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Le festival International du Premier Film avec Teodora Mihai

Par Sophie Chomel

Propos recueillis lors de la 39ème édition du Festival International du Premier Film à Annonay

En fin de projection de la Civil, Teodora Mihai nous partage dans une courte vidéo des réponses aux questions que se posent généralement les spectateurs.

Elle nous a tout d’abord partagé sa volonté de réaliser un projet dans le nord du Mexique, elle a été marquée par le pays, non pas par des souvenirs ancrés en elle, mais surtout par une investigation et une recherche dont on lui à proposé. Au début, c’est l’idée de faire une investigation sur l’enfance et l’adolescence d’un individu abattu devant sa maison l’année dernière. En 2015, elle a rencontré la mère de l’enfant et la première chose qu’elle lui est dite c’est « à chaque fois que je me réveille, je veux tuer ou mourir. ». Teodora dit « quand vous entendez cela ça vous marque et spécialement quand ce quelqu’un répond à un profil très pacifique, une maman/femme au foyer, correspondant à un profil en réalité très contrastée ».

« Pourquoi la Civil est une fiction et non un documentaire ? ». Selon elle, son projet de départ s’échelonnait autour du documentaire et elle voulait poursuivre dans cette direction. Elle a étudié la fiction, mais pendant l’investigation, elle s’est dit qu’il serait plus intéressant de faire un documentaire de la région du Mexique. Lorsqu’elle a rencontré la femme, elle lui a demandé si elle pouvait la suivre dans son combat, et l’équipe de 4 personnes à commencer à filmer son quotidien pendant une durée de deux semaines.

Pour que le documentaire soit réalisé dans de bonnes conditions, pour la sécurité de l’équipe, évitant ainsi la censure, l’équipe a quitté les lieux. En effet, le combat contre les autorités était difficile et la caméra était recentrée sur ce que l’on voulait qu’elle filme et non selon les désirs de la réalisatrice. Elle était frustrée et s’est rendu compte que la fiction et donc la réalisation d’un film lui permettrait de raconter ce qu’elle voulait et surtout de filmer ce dont elle avait envie.

« Dans quelle région s’est déroulé le tournage ? Y’a-t-il eu un problème avec les autorités sur place ? ». Avant tout Téodora nous partage quelques mots « Le documentaire a été commencé dans une région, mais il n’a pas été achevé, car ce n’était pas possible, donc entre autres nous avons réalisé une fiction écrite sur le témoignage de la mère en question et l’investigation ». Une recherche a donc été réalisée dans le but de trouver une région stable ou il était possible de tourner, c’est-à-dire dans le nord du Mexique et non pas à la frontière des USA.
Durango a donc été choisi pour le tournage, une région où l’on peut retrouver beaucoup de films et de cinéma ainsi que des traditions. L’équipe s’est assez vite sentie en sécurité.

« Que pouvez-vous nous dire sur la fin ouverte ? » Le plus difficile dans ce film commence dès le montage, car ils ne savaient à quel moment l’arrêter. Pour les différentes fins envisagées, dans la version écrite, Madame Cielo est abattue, mais cette possibilité faisait peur à Téodora puisque la femme qui inspire le film a réellement été abattue et ce n’était pas envisageable. La fin de la Civil répond au procédé cinématographique d’ouverture. Beaucoup y voyaient une fin positive, d’autres comme tragique, qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, personne n’a raison, personne n’a tort.

Par fin positive Teodora expliqué, qu’il y a possibilité que la fille de Madame Cielo revienne, c’est d’ailleurs elle qui qualifie cette fin comme exceptionnelle, puisque le féminicide au Mexique compose une grande majeure partie de l’histoire. La réalisatrice a déjà entendu des témoignages comme quoi des familles organisent des enterrements de leurs enfants, et l’enfant en question revient quelque temps après. Il y aussi la fin poétique ou quelqu’un vient la tuer, et elle attend sa mort avec un sourire, car elle accepte de mourir puisqu’elle n’a plus de quoi vivre. Cielo par son désir de voir sa fille la matérialise et l’imagine. La réalisatrice préfère une fin positive, quitte à couper à ce moment, elle aime la fin de son film.

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