13 décembre 2019
En Une Interviews

Interview de Tristan Séguéla pour son film « Docteur ? »

Par Guillaume Méral


J’ai fort pensé à "Collateral" et "A Tombeau Ouvert" en regardant le film, dans cette volonté de trip urbain et nocturne. Etaient-ce des influences auxquelles vous avez pensées ?

Je ne peux pas dire que ce n’étaient pas des influences, vous avez bien vu. Mais, contrairement à ces deux films, "Docteur ?" est d'abord et avant tout avant tout une comédie. Ce n’est pas toujours évident de s’inspirer de films qui ne sont pas des comédies quand on en réalise une. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de revoir "Collateral", "A Tombeau Ouvert" et "After Hours", qui sont des films qui se déroulent dans une ville la nuit, et où les protagonistes sont amenés à rencontrer tout un tas de gens. Après j’ai aussi revu "Un ticket pour deux", "Les Ripoux", beaucoup de films de Francis Veber, "Marche à l’ombre"… Pour voir comment on pouvait faire rire avec un duo.


J’ai beaucoup pensé à ces films dans la façon dont vous faisiez de la ville un personnage à part entière. Est-ce cela vous a imposé une écriture différente d’une comédie « habituelle » ?

Paris est un personnage parce que c’est le seul décor du film et je pense que c’est un Paris qu’on a pas l’habitude voir au cinéma. C’est un Paris vide, parce que Paris la nuit, pas seulement le soir de Noël mais toutes les nuits de l’année, à part peut-être quelques fois l’été avec la fête de la musique, Paris nuit blanche etc, c’est une ville morte. Tous les axes sont dégagés, parce que les gens sont chez eux, il y a pas de circulations et, passé minuit, c’est complètement mort. C’est le silence jusqu’à six heures à part sur quelques grands axes. Je trouve que c’est quelque chose qu’on ne voit pas souvent au cinéma.

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Tristan Séguéla à Arras Film Festival 2019 - Copyright Feelroux Prod


Après ce n’est pas pour ça que je l’ai fait, mais à partir du moment où mon personnage principal est un médecin de nuit et l’autre un livreur à vélo, j’allais évidemment arpenter les rues de Paris la nuit. Étant parisien, je tenais à ce que les quartiers soient respectés. J’adore "La mémoire dans la peau", mais quand on voit les poursuites c’est un peu n’importe quoi. Je tenais à respecter les trajets de voiture. Le Paris qui est montré dans le film, c’est deux-trois arrondissements du Nord de Paris qui sont mes quartiers. Mon Paris à moi.


Comment avez-vous choisi votre duo ?

J’ai commencé par envoyer le scénario à Michel Blanc, dont je suis absolument fan. J’osais à peine envisager qu’il veuille bien faire le film, mais j’ai quand même essayé. Je n’avais rien fait pour me faire particulièrement remarquer de lui mais j’avais deux bons personnages, une comédie donc il n’y avait pas de raisons de ne pas essayer.

Et par chance, il a adoré le scénario, le rôle et s’est tout de suite impliqué. Après il restait une chose pour le persuader d’être de la partie, c’était de trouver son alter ego. Et là il a été génial, parce qu’il a bien voulu que je le fasse jouer avec quelqu’un qu’il ne connaissait pas forcément. Je n’avais pas d’idées sur le personnage de Malek, donc je me suis lancé dans un casting pour trouver la pépite. Je me suis lancé à l’aventure, j’ai vu 150 comédies et Hakim s’est naturellement détaché. C’était une évidence absolue. Il s’est fait connaitre sur Internet et en tant qu’humoriste mais je n’étais pas familier de son travail. J’ai vu son essai, j’ai été voir son spectacle sur scène et j’ai été définitivement conquis.

LA CRITIQUE DU FILM "DOCTEUR ?"



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