16 septembre 2019
DVD / Blu-ray

Test DVD Revenger (The Assignment) de Walter Hill

REVENGER (The Assignment)
Réalisé par Walter Hill
Disponible en DVD et Blu-ray le 6 juin 2017
chez TF1 Vidéo




Acteurs
: Michelle Rodriguez, Sigourney Weaver, Tony Shalhoub, Caitlin Gerard, Terry Chen, Anthony LaPaglia
Scénario : Walter Hill, Denis Hamill
Photographie : James Liston
Musique : Giorgio Moroder, Raney Shockne
Durée : 1h35
Date de sortie initiale : 2016



LE FILM


Une chirurgienne brillante et manipulatrice décide de se venger du meurtre de son frère. Elle est prête à tout pour retrouver le tueur et lui faire payer son crime… au-delà de l'imaginable.

Frank Kitchen est un tueur sans pitié qui pourchasse ses proies et les abat froidement pour exécuter ses contrats. Mais cette fois ci, le contrat, c'est lui. Un contrat motivé par un puissant désir de vengeance qui doit le mener sur le chemin de la rédemption. Après s'être fait kidnapper, Frank se réveille avec un nouveau visage...

Comprenant qu'il est l'objet d'une terrible manipulation, c'est à son tour de mettre en œuvre sa vengeance : elle sera redoutable !



Si "Du plomb dans la tête" avait marqué le retour de Walter Hill derrière la caméra dix ans après Un seul deviendra invincible, le cinéaste n'aura pas attendu aussi longtemps pour livrer son nouveau film "Revenger", "The Assignment" en version originale. Comme pour son précédent long-métrage, Walter Hill adapte une bande dessinée, publiée en France sous le titre Corps et Ame (chez Rue de Sèvres), co-signée par le réalisateur lui-même avec Matz et Jef.

"Revenger" reprend la même intrigue. Frank n'est pas un type bien. Des hommes, il en a descendus des dizaines, proprement, sans histoires, un vrai pro. Pourtant, il aurait pu se douter que cette affaire payée le double était louche. Mais le réveil est bien plus rude que tout ce qu'il pouvait imaginer : si son âme est toujours homme, son corps, lui, est devenu femme. Une vengeance pour un crime passé. Sa vengeance à lui commence, et elle ne laissera personne indemne. Walter Hill ne le cache pas, "Revenger", dont le script initial (sous le titre "Tomboy"), remonte aux années 1970, est une pure série B tournée avec un budget très restreint (on parle de 2,5 millions de dollars) et une intrigue réduite au plus simple.

Le plus amusant du film car le plus improbable, c'est bien évidemment la performance de Michelle Rodriguez, qui n'est certes pas la plus sobre des comédiennes, mais qui a l'air de s'amuser à jouer un tueur à gages, avec la barbe qui n'a d'égale que la perruque de Christophe Lambert dans "Vercingétorix" et le service trois-pièces en latex, qui subit une vaginoplastie comme représailles après un contrat qui a mal tourné. Autant dire que le réveil est difficile pour ce mec macho qui lève des nanas dans les bars éclairés aux néons. Mais s'il doit dorénavant prendre des hormones et « accepter » sa nouvelle situation, il, ou elle désormais, est bien décidée à retrouver celle qui est responsable de cette nouvelle identité, tout en flinguant les sbires qui se mettront sur sa route. Michelle Rodriguez en fait des tonnes, fronçant les yeux et en faisant la moue, pétoires à la main et démarche de camionneuse. Ça défouraille pas mal, mais malheureusement le récit ne suit pas une seconde.



"Revenger" qui se complaît dans une esthétique craspec avec une nonchalance assumée, tout en plagiant l'idée centrale du chef d'oeuvre de Pedro Almodóvar, "La Piel Que habito", avec un zest de "Sin City" avec cette voix-off omniprésente. Entre Michelle Rodriguez d'un côté en mode bulldozer, et Sigourney Weaver sanglée dans une camisole de force qui tape la discute avec son toubib Tony Shalhoub, "Revenger" est un film qui adopte un rythme de croisière avec le frein à main serré, tandis que le spectateur attend toujours la scène d'action qui viendra un peu remuer tout ça. Peine perdue.

"Revenger" est un thriller pulp, mâtiné de plans directement issus de la BD avec des arrêts sur image « comics » qui tentent de donner une identité à l'ensemble. Ce n'est pas déplaisant, surtout avec ce personnage principal qui tente de renouer avec son identité, ce qui vaut quelques réflexions sur le genre, mais "Revenger" est tellement lent, lambda et déjà-vu, qu'il ne se distingue jamais du tout-venant. Et qu'est-ce que c'est bavard ! C'est vraiment dommage, surtout que Walter Hill avait prouvé avec le réjouissant "Du plomb dans la tête", buddy movie renvoyant directement à ceux réalisés dans les années 80, qu'il en avait encore sous le capot.



LE BLU-RAY


Le Blu-ray de "Revenger", disponible chez TF1 Vidéo après un passage en VOD, a été réalisé à partir d'un check disc. Le menu principal est animé et musical.

Edition minimaliste pour "Revenger" puisque l'éditeur ne livre qu'un petit entretien de Walter Hill et de Michelle Rodriguez (12'), visiblement réalisé à l'occasion de la promotion du film par le journaliste Didier Allouch. Dans un premier temps, le réalisateur monopolise la parole tandis que la comédienne se contente d'acquiescer. Walter Hill revient sur la genèse de "Revenger", sur le budget restreint et le fait de réaliser une série B, sur les partis pris et la BD à l'origine du film. Michelle Rodriguez sort ensuite de sa torpeur pour indiquer à quel point elle s'est sentie femme en incarnant un homme. Merci Michelle.



L'Image et le son


Le master HD (1080p) français de "Revenger" édité par TF1 Vidéo restitue habilement les volontés artistiques du chef opérateur James Liston ("Lost Identity") en conservant un très léger grain cinéma, des couleurs à la fois chaudes et froides, des contrastes léchés ainsi qu'un relief constamment palpable. La compression AVC consolide l'ensemble avec brio, les détails sont légion sur le cadre large et les visages des comédiens, le piqué est aiguisé, les noirs denses, les blancs cramés et la copie éclatante. Les très nombreuses séquences nocturnes jouissent également d'une belle définition, même si les détails se perdent quelque peu.

Pour un film de ce genre, nous nous attendions à un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 plus ardent. En français comme en anglais, la scène latérale distille ses effets avec une étonnante parcimonie et il faut véritablement attendre les quelques séquences d'action pour que la spatialisation se fasse enfin concrète et que le caisson de basses se réveille. Sans grande surprise, la version originale se révèle plus naturelle et riche que la piste française. Les dialogues manquent de punch et d'intelligibilité sous la percutante balance frontale.


Franck Brissard (Homepopcorn.fr)