guerrier africain, est surtout l’histoire d’un combat : celui de l’affranchissement. S’affranchir de l’esclavage, des clichés, des évidences et du confort d’une vie tranquille pour mettre en valeur un talent que l’on n’a pas choisi, faire des choix difficiles pour atteindre l’excellence et la renommée et pouvoir être le premier danseur noir à incarner Roméo dans Roméo et Juliette.

"Yuli" est un film est solaire, il offre de superbes images de Cuba et vous fait retrouver les trésors de l’enfance, certes avec son petit lot de souffrances mais il regorge d’énergie et d’espoir. En résumé, c’est un biopic parfait pour l’été !
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