25 juillet 2021
Festivals

Arras Film Festival 2016 : Du rire et des larmes

Par Guillaume Méral

« Moteur… Action !». Clap de début imminent pour la 17ème édition de l'Arras film festival, alors que les derniers préparatifs battent le plein pour faire en sorte que cette année démarre sous les meilleurs auspices.

Au regard du film d'ouverture sélectionné par Eric Miot et Nadia Paschetto, on peut avancer sans trop se tromper que la machine s'apprête à se lancer sur des rails de velours. Difficile en effet de concevoir que "Demain, tout commence" ne récolte pas les suffrages du public, tant le deuxième film d'Hugo Gélin réunit tous les critères pour installer le sourire sous les visages et faire pleurer dans les chaumières. Jugez-plutôt : un immature chronique qui jouit pleinement de son irresponsabilité (Omar Sy, aka l'acteur préféré des français) voit sa vie complètement chamboulée le jour où une conquête d'un soir le plante avec une fille dont il serait le père sur les bras. Après avoir pourchassé la mère indigne jusque Londres, le papa improvisé recommence sa vie dans la ville du Big Ben, en essayant de se montrer à la hauteur d'une situation à laquelle il n'était nullement préparé…


Vous l'aurez compris, "Demain tout commence" présente sur le papier le visage du film produit pour étaler ses bons sentiments en prime time un dimanche soir et entériner la popularité de sa vedette à moindres frais. On saura ainsi rendre gré à Hugo Gélin de ne pas choisir la voie de la facilité en accouchant d'un récit qui s'efforce de déjouer les attentes du spectateur en permanence, sans jamais prendre son empathie en otage ni se contenter du minimum de cinéma syndical généralement à l'œuvre dans les productions françaises.

Le film aurait même réussi à gagner sur tous les tableaux s'il ne se laissait pas régulièrement déborder par sa boulimie. Beaucoup trop dense pour son propre bien, "Demain tout commence" finit par noyer quelque peu son fil rouge (la relation de cet homme avec sa fille) dans une profusion d'intrigues dont les développements respectifs auraient pu faire la matière d'un film entier. D'autant plus dommage que le twist final, en plus de repasser ce qui a précédé sous une perspective totalement différente sans sacrifier à la cohérence de l'ensemble, révèle toute la délicatesse d'une œuvre soucieuse d'affronter la gravité de son sujet sans céder à la pression du terrorisme lacrymal.

Reste qu'en dépit de son caractère fondamentalement bancal, le résultat mérite d'être salué à l'aune d'une ambition et d'une envie de cinéma qui s'efforce systématiquement de sortir du carcan dans lequel le tout aurait pu s'enfermer. Nul doute en l'état, que "Demain tout commence" devrait trouver sans peine les faveurs du public.

En attendant de vérifier si la suite de cet Arras Film Festival sera du même acabit, Le Quotidien du Cinéma lui, fait retentir le clap de fin sur sa première journée.

A demain, au cœur de l'action de cette 17ème édition de l'Arras Film Festival.

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