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Les Magnétiques présenté à Annonay

Par Sophie Chomel

Propos recueillis lors de la 39ème édition du Festival International du Premier Film à Annonay

"Les Magnétiques" a été projeté le samedi 5 février dernier au Théâtre des Cordeliers à Annonay. C’est avec grand plaisir que je suis allée découvrir ce film français (nommé aux César dans plusieurs catégories), signé Vincent Cordona.

Lors de cette séance, j’ai eu l’occasion de découvrir en premier lieu le court-métrage "A point", réalisé par Aurélie Marpaux (Grand Prix du Jury d'HLM sur Court de 2021). Quel plaisir de découvrir de courtes œuvres qualitatives telle que celle-ci. Elle raconte l’histoire de la jeune Anna, 18 ans, impuissante à l’idée de quitter sa ville natale de Bourg-en-Bresse, lorsque des opportunités professionnelles s’offrent à elle. Au casting nous pouvons y retrouver, Zoé Héran (connue pour son rôle de Laure dans "Tomboy", en 2011) et Carole Richert (de la série "Clem", créée par Emmanuelle Rey Magnan et Pascal Fontanille).

L’un des comédiens présents, Iliès Kadri (le film "La Vallée", réalisé par Jean-Stéphane Bron), nous dévoile alors quelques anecdotes. A la question,  « comment êtes-vous devenu comédien ? », le jeune acteur répond : « C’est assez drôle. J’ai eu mon baccalauréat à 17ans. Ensuite, je suis parti à l’armée. Pendant mon service j’ai eu envie de faire de la comédie. 5 ans après, c’est-à-dire en 2021, j’ai dû faire un choix entre l’armée et la comédie. Aussi, si je suis devant vous ce soir je pense que vous avez deviné ». Puis, il nous a présenté le prochain film qu’il partagera aux côtés de Jean-Charles Clichet (les séries "Ovnis" et "Une belle histoire"). Ce sera "Viens je t'emmène", d'Alain Guiraudie, avec Noémie Lvovsky.

En deuxième partie de soirée, "Les Magnétiques" fut projeté. Ce long-métrage nous emporte avec son héros dans une quête d’identité, de découverte de soi. Tout repose sur le son, des bandes magnétiques, offrant alors un univers des années 80. Le tout doté d’une richesse visuelle. Les acteurs, par leur implication, proposent un jeu riche et généreux qui sert le propos développé.

Deux d'entre eux, Marie Colombe (qui interprète Marianne) et Antoine Pelletier (qui joue Edouard) ont terminés la soirée par un échange avec le public. Selon eux, l’équipe du film auraient ensemble visionné des documentaires afin de mieux comprendre le contexte des années 80. Notamment les habits et les musiques qui ne sont pas vraiment issus de leur génération. Marie précisant : « il y a un énorme travail pour le costume, et la décoration. Même pour la parole. Car on n’utilisait pas les mêmes mots que maintenant. Il y a peu d’improvisation. Plutôt des tics de langage contemporain qu’on devait éviter. C’était un problème pour moi. Mais c’est un plaisir de jouer des jeunes qui vivent des émotions à une tout autre époque. »

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Marie Colomb - Copyright Paname Distribution
L’organisateur du festival, Gaël Labandi, enchaine avec une nouvelle question : « Ce côté intemporel, cette période pré-électorale, cette aspiration et désillusion, cet ennui éprouvé dans une vie provinciale, ce quotidien morne et loin de paris, vous l’avez vécue ? ». Marie répond : « Oui, moi-même j’ai vécu en campagne et on ne sait pas vraiment quoi faire. ». Antoine nous parle du lieu du tournage. Le Loiret, qui est un département ayant conservé son côté année 80. « Le décor n’est pas si différent hors caméra. On ne pense pas à l’époque en jouant. Les maisons sont toujours là après notre passage ».

Une question du public, posée par un « jeune comédien en herbe », arrive alors : « En visionnant le film, j’ai ressenti une grande générosité de la part du jeu des acteurs. Comment faites-vous pour endosser vos personnages ? ». Antoine répond : « L’amour pour l’époque et le ciné de cette époque. C’est un plaisir de se projeter dans une époque qui nous fascine. Pour le jeu, c’est assez simple de jouer la comédie. C’est un jeu inconscient, et un plaisir de jouer. ». Pour Marie c’est autre chose : « des heures de casting. Un travail avec un coach sur les scénarios, de la lecture, etc… ».

Marie nous parle du personnage de Marianne : « Ce n’est pas un personnage de femme-objet. C’est ce que j’ai particulièrement apprécié en lisant le script. Ce n’est pas une séductrice. C’est une femme qui a des désirs pour deux frères. C’est comme ça ». Une question sur la scène de nudité est posée. Marie répond à notre grande surprise que ça a été l’une des scènes les plus faciles et rapide à jouer : « l’histoire d’une ou deux prises seulement ».

Et une question directe en lien avec le titre du film lancé par le comédien Iliès Kadri « pourquoi le film s’appelle-t-il "Les Magnétiques" ? », les deux acteurs répondent ensemble de façon complète : « Le réalisateur avait plusieurs idées. Il a changé plusieurs fois le titre. Mais il a fini par choisir "Les Magnétiques"  Ce sont des personnages magnétisés que l’on peut retrouver à l’écran. Il y a aussi l’idée des bandes sonores. Le titre aurait pu être "P4", "Cassette" ou encore "Bandes Magnétiques" ».

L’acteur principal, Thimotée Robart ("Vif-Argent", réalisé par Stéphane Batut, en 2019), invité du festival, n’aura malheureusement pas pu se joindre à ses deux amis comédiens. Une courte vidéo d’excuse fut donc diffusée. Maintenant, nous attendons patiemment des nouvelles du long-métrage, "Viens je t’emmène", » en salle le 2 mars. Tout comme pour "Les Magnétiques" qui est sélectionné pour la prochaine cérémonie des César, le 25 février prochain.

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