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Arras Film Festival 2018 : Le retour de Vidcoq

Festival d'Arras – Jour 2 : Le retour de Vidocq
et le bouleversant "Un amour impossible".


Le festival d'Arras avait démarré en douceur avec la tendresse de Jean-Paul Rouve. Cette deuxième journée a décidé de nous bruquer avec deux chocs, l'ambitieux (mais inégal) "Empereur de Paris" puis le bouleversant mélodrame de Catherine Corsini, "Un amour Impossible".


Ce film, d'ailleurs, se trouve dans la continuité des deux films vus la veille puisque chroniquant aussi une histoire familiale. Adapté librement du roman autobiographique de Christine Angot, le film relate son histoire ainsi que celle de ses parents. Le mot "choc" a été évoqué puisque compte tenu des événements vécus, il est impressionnant de voir comment Corsini montre des faits touts simplement horribles avec des personnages pourtant complexes. Et c'est en cela que le film fait fort. En restant dans la simplicité, il réussit à nous briser le coeur. Non seulement grâce à une mise-en-scène classieuse, mais en partie grâce à ses comédiens époustouflants. Niels Schneider est toujours excellent pour jouer les salauds. Cependant, Virginie Efira prouve encore une fois plusieurs facettes de son talent. Elle est magnifique dans ce rôle d'une femme écrasée par les événements et les émotions. En salles dès le 07 Novembre, c'est à ne manquer sous aucun prétexte.


L'autre temps-fort de cette journée était la venue du réalisateur Jean-François Richet et du comédien Vincent Cassel pour le retour du héros Artois, Vidocq. Un événement aussi ambitieux que cette grosse production Gaumont, allant jusqu'à une inauguration d'une rue au nom du personnage mythique. Le mythe qui semble intéresser Richet dans sa reconstruction. Ici, son Vidocq est un anti-héros total. Joué par Vincent Cassel, toujours performant de son spectacle consistant à cabotiner constamment de manière hargneuse, cette légende se voit dès le départ déposséder de son aura. Immédiatement jeté en case prison, sa quête pour la grâce va être parsemée de nombreux coups, blessures et morts.

L'ambition qu'a Richet de raconter cela impressionne, surtout dans sa modernité rappelant un "King Arthur" de Guy Richie en peut-être plus sérieux et sanguinolent. Et c'est cet entre-deux qui coince dans le plaisir du film : Si ce parti-pris de convoquer plusieurs références de genre séduit (on pense notamment à "The Killer" de John Woo à la fin), dommage de voir cette intention délaissée au service d'effets dramatiques trop appuyés pour y croire vraiment. Le jeu cabotin des comédiens et leur énergie lors des scènes épiques ne vont pas avec le ton si sérieux de l'intrigue. Ce qui donne au final un film trop inégal mais qui fait plaisir à voir dans le spectacle qu'il procure. On espère que "L'Empereur de Paris", puisque tel est son titre, fasse tout de même son petit succès au box-office...

Le cinéma français a fait une entrée fracassante au sein du festival. Il serait temps maintenant de voir vers le côté international de la sélection !

Victor Van De Kadsye

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