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Arras Film Festival 2018 : Pupille de Jeanne Henry

Le Festival d'Arras touche bientôt à sa fin ! Pour ce jour avant le week-end final, on a assisté à trois séances singulières. "Pupille", nouveau film de Jeanne Herry ; un film de guerre très dispensable et Mads Mikkelsen dans la neige.

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Pupille de Jeanne Henry

L'émotion forte ? Elle aura été offerte par la réalisatrice Jeanne Herry et son tout jeune héros, Théo. "Pupille" raconte la naissance d'un enfant non-désiré auquel les services sociaux vont se préoccuper avant la phase d'adoption. Le film commence soudainement : une assistante sociale jouée par Miou-Miou annonce à une Élodie Bouchez déboussolée que sa demande d'adoption a été acceptée. L'ensemble du long-métrage racontera ensuite comment cette décision d'acceptation a été prise. "Pupille" décrit une demande d'adoption, factuellement. Pourtant, ce qui semble en apparence être une nouvelle simple à assimiler se révèle au final d'une grande complexité. Et c'est cela qui rend "Pupille" si passionnant à suivre. Accompagné d'un casting All-Stars (Élodie Bouchez, Sandrine Kiberlain et Gilles Lellouche forment le trio principal mais il ne faudrait pas oublier des seconds rôles comme Olivia Côte ou Stefie Celma, par exemple), Jeanne Herry montre ce processus en prenant le temps de s'intéresser à chacun de ses acteurs. Son ton si clinique et à la fois choral rappelle la claque émotionnelle qu'était "Réparer les vivants" de Katell Quillévéré.

Le second ascenseur émotionnel fût au moment de passer à la caisse du Cinémovida. L'impatience de voir "Amanda", nouveau film de Mikhaël Hers traitant cette fois-ci de la France post-13 novembre avec Vincent Lacoste, était la. Toutefois, l'engouement vis-à-vis du film a joué et la déception fut grande lorsque fût annoncé que la salle était complète. Ce sera une prochaine fois alors !

À la place a été découvert par votre serviteur le désespérant "The Living And The Dead", sorti en 2007. Issu de la sélection sur les conflits des Balkans au cinéma, cet objet infâme suscite l'incompréhension quant à sa sélection. On suit deux générations de soldats : l'une dans les années 40; l'autre en 1993. On a compris le message sur l'éternelle guerre qui se poursuit au fil des décennies ! Pas la peine d'en remettre une couche avec des apparitions fantomatiques hideuses. On s'ennuie ferme devant cette production donnant l'impression d'être réalisé par des étudiants. Inutile d'en dire plus...

L'autre ennui du jour nous est offert par Mads Mikkelsen avec "Arctic", réalisé par le youtubeur Joe Penna. Encore une fois l'histoire d'un homme seul perdu dans un environnement hostile, le tout appliqué par un énième traitement minimaliste. Ce premier film ne parvient jamais à surprendre. Il abuse même de jumpscares pour réveiller l'audience de sa torpeur. Il est en pilotage automatique vers le genre de survival et amène chaque élément de narration de manière si robotique qu'on est jamais pris dans l'action. Un film aussi glacial que son environnement.

Ce que l'on retiendra de cette journée est la bienveillance chaleureuse de "Pupille", excellent dans l'émotion, parfait rempart contre la froideur de l'hiver et d'un film tel Arctic"...


Victor Van De Kadsye

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