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WandaVision : Marvel au pays des sitcoms ?

Par Kevin Corbel

Première série des studios Marvel directement produite par ces derniers, WandaVision met en scène l’un des plus célèbres couples de l’univers des Avengers dans une intrigue qui en déroutera plus d’un mais qui saura amplement convaincre les férus du MCU.

penci_blockquote style="style-1" align="left" author=""]C'est quoi cette série ?[/penci_blockquote]

Située après "Avengers : Endgame" en terme de chronologie, l’histoire de la série nous fait découvrir la vie de couple qu’ont décidé de mener Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), super-héroïne aux pouvoirs psychiques, et Vision (Paul Bettany), androïde aux capacités très spéciales. Les jeunes mariés s’installent dans la petite ville américaine de Westview et tout semble aller pour le mieux, du moins de leur côté, car, pour les spectateurs, tout est très différent.

1 saison (en cours) - 9 épisodes - Avec Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Kathryn Hahn

Le premier épisode de la série est en noir et blanc, l’action semble se dérouler dans les années 50 et l’on entend des rires enregistrés après chaque scène d’humour. Sans oublier que les personnages semblent avoir totalement oublié leur passé de super-héros !

Chaque épisode reprend ainsi l’esthétique et les codes des sitcoms cultes à chaque décennie. On ainsi droit à des parodies du "Dick Van Dyck Show", de "Ma sorcière bien aimé", de "The Brady Bunch" et même de "Malcolm" et "The Office" pour les années 1990/2000. Si un tel rythme peut rapidement lasser les spectateurs qui, une fois passée la surprise de l’originalité, voudront savoir vers où cela mène et comment rattacher l’intrigue à l’univers de "Spider-Man", "Captain America" et compagnie.

Rapidement, des épisodes plus classiques font leur apparition pour se concentrer sur des personnages extérieurs à l’illusion générale où vivent Wanda et Vision. Ces mi-temps s’avèrent salutaires pour ne pas perdre les jeunes téléspectateurs – surtout non américains – qui risquent de ne pas avoir toutes les références requises en leur possession.

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Quand l’intrigue joue avec le spectateur

En se laissant séduire par les premiers épisodes, on se rend vite compte que tout ne tourne pas rond à Westview, malgré son cadre idyllique et ses gentils habitants. Des scènes sont escamotées et on assiste à des retours en arrière au moindre problème que rencontre Wanda, comme si quelqu’un jouait avec la télécommande. Comme si cela ne suffisait pas, les showrunners en rajoutent une couche en faisant fi d’introduire des personnages issus d’autres productions non homologuées Marvel Studios afin de jouer avec les sens des spectateurs, qui vont sans cesse se demander si ce qu’ils voient est réel ou non dans l’univers de la série.

Une mini-série qui ne part pas de rien

L’une des meilleures qualités du Marvel Cinematic Universe (MCU) – ou l’un de ses pires défauts – est que toutes ses œuvres sont interdépendantes et constituent une seule et même histoire. Il convient, dans chaque nouveau film, ou en l’occurrence série, de prendre en compte les évènements s’étant déroulés dans la vingtaine de productions précédentes. Si cela a pu amener à fédérer toute une communauté de fans autour d’une franchise qui a redéfini les règles du jeu en terme de gestion d’une saga au cinéma, cela a aussi pu alimenter des critiques. Qu’en est-il de la qualité et de la liberté de création ressortant de films réalisés par des professionnels bloqués entre l’obligation de respecter les codes d’un univers déjà établi et les contraintes d’un calendrier des sorties chargé ?

La question se pose également pour "WandaVision" : pour apprécier pleinement la série, il est nécessaire d’avoir vu les films précédents, ce qui totalise presque 50 heures de rattrapage. D’aucuns diront que c’est le prix à payer pour apprécier chaque nouvelle pierre qui s’ajoute à l’édifice du mastodonte qu’est devenu le MCU. D’autres se plaindront du manque de créativité qui ressort de plus en plus des films de super-héros, qui, à force de se multiplier, finissent par se confondre.

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Un OVNI dans le MCU

Pourtant, la série "WandaVision" apparaît comme bien différente de ses pairs, surtout dans sa forme. Bien rythmée, avec une direction artistique soignée (la transition du décor entre les différentes décennies est bluffante) et des acteurs que l’on prend plaisir à retrouver sur le petit écran. Il d’autant plus étonnant que cette nouveauté ait été introduite par deux personnages parmi les plus anciens de l’univers Marvel, sortis tout droits des esprits de Stan Lee et Jack Kirby. C’est en s’éloignant de la forme classique du film ou de la série de super-héros – bien que l’épisode final revient à un contenu plus traditionnel – que la réalisatrice Jac Schaeffer réussi son pari d’apporter un vent de fraîcheur sur un MCU qui commençait à devenir conformiste.

Vers une suprématie des séries chez Marvel Studios ?

Cette première mini-série serait-elle la porte d’entrée à une démocratisation des séries à grand budget chez Disney, au détriment des films ? C’est une question légitime au regard des annonces pour les prochains feuilletons télévisés, que ce soit chez Marvel Studios ou chez Lucasfilm, avec plus d’une dizaine de titres prévus, là où les films se font plus rares. En plus de pouvoir proposer des ambiances totalement différentes, les séries permettent aussi de se concentrer sur le développement des personnages d’une manière qu’un long-métrage de deux heures peut difficilement égaler.

La crise sanitaire ayant grandement compromis la sortie – et le succès en salle – des prochaines productions (on pense à "Black Widow"), l’alternative Disney+ semble déjà porter ses fruits avec cette première série qui, à défaut de détrôner les "Avengers", nous offre une vision originale d’un genre qui n’a plus de secrets pour personne.

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