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Buffy : Icône vampiro-féministe

Par Dan Sufaru, Morgane Prefol et Joachim Zemmour

 

Mordu(e)s de films de vampires ? Avant "Underworld" (2003-2006-2009-2012-2016), "Twilight" (2008-2009-2010-2011-2012), "Dracula Untold" (2014), "Day Breakers" (2009) ou encore "Blade" (1998-2002-2004), "Dark Shadows" (2012), "Priest" (2011), "Abraham Lincoln, chasseur de vampire" (2012), pour ne citer que les plus populaires, il y a eu l'incontournable Buffy Summers dans la série américaine "Buffy contre les vampires" (1997 - 2003). Figure emblématique du samedi soir sur M6 pour toute une génération, la "tueuse" a traversé le temps, contrairement à d'autres héroïnes telles que Sabrina de "Ma Sorcière bien-aimée" (1964-1972) ou Prue de "Charmed" (1998-2006). Véritable icône féministe, elle a quasiment inspiré un nouveau genre, celui de la "femme salvatrice". Petit retour sur ces années- culte...

Histoire du genre vampirique

Depuis les origines du genre, la figure littéraire et cinématographique du vampire semble être une représentation ou émanation de l’inconscient. Créature cauchemardesque ou idéalisée, il (ou elle) révèle ce qui, en nous-mêmes, est enfoui, caché. Le/la vampire attire autant qu'il/elle repousse. Les premiers écrits de fiction littéraire traitant du thème du vampire sont essentiellement des poèmes. En 1834, le poète britannique Coleridge publie « La Ballade du Vieux Marin », texte dans lequel une sorte de mouette vampirique persécute un marin qui l'a tuée d'une flèche. Cet être maléfique, sorte de personnification féminine de la pulsion de mort, est décrit de la manière suivante : « Ses lèvres étaient rouges, ses regards hardis, elle avait les cheveux jaunes comme de l'or, et la peau blanche comme celle d'un lépreux. C'était ce cauchemar qui gèle et ralentit le sang de l'homme, Vie-dans-la-Mort » (traduction d'Auguste Barbier, 1889).

Au cinéma, dans l'un des premiers classiques du genre, "Nosferatu le Vampire" réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau (1922) , le personnage éponyme -- inspiré de l'œuvre de Bram Stoker -- est dépeint lui aussi comme une créature cadavérique, d'aspect repoussant, aux intentions perverses... Chauve, trapu, doté de longs doigts squelettiques, il correspond plus à l'image du « revenant » qu'à celle du dandy victorien développée dans les fictions ultérieures. Pourtant, c'est à partir du célèbre Dracula de Bram Stoker (1887) que l'image populaire du vampire commence à changer, passant du monstre hideux au dandy sensuel. Aristocrate maniéré, vêtu élégamment, parlant un anglais châtié, doté d'une grande sensibilité, il possède un charme, un charisme, qui fascinent et séduisent ses victimes, jusqu'à une forme d'hypnotisme. Le vampire devient hédoniste, charnel, sexuel. Il semble incarner les passions et désirs refoulés d'une société occidentale schizophrène, où libertinage et homosexualité étaient monnaie courante à l'intérieur des salons mondains, mais tabous à l'extérieur.

Ce nouveau visage du (ou de la) vampire va se refléter dans les futures œuvres littéraires et cinématographiques. Ainsi, un siècle plus tard, deux nouveaux romans sur le thème du vampire connaissent un succès considérable : "Entretien avec un vampire" (1976) de l'écrivaine américaine Anne Rice, et la saga "Twilight" (à l'origine, « la saga du désir interdit » en version française) d'une autre Américaine, Stephanie Meyer, publiée entre 2005 et 2020. Les deux œuvres ont été adaptées, avec grand succès, au cinéma. Incarnation symbolique du désir interdit, la larve hideuse a réussi une spectaculaire métamorphose en un sublime papillon de nuit. Dans le roman d'Anne Rice susmentionné, le vampire Lestat est un personnage particulièrement ambigu (une attitude décalée et provocante, des airs indolents et androgynes, des comportements à la fois raffinés et sauvages, une bisexualité troublante pour l'époque). Mis à l'écran, Lestat prend les traits de Tom Cruise, l'un des plus grands sex-symbols de notre époque. Un cocktail gagnant que l'on retrouvera dans certains personnages vampiriques de la série "Buffy contre les vampires", avec des playboys tels que Angel ou Spike -- et côté féminin, de vraies vamps comme Druzila, Darla ou encore Faith, la « tueuse » à l’âme tourmentée et au cœur sombre.

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De Van Helsing à Buffy : genèse du mythe de la « tueuse »

À l'instar du personnage de Bram Stoker, qui se donne pour mission de tuer Dracula pour sauver une femme et à travers elle, le genre humain, Buffy est chargée symboliquement de sauver l'humanité tout entière à Sunnydale. Mais leur combat est différent : celui de Van Helsing, au XIXème siècle, c'est la science contre la superstition ; celui de Buffy, au XXème siècle, est plus subtil encore : combat entre l'idéal de l'enfance et la vie adulte (la chrysalide devient papillon, et toute la série raconte cette transformation de l'enfant à la femme), mais aussi entre le machisme et le féminisme. Son combat est métaphorique. D’un côté, une belle allégorie sur les soucis du quotidien d’adolescents mentalement agités (premiers émois amoureux, difficultés à accepter sa différence, etc.) et de l’autre, d'extraordinaires batailles avec les collègues de Dracula (cf. dernière partie de l'article sur les scènes de combat). Toutefois, à la différence de la version hollywoodienne de Van Helsing, Buffy n'est pas un héros bodybuildé, mais une nymphe longiligne. D'où vient cette figure de la « tueuse de vampire » ? Voici quelques pistes de réponse…

Démarrer dans la vie sous le chromosome XX, peu importe l’époque et l'endroit, ce n'est jamais chose facile. Dur dur pour une femme de se faire une place, que ce soit dans une entreprise, dans les règles de grammaire (« le masculin l’emporte toujours sur le féminin »), au sein du foyer familial, à travers sa sexualité... ou lorsqu'on est une petite étudiante en jupette le jour qui doit se transformer en Amazone la nuit ! Malgré cela, certaines femmes ont décidé de ne pas faire de leur patrimoine génétique une fatalité mais au contraire, un exemple de dignité, de force et d’admiration. Le personnage de Buffy s'inspire de ces femmes courageuses, tout en devenant, à son tour, une source d'inspiration pour les femmes d'aujourd'hui.

De Mulan à Jeanne d’Arc en passant par Mata Hari, ces figures emblématiques se sont imposées dans un monde majoritairement patriarcal. Leur choix de carrière militaire était une exception à la règle phallocratique. La solution ? Travestissement ou séduction, mais surtout une bonne dose de courage pour s’adapter dans un monde où l’on pisse debout. Malgré des carrières brillantes, ces dames auront plus ou moins le même destin tragique : suicide, bûcher ou exécution, le mâle ayant du mal à gérer son côté bestial… Plus généralement, toutes les femmes, guerrières, meneuses, sorcières, reines -- ces femmes libres, indépendantes et courageuses, ces femmes qui ont dit non et choisi leur propre voie -- ont engendré des mythes à la télévision, dans les livres ou les bandes-dessinées, tels que Wonder Woman, Xena, Lara Croft, mais aussi et surtout Buffy Summers, une version plus subtile de la femme-guerrière car plus éloignée du fantasme masculin et proche d’une réalité qui touchera des millions de jeunes filles en proie à leurs démons intérieurs. La « Vampire Slayer » (tueuse de vampire en VF) est une jeune femme à laquelle peut facilement s’identifier un large public, car elle n'est ni trop bimbo et ni trop intello. L’Élue n’étant ancrée dans aucun extrême, il est plus facile voire réconfortant de trouver une affinité avec elle !

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Buffy, héroïne salvatrice

"Buffy contre les Vampires" est une œuvre foncièrement féministe. Avant Buffy, qui a sauvé le monde ? Noé, Jésus, Frodon le Hobbit, Van Helsing, Batman, Superman, etc... La liste des super-héros masculins est longue. Telle une Athéna ou une Jeanne d'Arc moderne, Buffy endosse sa cuirasse de guerrière pour défendre l'humanité contre le Mal. Car la tueuse de vampires est « l'élue », de laquelle dépendra le salut du monde entier. Dans la petite ville de Sunnydale, au cœur-même de son lycée qui abrite l’entrée de la « bouche de l’Enfer », elle est engagée dans un combat contre les forces obscures, représentées par toute une multitude d'êtres fantastiques : au premier rang desquels, les célèbres vampires de la série, dont le visage oscille entre celui du dandy victorien et celui du monstre hideux.

Dans la série, Buffy accepte sa mission par devoir (malgré de grands tourments intérieurs), dans un acte de pure compassion pour l’ensemble de l’humanité. Elle assume donc pleinement le rôle d'héroïne salvatrice, ce qui a fait d'elle, pour toute une génération d’adolescents (ou adulescents !), l’incarnation télévisuelle d’un nouveau modèle de la femme conquérante, indépendante, totalement elle-même. Un modèle féminin où la sexualité des femmes n'est plus occultée, mais totalement assumée, et où celle-ci ne s'oppose plus à l'innocence et à la pureté. Sarah Michelle Gellar accomplit l’union des contraires : masculin et féminin, ange et démon, vie et mort, femme et déesse.

À la fin de la série, la petite adolescente complexée de Sunnydale devient, effectivement, cette femme pleinement accomplie, réconciliée avec toutes les parties d’elle-même. Dans les derniers instants de la série, lors de la dernière scène, face à l’horizon de la vie, Buffy, droite et fière, sereine, n’est enfin plus la tueuse en conflit perpétuel (avec ses démons, extérieurs comme intérieurs). Enfin, elle pourra « vivre comme une personne ». C’est-à-dire, être vraiment elle-même.

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Willow et Tara : le lesbianisme à l'écran

Buffy, c’est un nom que l’on a presque trop entendu le samedi à 20h50 en 1999 devant « la trilogie » ou en « replay » ou, plus récemment, sur Amazon. "Buffy contre les vampires", certes, mais aussi contre les préjugés, contre les idées reçues. Lorsqu’on évoque les combats de la Tueuse, on a donc vite à l’esprit des batailles épiques contre « le Maître » (alias le patriarcat), contre la « Déesse Gloria » ou sa sœur Dawn (une clé à ses heures perdues mais une touchante petite emmerdeuse), contre « Calibal », contre « La Force » ou encore, contre un professeur d’école castrateur pervers narcissique.

Mais n'oublions pas ses amis présents depuis le premier jour ! Alex et Willow ont également lutté aux côtés de l’Élue, tout ayant également leurs propres combats à mener, leurs soucis de lycéens et leurs déboires amoureux. On se souviendra notamment de l’histoire ensorcelante entre Tara et Willow qui, à l’époque, a certainement dérangé car pas vraiment dans les mœurs. Les relations entre femmes n’étaient pas tellement mises en lumière en 1999, sauf dans de rares films ("Bound", "Gazon Maudit", par exemple). Les tabous sont brisés et les sorcières ne sont pas brûlées ! Serait-ce un monde idéal à la Josh Whedon ? Tara et Willow, c’est une histoire envoûtante sans être une revendication. Cette histoire est traitée comme une simple histoire d’amour entre deux adolescentes. En effet, personne ne s’y oppose, personne ne fait d’esclandre sur leur « coming-out », on ne remet pas en question cette relation qui paraît naturelle malgré le caractère surnaturel des deux protagonistes qui sont mêlées à la sorcellerie ! Protégées des clichés de la vieille baroudeuse ou du fantasme masculin pornographique, Willow et Tara s'épanouiront dans une belle histoire magique pendant trois saisons malgré une fin tragique, lorsque Tara récupérera la balle perdue destinée à son amie Buffy…

Pour chorégraphier les scènes d’amour, Josh Whedon a su trouver une vision plus que réaliste, ni trop noire, ni trop intrusive, ni trop « pornographiée ». On surfera sensuellement sur l’intimité des nuits de tendresse des deux sorcières, sans que cela ne paresse dérangeant ou provoquant. Leur liaison met simplement en scène les tracas quotidiens de deux jeunes sorcières : de la découverte du désir lesbien à l’addiction à la magie, en passant par le deuil de Joyce Summers (mère de Buffy, et figure maternelle emblématique). Le tout enveloppé dans un romantisme sensuel et décoré d’un soupçon de sorcellerie.

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Le masque de l'ange et le visage de la bête

Dans le premier épisode de la série, dès la scène d'exposition, une jeune femme au joli minois se transforme en vampire à face hideuse. Tout se joue autour du visage, qui devient le vecteur visible de la transformation [intégrer image]. Ce choix de se focaliser sur le visage est sans doute lié aux moyens techniques (un faible budget rime avec des effets spéciaux rudimentaires). Néanmoins, ce choix semble symbolique. Le visage n'est-il pas la partie visible de l'être humain, celle que l'on arbore à l'extérieur, et les yeux ne sont-ils pas, selon la tradition médiévale, « le miroir de l'âme » ? Le fait de grimer le visage, de le bestialiser, de doter le regard d'yeux phosphorescents, déshumanise et évoque la part animale cachée dans le cœur de l'homme.

Ce masque est le miroir de celui/celle qui le porte, autant que de celui/celle qui le regarde. Si l'effet pratique utilisé (des masques à l'allure bestiale, du maquillage, des lentilles de contact, etc.) n'est pas des plus sophistiqués, il semble être d'autant plus « visible » et signifiant. En effet, dans cette série, paradoxalement le masque ne « cache » rien, mais plutôt, il dévoile. Il révèle une vérité que l'être humain, d'ordinaire, se cache à lui-même. Un continent inconnu et mystérieux (et terrifiant) qui fascine autant qu'il repousse, et que les genres populaires que sont le roman et le film d'horreur ne se lassent pas d’explorer.

Y a-t-il un aspect « horrifique » dans Buffy ? Certains éléments pourraient le laisser penser... Par exemple, à partir de l'épisode 14 de la saison 3 jusqu'à la fin de cette saison, le démon Balthazar, sorte de vampire obèse, chauve, au corps hideux frisant le grotesque, apparaît dans certaines scènes où son aspect repoussant, dégoulinant, suintant, rappelle -- comme une sorte de clin d'œil discret -- certaines scènes emblématiques des films d'horreur, dans la veine du « body horror ». Chose étonnante pour une série qui s'adressait principalement à des adolescents (ou adulescents), peu habitués à l'époque à ce genre d'images... Comme s'il s'agissait là d'une subtile initiation, à dose homéopathique, au genre horrifique.

Cependant, "Buffy contre les vampires" ne bascule jamais dans de l'horreur véritable. La série se contente de suggérer, d’insinuer, de faire saliver. Ce type d'éléments disséminés dans la série sont une sorte « d'appel » à notre côté sombre, à cette partie occultée de nous-mêmes. D'ailleurs, le personnage de Buffy est aussi fait d'ombre et de lumière : la petite étudiante modèle, bien sous tous rapports, n’en flirte pas moins avec des meurtriers cannibales et passe le plus clair de ses nuits à arpenter les cimetières avec un pieu à la main... Ce côté morbide, cette fascination pour la mort que la société a tendance à occulter et à rendre taboue, est aussi ce qui rend le personnage de Buffy aussi fascinant. Elle est à la fois ange et démone.

Ainsi, dans "Buffy contre les vampires", le visage mi-homme mi-hyène du vampire, ce visage humanoïde mais pas tout à fait humain, questionne notre rapport à l'animalité et à la bestialité. L'entre-deux, la transition entre l'animal et l'humain, l'idée que nous puissions être des monstres en puissance derrière notre masque de sociabilité... voilà ce qui fait vraiment peur. Un « vrai » film d'horreur irait franchement vers la transformation, là où les vampires dans Buffy sont de simples hommes (et femmes) masqués. Dans les films de loups-garous, la métamorphose est souvent la scène la plus effrayante car elle questionne le spectateur sur lui-même -- le loup seul fait rarement peur, mais l'idée de l'homme-loup nous est insupportable...

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Buffy contre Goliath : des scènes de combat cultissimes

Eh bien, comme le temps passe vite, vingt-quatre ans maintenant que "Buffy contre les Vampires" a débuté et dix-huit ans qu’elle a pris fin ! En six ans d’existence, entre le tout premier épisode et le dernier, beaucoup de choses ont changé : la série a gagné en popularité, en visibilité, en moyens, et pour s’apercevoir de tout cela, rien de mieux que de jeter un petit coup d’œil au dernier épisode afin que nous puissions tous apprécier le chemin parcouru par l’équipe de Josh Whedon.

Au début, les premières scènes de combat étaient quelque peu guindées, les acteurs semblaient coincés, robotiques dans la manière d'enchaîner les mouvements... Bref, les combats étaient assez peu réalistes. Ainsi, le premier combat se déroule dans une crypte, la nuit, où les camarades de Buffy, Willow et Alexander, ont été emmenés, après avoir éliminé l’un des vampires retenant en otage ses amis. Buffy se voit alors confrontée au serviteur personnel du maître du mal, et l'on s'aperçoit dans cette première scène de combat que les acteurs n’ont pas suffisamment confiance en leur capacité à se battre : leurs mouvements sont rigides et rapides, la caméra se place de façon étrange, de manière à ce que l’on ne distingue que difficilement leurs mouvements, le rythme du montage est très rapide -- pas plus de deux secondes sur un plan de caméra -- rendant le tout confus à suivre... À des années-lumière de cette première scène quelque peu expérimentale, les combats chorégraphiés de la fin de la série sont nettement plus réalistes. En effet, dans l’ultime épisode où Buffy et ses sbires portent le coup fatal à la Bête de l'Apocalypse, en sacrifiant leur lycée pour sceller la porte des Enfers, la scène de combat final est digne d'un film hollywoodien.

Premier constat : là où auparavant, dans le premier épisode, la série évitait d’avoir trop de personnages sur un seul plan, ici le réalisateur a considéré de bon aloi de placer autant d’acteurs que possible dans un même champ de caméra, donnant une impression de grandeur qui n’est pas sans rappeler le style « Wuxia » dans la cinématographie asiatique (le style Wuxia, pour ceux qui ne sauraient pas, est la désignation d'un genre de film d’arts martiaux asiatique dont le principal attrait sont les batailles gigantesques portées à l’écran, pouvant comporter jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’acteurs).

Une autre chose sautant aux yeux est l’expérience acquise par l'ensemble de l’équipe cinématographique au fil de la série : les acteurs se battent de façon beaucoup plus convaincante, plus assurée aussi, là où l’on avait l’impression auparavant qu’ils se retenaient de peur de blesser leurs camarades. Le cadreur aussi fait un meilleur travail : les plans sont plus longs, moins confus que dans le premier épisode, et le cadrage met plus en valeur les acteurs ainsi que l’action à l’écran. Les costumes, comme les effets spéciaux, ont gagné en crédibilité (par exemple, les masques semblent moins grotesques). Cette scène de combat final est donc une sorte d’accomplissement, un vrai chef-d’œuvre ! Les corps tourbillonnent, les pieux valsent en l’air, les chorégraphies sont dignes des meilleurs films de Kung-Fu… Rien que pour ça, la série vaut le détour !

Certes, "Buffy contre les vampires" est une sorte de manifeste féministe, nous l'avons bien montré. Mais n'oublions pas : c'est aussi et surtout un film de vampires... Or, le vampire fascine parce qu'il a un côté « authentique » que la plupart des mortels n'ont pas. Il/elle assume son côté bestial. D'une certaine manière, on pourrait dire qu'ils sont les véritables héros de la série. Au fil des épisodes, Buffy s'approprie une part du vampire, elle accepte sa face sombre ; et à la fin, Buffy comprend que la « bête » n'est pas seulement extérieure, mais qu'elle est aussi en elle, ce qui fait d'elle une femme accomplie...

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