DVD / Blu-ray

Réveil dans la terreur de Ted Kotcheff

Par Fabrice Simon

John Grant, un jeune instituteur, arrive dans la petite ville minière de Bundayabba, au fin fond de l'Outback, dans laquelle il doit passer la nuit avant  de partir en vacances à Sydney. Mais, de bière en bière, de pub en pub, sa nuit va se prolonger jusqu'à l'entrainer dans un terrible voyage à travers une Australie sauvage et primitive.

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Pendant longtemps le cinéphile, pourtant averti, considérait le cinéaste canadien Ted Kotcheff comme l'auteur d'un seul chef d'œuvre, du moins d'un film unique ayant défini un genre. C'était méconnaître que l'éternel réalisateur de "Rambo" avait déjà fait sensation en 1971 au festival de Cannes avec "Réveil dans la terreur", œuvre perdue et injustement oubliée et dont la ressortie, dans une édition somptueuse chez Wild Side en ce début juillet, constitue un événement.

Film visuellement magnifique, "Réveil dans la terreur" est une œuvre existentialiste entrainant son héros au coeur des ténèbres de l'âme humaine.  Insoutenable lors des scènes de chasses (meurtres ?), cet "Apocalypse Now" de l'Outback australien, explore sans concession les tréfonds les plus maléfiques de l'esprit humain tout en dressant un parallèle violent et indiscutable entre l'homme et l'animal.

Utilisant de manière magistrale le désert australien,  territoire violent et anxiogène, Kotcheff réussit la parfaite adaptation d'un roman culte en même temps une superbe plongée dans le mal qui fait véritablement froid dans le dos. Choc visuel étouffant par la moiteur qu'il renvoi, oppressant par le jusqu'au boutisme de ses personnages collectionnant massacres de kangourous, bastons et beuveries, ce film culte resté invisible près de quarante années est enfin remis à sa juste place, celle d'une œuvre d'importance !

Sauvé miraculeusement de l'oubli, ce « documentaire sociologique et ethnographique » est une fiction souvent étincelante, parfois choquante, mais surtout fondatrice d'un courant du cinéma australien ayant entrainé à sa suite, entres autres, Russell Mulcahy, Peter Weir et l'illustre George Miller ("Mad Max").

Les compléments de cette magnifique édition sont nombreux ; une introduction du film par le cultissime Nicolas Winding Refn (réalisateur de "Drive"), des documents d'archives sur le tournage, un documentaire sur la place de ce film dans le cinéma australien, un documentaire sur la recherche du négatif du film perdu de nombreuses années et des bandes-annonces.


BONUS

Eléments qui suivent fournis par l'éditeur.

Dans le Blu-ray, un livret de pages accompagne cette sortie à posséder d'urgence.

- L’introduction du film par Nicolas Winding Refn (2’) : le réalisateur de "Drive" et de "Only God Forgives", évoque sa récente découverte du film de Ted Kotcheff, alors qu’il était en pleine promotion de "Bronson" en Australie, et qu’il qualifie comme un chef d’oeuvre avant-gardiste.

- Entretien avec le réalisateur Ted Kotcheff (22’) : réalisée en 2009, cette interview du metteur en scène de "La Grande cuisine", "Rambo" et "Retour vers l’enfer", s’avère indispensable, d’autant plus que Ted Kotcheff n’est jamais avare en anecdotes et prend toujours beaucoup de plaisir à revenir sur une de ses oeuvres, d’autant plus qu’il a toujours considéré "Réveil dans la terreur" comme son meilleur film. Par ailleurs, il s’envoie quelques roses en disant que son film est « extraordinaire ». Mais Kotcheff a suffisamment d’humour et revient sur la genèse de son film, les thèmes, les personnages, les partis pris esthétiques, l’accueil (grand succès en France) et la célèbre séquence de chasse aux kangourous, filmée avec de vrais chasseurs, malgré toute sa répugnance envers cette pratique.

- Un tournant dans l’histoire du cinéma australien (6’) : plusieurs critiques et producteurs, mais aussi le comédien Jack Thompson, se penchent sur l’importance de "Réveil dans la terreur", considéré comme étant le film qui a initié la renaissance du cinéma australien, malgré un échec commercial sans précédent sur la terre des kangourous. Ted Kotcheff y apparaît également et évoque le film de Nicolas Roeg, Walkabout, également tourné dans l’Outback.

- Une histoire rocambolesque (6’) : composé de propos d’intervenants non identifiés - à l’exception du monteur Tony Buckley - et d’archives diverses, ce module s’attarde un peu plus sur l’accueil glacial de "Réveil dans la terreur" en Australie, sa redécouverte (et donc sa restauration) et son statut de film-culte en 2015.

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