24 septembre 2019
DVD / Blu-ray

Six films français restaurés par Pathé !



"Vous ne regardez pas le feu d'artifice ?" "Pas la peine, j'le vois dans vos yeux"


Paradis perdu (1940) est un film d'Abel Gance avec Fernand Gravey, Micheline Presle, Elvire Popesco. L'histoire commence par la rencontre de Pierre et de Janine, interprétés par Fernand Gravey et Micheline Presle, lors d'un bal célébrant le 14 juillet 1914.

C'est le début d'une idylle ponctuée de dialogues fins, splendides et de plans du jeune couple magnifiquement filmé. La Première Guerre mondiale débute très vite et Pascal, envoyé au front, y apprend le décès de Janine, devenue son épouse, au cours de la naissance de leur fille Jeannette. Après l'avoir délaissée, à la fin de la guerre, Pierre retrouve Jeannette qu'il élèvera avec amour d'autant plus que Jeannette est comme une réincarnation de Janine, réincarnation appuyée par la double interprétation de Micheline Presle de la mère et de la fille. Un amour si fort qu'il se sacrifiera jusqu'à sa mort pour le bonheur de sa fille désormais mariée.

Mentions spéciales pour Micheline Presle et surtout Fernand Gravey, immense acteur.

 

Les Amants de Vérone est un film de 1949. Il fut réalisé par André Cayatte qui connut la célébrité pour ses films-chroniques judiciaires, ancien avocat qu'il était. Le film nous conte le tournage d'une adaptation de Roméo et Juliette durant lequel les doublures des héros tombent amoureux l'un de l'autre et cette histoire d'amour se termine par la mort tragique et simultanée des deux jeunes amants Angelo (Serge Reggiani) et Georgia (Anouk Aimée dont c'est le troisième film.)

Parallèlement André Cayatte nous offre une vibrante critique du fascisme incarné par le père de Georgia (Louis Salou) et des profiteurs de guerre et d'après-guerre personnifiés par Raffaele (Pierre Brasseur), une brute sous des atours élégants, qui obtient la promesse de la main de Georgia, grâce au chantage politique et financier auprès de la famille de la jeune fille. L'interprétation de Reggiani et d'Aimée est très juste et sensible mais on retient surtout celles de Brasseur et Dalio.

A noter également la présence discrète, mais magique, de Martine Carol. Une lumière splendide, des décors tournés à Venise et Vérone et la superposition des mots de Prévert (dialoguiste) et de Shakespeare font enfin de ce film un petit joyau.

 

Moins brillant, plus classique, Le Désordre et la nuit (1958) est un film de Gilles Grangier avec Jean Gabin, dialogué par Michel Audiard. Les trois compères ont commis d'autres films ensemble (Gas-Oil, Le Rouge est mis.)

Jean Gabin interprète l'Inspecteur Valois qui, au cours de l'enquête sur le décès de Simoni (Roger Hanin), patron d'une boîte de nuit, s'éprend d'une jeune toxicomane ; celle-ci le mènera à la démission en même temps qu'à la résolution de l'enquête.

Les dialogues y sont excellents. On pourra cependant avoir quelques réserves sur la misogynie non feinte de quelques lignes de dialogues. Le film, lui-même est, dans la forme, très classique et surprend surtout par l'identité de l'assassin. Jean Gabin est égal à lui-même dans un de ses films typiques d'après-guerre. Quant aux performances des autres acteurs, on retiendra celles de Nadja Tiller (jeune actrice allemande de l'époque) et de Danielle Darrieux.

 

Moins classique dans la forme, mais tout de même peu révolutionnaire, Deux Hommes dans la ville (1973) de José Giovanni est un film réquisitoire contre la peine de mort. Jean Gabin y retrouve Alain Delon pour leur troisième et dernier film ensemble.

Un éducateur humaniste et désabusé (Jean Gabin) fonde plein  d'espoir envers un détenu (Alain Delon) qui sort alors de prison. Une amitié se développe entre eux parallèlement à une nouvelle vie pour Gino qui cherche à se racheter une conduite.Mais il perd sa femme dans un accident de voiture, quitte Paris pour rejoindre Germain Cazeneuve (l'éducateur) et sa famille à Montpellier. Gino (re)commence une nouvelle vie avec une compagne (Mimsy Farmer) et un emploi dans une imprimerie où il a toute la confiance et l'admiration de son patron.

Cependant, son passé le rattrape via son ancien complice (Victor Lanoux) et l'inspecteur qui l'avait mis sous les verrous (Michel Bouquet.) Ce harcèlement pousse à bout Gino qui tue le flic soupçonneux. S'ensuit un procès à la suite duquel Gino perd la vie, décapité par la guillotine made in France.

Philippe sarde en a écrit la musique ainsi que celle du Toubib et de Garçon ! (sans oublier les films de Tavernier, des autres Sautet, des centaines de musiques originales splendides.)

 

Le Toubib (1979) est un film de Pierre Granier-Deferre. Le toubib en question, interprété par Alain Delon, est un être misanthrope et taciturne. On suppose que c'est depuis le départ de sa femme. Une guerre fictive éclate dans un pays d'Europe. Jean-marie Desprée et y rencontre Harmony (Véronique Jannot), une jeune infirmière qui va faire redécouvrir l'amour à l'ours. La guerre va se charger de le redescendre sur Terre.

Le Toubib est l'adaptation d'Harmonie ou les horreurs de la guerre de Jean Freustié par Pierre Granier-Deferre et Pascal Jardin qui signe aussi les dialogues. On notera la présence charismatique de Bernard Giraudeau et de Michel Auclair.

 

Réjouissant également, Garçon !, film de Claude Sautet en 1983. C'est un film délicat, intimiste, sautillant, songeur et subtil, un film de Claude Sautet quoi...: Histoires d'hommes et de femmes, d'amitiés, d'amour, de la complexité des rapports humains dans une sphère toute ouateuse pour le plus grand plaisir du spectateur.

Alex (Yves Montand) est un ancien danseur de claquettes qui travaille à présent dans une grande brasserie parisienne avec Jacques Villeret, son collègue, ami et co-locataire. Séducteur vieillissant, Alex butine de femme en femme. Il rencontre Nicole Garcia, une jeune professeure d'Anglais. Une idylle naît entre eux en même temps qu'Alex souhaite concrétiser un vieux rêve : aménager un parc de jeux sur une plage qui lui appartient.

Les dialogues de Jean-Loup Dabadie sont délicieux, la musique de sarde tonitruante et splendide et chaque acteur a un rôle à sa mesure. Notons les performances de Dominique Laffin et de Bernard Fresson. Bref, un film jouissif !


Ces six films sont sortis chez Pathé le 01 juillet.

Véronique Martin