12 décembre 2019
Festivals

Arras Film Festival 2019 : Le meilleur reste à venir

Le mieux est l’ennemi du bien

Par Amandine Letourmy


Il est loin, le temps du "Prénom" et ses dialogues ciselés. Avec "Le meilleur reste à venir", les deux réalisateurs Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière s’embourbent dans une comédie rébarbative à la limite du simiesque. Le long-métrage était présenté en avant-première à l’Arras Film Festival.

Deux amis, aux antipodes l’un de l’autre. Le premier, Arthur, hyper rigide, archétype du monsieur-tout-le-monde, et l’autre, César, laxiste à l’excès et désinvolte au possible. À la suite d’un quiproquo improbable, les deux hommes se retrouvent chacun persuadés que l’autre a un cancer. Sur le principe d’un cap ou pas cap, le duo tente de rattraper le temps perdu.

De cette intrigue sans queue ni tête, rien n’est réellement à retenir. L’intrigue, cousue de fil blanc, vire rapidement à l’ennui mortel, quand elle n’est pas invraisemblable. Côté mise en scène, les deux cinéastes misent sur une succession de champ-contrechamps saccadés pour apporter du comique, mais le stratagème épuise vite.

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Fabrice Luchini et Patrick Bruel dans le film Le meilleur reste à venir - Distribué par Pathé Distribution

Une comédie qui flirte avec le néant


Dans cette comédie enchaînant poncif sur poncif, les deux acteurs ne résistent pas à la pauvreté des dialogues. Il est bien difficile de dire, au fond, ce qui lie les deux amis, hormis un profond antithétisme. La faute à une direction d’acteurs bringuebalante ? Dans le rôle d’Arthur, Fabrice Luchini, tout en bafouillis, traîne une tête de teckel apeuré pendant tout le film quand Patrick Bruel, dans le rôle de César, se prend les pieds dans ses tirades surjouées et ses grands airs énervés.

Comédie "infantilisante" avec ses gags éculés et ses tentatives d’humour pataudes : « Enfin, on va pas en faire toute une affaire, Dreyfus ! », "Le meilleur reste à venir" souffre surtout d’un manque criant d’écriture et de singularité. Il ne reste plus qu’à suivre le conseil d’Arthur, qui confie à César une réflexion sur une séance de psychanalyse : « au bout d’un mois, j’en savais assez pour ne pas avoir envie d’en savoir plus ». Au bout de quinze minutes de film, on se retrouve à vite penser la même chose.

Sortie prévue le 4 décembre 2019

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