18 juillet 2019
Critiques

Yves : La critique du film

Critique du film Yves

par Victor Van De Kadsye



On pensait que ce thème était épuisé jusqu'à produire les pires clichés possibles de la nouvelle science-fiction. Et pourtant, Benoît Forgeard a prouvé le contraire : l'intelligence artificielle arrive encore à nous surprendre grâce à "Yves", (b)romance inattendue avec un frigo ! Oui, oui...


A l'ère des comédies formatées par les chaînes de télévisions, mais aussi par les plateformes de streaming si populaires et leurs algorithmes, "Yves" rafraîchit. En même temps, normal, c'est un frigo ! Toutefois, son inventivité permanente, remplie d'objets aussi farfelus que des machines à laver censées représenter l'Allemagne à l'Eurovision, fait un bien fou.

Or, cette fable décalée expose quand même des thèmes inquiétants : la production par les algorithmes des œuvres, la place trop importante des objets informatiques dans nos vies. Oh mon Dieu ! Serions-nous dans "Black Mirror" ? Que nenni ! A l'opposée de la série cynique bouffée par les datas de Netflix, "Yves" ne tend pas à nous donner des leçons. Au contraire, il nous fait mourir de rire avec ses différents sujets.

Le choix du casting aide à nous faire passer un agréable moment : William Lebghil, personnage ersatz d'Orelsan ou de Roméo Elvis, crève l'écran à chaque instant aux côtés des formidables Doria Tillier, Philipe Katerine et Darius. La voix d'Antoine Gouy est remarquable, passant d'un timbre robotique type HAL dans "2001, l'odyssée de l'espace" à une véritable humanité qui peut nous fendre le cœur.

"Yves", c'est aussi une leçon amusante sur la création. Confrontant les datas à la création artisanale, Forgeard s'amuse à opposer les deux modes à travers ce duo : un rappeur paumé vivant dans la maison de sa grand-mère et un frigo froid et prévoyant. Ce qui contribue à l'impression de satire légère du film.

"Yves" se présente au fond comme une version loufoque du "Her" de Spike Jonze. Ne cédant pas à la charge facile, pointant du doigt avec le rire toujours en bandoulière, on sort de la projection avec un effet feel-good indéniable et une réflexion non morose pour une fois !

Bref, un film moins froid qu'il n'en a l'air. Et vous y entendrez votre tube de l'été, signé Jerem, au passage !

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