Festivals

Festival du cinéma européen : Ouverture



Nous étions à l'ouverture du festival du cinéma européen

Par Anouck Samyn


Si vous habitez dans la région lilloise, ou ses environs, et que vous êtes un tant soit peu cinéphile, vous ne pouvez pas passer à côté du Festival du Cinéma Européen. Nous vous en avons déjà parlé dans les colonnes du Quotidien du Cinéma, ce festival offre un nombre impressionnant de projection et de soirées autour du court-métrage. 


Hier à eu lieu la cérémonie d'ouverture ainsi qu'une conférence au furet du nord du parrain de cette 31ième édition : Michael Radford. Par quoi commencer ? La très belle soirée à laquelle nous étions convié(e)s ou l'extraordinaire parrain de ce festival ?



La rencontre avec Michael Radford

La conférence du vendredi 11 avril a permis de découvrir un homme de cinéma, véritable citoyen du monde et polyglotte, pour notre plus grand plaisir. Sur le court-métrage, Michael Radford explique avoir vu une véritable évolution du genre ses dernières années. Aujourd'hui, grâce à YouTube, et autres plates-formes d'échanges, le court métrage s'impose et se diversifie. Il apporte une autre esthétique du cinéma, différent et semblable à la fois. Peut-être, l'un des derniers endroits ou le cinéma contemplatif prend le pas sur le commercial ? Voilà, l'une des questions que pose ce parrain, décidément investit par son rôle. Évoquons l'humanité et l'intelligence qui transparaît dans son regard et passons à la suite en mentionnant tout de même que nous sommes tombé(e)s sous le charme…



Du beau monde en ouverture

La suite, c'est la belle cérémonie d'ouverture de ce 31ième festival du cinéma européen. Accueilli par les musiciens du conservatoire de Lille (et un chef d'orchestre qui surprend par son jeune âge et son professionnalisme), le festival s'ouvre, pour la première fois, sur l'international. Un premier court-métrage donne le ton. Récompensé par l'oscar 2013. "Curfew" est l'histoire d'un sauvetage et d'une rencontre, bien écrit bien réalisé, rythmé et beau. Le choix d'ouvrir par ce court métrage s'explique facilement…


D'autres viendront s'ajouter lors de la soirée, entre les musiques du conservatoire et les discours du président, Paul Catuli, et de Michael Radford. Le court québécois, "Petit frère", mettant en scène une amitié fraternelle entre deux jeunes hommes et le Japonais, moins intéressant, sur une femme cherchant à sortir de son quotidien, illustre, je l'espère, la pluralité des 74 courts-métrages de la compétition que nous découvrirons toute cette semaine.


Le final avec "Hôtel Chevalier" de Wes Anderson (réalisateur de "La Vie Aquatique" et de "Grand Budapest Hotel" notamment) montre bien que le court-métrage n'est pas uniquement réservé aux cinéastes en devenir, mais aussi aux grands noms du 7ème art.



Demandez le programme !

Ce festival, géré par une cinquantaine étudiant de l'EDHEC, propose douze séances de courts-métrages, six dans la compétition officielle et six dans la compétition thématique ainsi que des séances spéciales pour les enfants appelées « court de récré ». Chacune de ces séances possèdent un titre annonciateur tel "La guerre est déclarée", "Jeunesse rebelle", "Copain d'abord", "Love in the air" ou "Nouveau regard"...


Ces courts-métrages seront récompensés par différents prix : Grand Prix Officiel, Prix Spécial du Jury, Interprétation féminine, Interprétation masculine, Prix de la réalisation, Grand Prix Thématique, Prix presse, Prix de l'animation, Prix jeunesse et Prix de la meilleure photographie, sans oublier le Prix du public.


Le festival se voulant lieu d'échange avant tout, il propose aussi de nombreuses soirées thématiques. Pour commencer une soirée expérimentale, mêlant arts visuels et musique électro, à la gare Saint-Sauveur ce samedi 11. Dimanche, nous aurons droit à une séance de cinéma à la belle étoile proposée avec le cinéma L'Univers.


Loin de s'arrêter là, les organisateurs convient tous nos sens lors d'un ciné-dégustation mêlant vins et courts-métrages, puis la diffusion du film de Ken Loach, "La Part des Anges". Quelques jours plus tard, ce sont nos oreilles qui seront mises à l'honneur grâce au ciné-concert.


Tous les genres ont leur place lors de cette semaine avec la présentation de "Court, mais Trash" (oserez-vous rester jusqu'au bout ?).


Le festival s'associe au Milano Film Festival pour la projection d'un long-métrage à l'UGC Ciné Cité de Lille ainsi que la présentation de différents courts-métrages et, là encore, la dégustation de vin à La Machine.


Sans oublier les différentes conférences sur des sujets aussi variés que l'art des séries télé, le cinéma d'animation, le focus sur Jacques Tati et les animations du Village, place Richébé (du 10 au 12 avril).


Cette semaine, bien chargée, se concluera vendredi 17 par le concours de scénarios au Palais des Beaux-Arts ainsi que la cérémonie de remise des prix et de clôture à l'UGC Ciné Cité. 





DEUXIEME REGARD SUR LA CEREMONIE


Par Florian Carpentier




Ce vendredi  10 avril se tenait à l'UGC ciné cité de Lille l'ouverture du Festival du cinéma Européen de Lille . Parrainé cette année par Michael Radford, à qui l'on doit notamment "1984", cette « compétition » de courts-métrages fêtait cette année son 31ème anniversaire.


Au programme de cette cérémonie d'ouverture donc, la projection de quelques courts métrages extra européens justement, le mot du parrain, le tout ponctué de quelques intermèdes musicaux par le Conservatoire de Lille, présents sur la scène de la plus grande salle de l'UGC pour le plaisir de nos oreilles. Bien sur, sans surprise, mais avec un plaisir immense, ce sont les bandes originales de quelques films cultes que nous interprétèrent avec brio, la vingtaine de musiciens présents ce soir là. "Jurassic Park" en introduction, puis "Titanic", "Le Parrain", une séquence émotion avec quelques images du Facteur, le tout avec une qualité acoustique plutôt bonne. 


Michael Radford, en toute humilité, dans un français plus que correct, exprima sa joie d'être à Lille, pour un festival qui renoue avec l'idée d'un cinéma comme on les aime, un cinéma pas (trop) corrompu par « la machine à fric » comme il l'appelle. Quelques anecdotes sur ses débuts, son amour pour le cinéma français, l'étonnante relation de sa carrière à l'Italie, etc. On se laisse bercer par l'accent british de ses nombreuses digressions.

Côté courts-métrages, l'irrésistible accent québécois avec "Petit  Frère" de Rémi St-Michel, l'exotisme singapourien de "Oh Lucy" de Atsuko Hirayanagi, le prologue de "The Darjeeling Limited" de Wes Anderson avec "Hôtel Chevalier", et enfin surtout "Curfew" de Shawn Christensen, Oscar 2013 du meilleur court métrage. "Curfew" est un véritable chef d'oeuvre, un concentré d'émotions, une mise en scène sublime, un duo d'acteurs qui crève l'écran, une énorme claque à donner à tous ceux qui pensent que le court-métrage appartient au cinéma de second plan : "Curfew", du long de ses vingt minutes, vaut bien plus que bon nombre de longs-métrages.

Un festival qui s'annonce donc sous les meilleurs auspices, dont on ne peut qu'espérer qu'il sera à l'image de sa cérémonie d'ouverture.