12 juillet 2020
DVD / Blu-ray

Test Blu-ray : Ssssnake le Cobra de Bernard L. Kowalski

SSSSNAKE LE COBRA (Sssssss)

Réalisé par Bernard L. Kowalski

Disponible en DVD et Blu-ray le 9 mai 2017

Chez Movinside

Par Franck Brissard



Acteurs : Strother Martin, Dirk Benedict, Heather Menzies-Urich, Richard B. Shull, Tim O'Connor, Jack Ging, Kathleen King, Reb Brown
Scénario : Hal Dresner d'après une idée originale de Daniel C. Striepeke
Photographie : Gerald Perry Finnerman
Musique : Patrick Williams
Durée : 1h39
Date de sortie initiale : 1973

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LE FILM


David, un jeune étudiant, est engagé comme assistant de laboratoire par le docteur Stoner, un herpétologiste spécialisé dans les serpents. Il ne tarde pas à tomber amoureux de la fille du docteur, tandis que ce dernier décide d'utiliser sur lui un sérum secret, destiné à créer un hybride homme-serpent.

Connu en France sous le titre "SSSSnake le cobra" ou tout simplement "SSSSnake, Sssssss" (titre original) est réalisé par Bernard L. Kowalski (1929-2007) en 1973. Oeuvrant habituellement pour la télévision sur des séries aussi diverses que variées que "M Squad", "Perry Mason", "Les Incorruptibles", "Rawhide", le metteur en scène signe, avec ce petit film d'horreur, une de ses rares incursions au cinéma.

Après "Night of the Blood Beast" (1958) et "Attack of the Giant Leeches" (1959) – ou "L'Attaque des sangsues géantes" - qui lui avaient déjà donné l'occasion de toucher à l'horreur, Bernard L. Kowalski livre une formidable série B qui risque de donner quelques sueurs froides à ophiophobes, aux spectateurs qui ont peur des serpents.

Produit par la jeune société Zanuck / Brown Productions (qui se préparait à financer un petit film intitulé "Les Dents de la Mer" de Steven Spielberg) pour Universal avec un budget d'un million de dollars, "SSSSnake" adopte un rythme lent, mais maîtrisé et repose sur un excellent casting, véritablement investi puisque plus de 150 véritables serpents – certains encore venimeux - ont été utilisés et manipulés par les comédiens pour les besoins du film.

Bernard L. Kowalski fait preuve de rigueur dans sa mise en scène et sa direction d'acteurs, tout en distillant une tension maintenue pendant plus d'1h30. Le scénario d'Hal Dresner ("Luke la main froide" et "Folies d'avril" de Stuart Rosenberg, "The Extraordinary Seaman" de John Frankenheimer) joue avec les codes du genre en vigueur à l'époque et parvient à rendre réaliste une histoire extraordinaire.

Connu comme étant l'un des éternels seconds couteaux, le comédien Strother Martin, vu chez John Huston, Robert Aldrich, Delmer Daves, John Ford, Sam Peckinpah et George Roy Hill, accède ici au premier rôle. Peu habitué à cet événement, il porte néanmoins le film en créant un décalage intéressant et en rendant son personnage de savant fou inquiétant, qui tombe de plus en plus dans la démence au fil du récit.

A ses côtés, les nostalgiques de la série "L'Agence Tous Risques" reconnaîtront Dirk Benedict qui interprétait Futé pendant les cinq saisons. Dans "SSSSnake", c'est lui qui incarne le cobaye malgré-lui et qui va voir son corps se transformer, jusqu'à devenir un véritable cobra aux yeux bleus de plus de deux mètres. L'amateur de belles séries des années 70 remarquera également la présence au casting de Heather Menzies quelques années avant "L'Age de Cristal".

Entre "Frankenstein" et "L'Ile du Docteur Moreau", avec une petite touche de "Freaks", la monstrueuse parade, "SSSSnake" s'avère une excellente surprise, récompensée par le Saturn Award du meilleur film de science-fiction en 1975 et sélectionnée en compétition au Festival international du film fantastique d'Avoriaz en 1974.

Il n'est pas anodin de penser que "SSSSnake" ait ensuite largement influencé la série éphémère mais culte "Manimal" (1983), dans laquelle Simon MacCorkindale possédait la faculté de se transformer en panthère noire, en faucon et même en serpent. Si la mutation est définitive dans "SSSSnake", celles dans "Manimal" font sérieusement penser à la séquence finale du film de Bernard L. Kowalski, par ailleurs la seule à utiliser les effets spéciaux. Le maquillage de Dirk Benedict est par ailleurs très réussi.

Au final, malgré une conclusion quelque peu décevante car trop expédiée, "SSSSnake" demeure une excellente récréation, relativement ambitieuse et continue de faire le bonheur des adeptes d'histoires horrifiques bien troussées.

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Dirk Benedict
LE BLU-RAY

Le Blu-ray de "SSSSnake", disponible chez Movinside dans une collection dirigée par Marc Toullec et Jean-François Davy, repose dans un boîtier classique classe de couleur noire. L'élégante jaquette saura immédiatement taper dans l'oeil des cinéphiles passionnés de fantastique, et des autres, puisqu'elle reprend l'un des visuels originaux. Le menu principal est tout aussi classe, animé et musical.

Dans sa présentation du film (13'30), Marc Toullec rapproche judicieusement "SSSSnake" de "Willard" de Daniel Mann, réalisé deux ans plus tôt, et revient sur la genèse du long métrage de Bernard L. Kowalski. Notre spécialiste en films fantastiques évoque ensuite le casting, le producteur Richard D. Zanuck, les effets spéciaux, les maquillages, l'utilisation de véritables serpents sur le plateau, les thèmes et les conditions de tournage. Une introduction simple, concise, bourrée d'anecdotes, enjouée et très sympathique.

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Dirk Benedict et Heather Menzies
L'Image et le son

Fort d'un master au format respecté 1.85 et d'une compression AVC qui consolide l'ensemble avec brio, ce Blu-ray au format 1080p permet de (re)découvrir "SSSSnake" dans de très bonnes conditions techniques. Malgré de légères scories, la restauration est souvent impressionnante, les contrastes bien équilibrés, la copie est propre, stable et lumineuse.

Les détails étonnent souvent par leur précision, notamment sur les gros plans, détaillés à souhait (la sueur qui brille sur le front de Dirk Benedict au fil du traitement), les couleurs retrouvent un éclat inespéré à l'instar des crédits verts. En revanche, certains risquent de tiquer devant le lissage parfois excessif du grain argentique original, du manque de relief et du piqué trop doux à notre goût.

Les versions originale et française bénéficient d'un mixage Dolby Digital 2.0 Mono. Pas de HD ici donc. Cependant, le confort acoustique est malgré tout assuré dans les deux cas. L'espace phonique se révèle probant et les dialogues sont clairs, nets, précis, même si l'ensemble manque de vivacité sur la piste française. Que vous ayez opté pour la langue de Shakespeare (conseillée) ou celle de Molière, aucun souffle ne vient parasiter votre projection et l'ensemble reste propre. Les sous-titres français ne sont pas imposés sur la version originale.

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