13 décembre 2019
En Une Interviews

Rencontre avec l’équipe du film Sol de Jézabel Marques

Interview de Jezabel Marques, Chantal Lauby et Camille Chamoux

Pour
SOL

Par Guillaume Méral


Le film repose beaucoup sur l’alchimie entre les deux actrices, au point que l’on a presque l’impression que c’est une relation mère-fille qui se joue à l’écran. Aviez-vous déjà votre duo en tête lors de la préparation, et comment s’est passé le tournage ?


Jézabel Marques: Au moment de la préparation oui, au moment de l’écriture c’est une autre histoire. Mais très vite c’est devenu une évidence. On n’est pas sur une grosse comédie, et moi j’avais très envie de travailler avec des comédiennes qui viennent justement de la comédie pour aller avec elle ailleurs. Et c’est ce qu’il s’est passé. Il y a eu effectivement une chimie entre les deux assez incroyable. J’ai eu de la chance, elles auraient pu ne pas s’entendre, ce qui aurait pu porter le film et mettre du vrai dans les scènes de conflit. Mais ça c’est très bien passé.

Camille Chamoux : Il faut être une psychopathe pour ne pas pas s’entendre avec Chantal Lauby ! Moi je ne connais que des gens qui ont été heureux de l’avoir pour partenaire donc je suis arrivée très tranquille, et effectivement je n’ai pas été déçu. On a beaucoup tourné en studio, donc on était dans un cocon de bienveillance et de sympathie, et le film raconte un truc de vivre-ensemble et d’échange sur des gens qui apprennent à s’apprivoiser. Et pour raconter cette histoire -à, on était sous le regard le plus juste et le plus bienveillant possible.

Il y avait un petit enfant avec nous comme vous l’avez-vous, qui était absolument charmant. Insupportable aussi, comme tous les enfants, mais vraiment délicieux. Donc voilà, quand il y a un enfant vous êtes obligés d’être… zen. Je pense qu’il y a beaucoup de vérités et de sincérité qui circule.

Chantal Lauby : Moi j’étais très heureuse de rencontrer Camille. Je n’avais jamais joué avec elle, c’était la première fois. Au départ effectivement nos personnages ne peuvent pas s’’encadrer, elles sont opposées. Petit-à-petit elles apprennent à s’apprivoiser…Ca ressemblait un peu à notre vie… On a appris à se connaitre.

Jézabel Marques : C’est vrai que les relations belle-mère/belle-fille, ce n’est jamais facile. Mais c’était important de montrer que ces deux femmes qui aiment le même homme et le même petit garçon devaient aller dans le même sens pour son bien. C’est ce qui s’est passé.

SOL : Photo Camille Chamoux, Chantal Lauby
Chantal Lauby et Camille Chamoux. Copyright StudioCanal.


Le film est léger, mais j’ai eu l’impression que vous utilisiez cette légèreté pour parler de quelque chose de très grave derrière qui est le deuil. Comme si vous utilisiez la légèreté de la comédie pour parler du deuil inachevé de ces deux femmes qui apprennent ensemble à tourner la page. Ça a toujours été présent dans votre esprit ?


Jézabel Marques : C’est exactement ça, ça a toujours été une histoire de deuil. Même si je suis quelqu’un qui travaille avec pas mal de pudeur, en tous cas j’essaye, aborder le sujet à travers la comédie c’était une façon un peu plus douce de l’aborder. Donc oui c’est vraiment une histoire de réparation entre ces deux femmes esseulées qui vont devoir faire ensemble le deuil du même homme pour laisser grandir un enfant qu’elles ont en commun.

Chantal Lauby : C’est une histoire de culpabilité aussi, parce que j’imagine le personnage de Sol a une grosse culpabilité en elle. Elle s’est fâchée avec son fils, à un moment il est parti et voilà… Comment elle fait pour récupérer les choses, pour rattraper le temps. Il y a tout ça en plus à mettre dedans, cette culpabilité qui doit la ronger quelque part. Et puis il y a cette rencontre avec son petit fils, cette belle-fille… Ce sont des beaux moments.

Vous filmez aussi ces deux solitudes, cette nostalgie qui est aussi représenté par le tango et la musique. Quelle a été son importance ?

Jézabel Marques : La musique a été très importante, et c’est un peu de là que c’est parti. Le titre qui revient tout le long du film, du début à la fin, pour raconter quelque chose de personnel c’était une chanson que me chantait ma grand-mère. Je suis parti de cette chanson pour découvrir l’univers du tango que je connaissais pas du tout et ça m’a tout de suite frappé, la force et la douceur qu’il y a. Et je pense que la relation du personnage de Sol avec sa culpabilité, c’est aussi un tango, c’est un aller-retour constant. Donc la musique le portait vraiment, pour amener de la douceur à tout ça.

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