8 décembre 2019
Festivals

CineComedies 2019 : Rencontre avec Olivier Van Hoofstadt


LE 2èME FESTIVAL CINECOMEDIES A LILLE


Du 02 au 06 Octobre 2019

Le site du festival


festival-cine-comedies-lille-2019-1

Alors que les spectateurs ont pu profiter d'une projection en plein air du film "Dikkenek", nous avons eu le plaisir de rencontrer, dans le cadre du festival, le réalisateur et scénariste Olivier Van Hoofstadt.


Ici à Cinecomedies, vous êtes le réalisateur qui représente le cinéma belge comique, que ressentez-vous face à ce constat ?

Olivier Van Hoofstadt : Cela me fait énormément plaisir. J’aurais bien aimé que Rémy Belvaux soit encore là car il aurait toute sa place ici.


Comment l’avez-vous connu ?

On s’est rencontrés tout au début de mon parcours, lorsque je faisais des courts-métrages et il m’a vraiment donné envie de faire du cinéma avec son film « C’est arrivé près de chez vous ». C’est un film qui a ouvert une porte dans le cinéma belge à un moment où les films étaient surtout dans le registre dramatique.

Les producteurs de Pulp Fiction ont été surpris par le parcours de Dikkenek


Comment a débuté votre histoire avec le Cinéma ?

D’abord par des films comme "M. le maudit", "La Planète des Singes", "L’Aventure c’est l’aventure" ou "Le Dîner de Cons" aussi. Ensuite par des courts-métrages puis dans les bouquins, en essayant de comprendre comment Charlie Chaplin faisait rigoler, comment construire un film. Je n’ai pas fait d’école de cinéma alors je me suis nourri des livres que je lisais et des films que je voyais.


Quelles sont vos influences cinématographiques ?

J’aime autant les films de Martin Scorsese que "Rocky" ou "Rambo". J’adore "Le Dîner de Cons", c’est un chef d’œuvre absolu pour moi. Je n’aime pas tellement le cinéma de science-fiction ou du moins je n’aimerais pas m’inscrire dans ce genre-là. J’aime les films de guerres aussi comme "Les Canons de Navarone". Mais, pour moi, un bon film, c’est avant tout des bons comédiens. Je me fous un peu de la partie technique d’ailleurs, je trouve ça chiant par contre je fais les castings moi-même, sans directeur.


Après la comédie "Dikkenek", vous êtes passé au film d’action "Go Fast", pourquoi avoir changé de registre ?

Ce que je faisais en court métrage était ultra violent, alors "Dikkenek", c’était une parenthèse d’humour. Le résultat d’une rencontre avec Olivier Legrain. Lorsque Luc Besson m’a demandé de faire "Go Fast", c’était ce que j’ai toujours fait finalement. Mais c’est plus facile et plus marrant de faire "Dikkenek". Ce n’est pas vraiment amusant à réaliser quand tu diriges Roschdy Zem et que tu dois mettre la caméra à 45 endroits différents. C’est plus gai de filmer François Damiens qui fait l’imbécile dans des abattoirs de Bruxelles.


Que pensez-vous du statut de film culte acquis par "Dikkenek" ?

Des américains (qui ont produit "Pulp Fiction") m’ont confié être surpris par le succès du film bien longtemps après sa sortie. Personnellement, ce qui me fait plaisir c’est que les gens ne s’en lassent pas. Comme "Les Bronzés" ou "La 7ème Compagnie", ce sont des films qui ne se démoderont jamais. Florence Foresti, avec qui je tourne mon prochain film, m’a confié qu’elle l’a revu récemment et elle était encore accroché au film.

Un premier film fait par un électron libre qui n’a pas fait d’école et qui propose un scénario long, c’était pas gagné.


Est-ce qu’un film comme "Dikkenek", avec son humour très trash, a été difficile à produire ?

Ce qui était difficile c’était de trouver deux millions d’euros pour faire le film. Quand on passe d’un moyen métrage à un long métrage, c’est difficile de trouver l’argent. Il faut faire la tournée des producteurs français alors que je ne les connaissais pas, que je n’avais pas fait d’école de cinéma… Je ne connaissais personne en fait. Luc Besson avait vu mes courts métrages à la télé et Marion Cotillard lui avait montré celui que j’avais fait avec elle donc il m’a appelé, un jour, pour me demander si j’avais un projet et je lui ai proposé Dikkenek. Mais s’il n’y avait pas eu Luc pour mettre l’argent sur la table, je ne pense pas que le film aurait vu le jour. C’était trop singulier pour avoir le soutien d’une chaîne de télé par exemple. Un premier film fait par un électron libre qui n’a pas fait d’école et qui propose un scénario long, c’était pas gagné. Je remercierai toujours Luc Besson de m’avoir donné ma chance alors qu’on était au tout début d’EuropaCorp.


Qui aimeriez-vous diriger aujourd’hui ?

Il y en a plein bien sûr mais je dirai Blanche Gardin. Je ne la connais pas du tout mais j’adore son humour. J’aime beaucoup les comédiens eu l’opportunité de rencontrer Valérie Bonneton que j’aime beaucoup aussi. J’apprécie surtout les gens qui crèvent l’écran en étant eux même. Des gens que tu ne connais pas qui se révèlent par une présence à l’écran, en incarnant un rôle.


Que pouvez-vous nous dire sur votre prochaine réalisation intitulée "Lucky" qui sortira en début d’année prochaine ?

On va commencer le montage en novembre pour une sortie prévue le 26 février. Je suis très heureux d’avoir pu tourner avec un tel casting : Florence Foresti, un sobre Michaël Youn et aussi Alban Ivanov entre autres. Ce n’est pas du tout un "Dikkenek 2", c’est une autre comédie mais c’est mon univers et c’est un film qui va plaire énormément aux femmes.

affiche-film-lucky
Propos recueillis à Lille par Jérémy Joly et Christophe Colpaert

ça peut vous interesser

Ne nous fâchons pas : Michalon !

Rédaction

CineComedies 2019 : Rencontre avec Laurent Ventura

Rédaction

2ème Festival CineComedies : Le Bilan

Rédaction