20 octobre 2019
Festivals

Séries Mania 2019 : Lambs of God

Lambs of God : Trop d’originalité tue l’originalité

AVEC : Ann Dowd, Essie Davis, Jessica Barden

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Annoncée comme une pépite venue d’ailleurs dans la Compétition Officielle du Festival Séries Mania, "Lambs of God" vient poser une marque plus que tranchante dans le paysage des productions.


En 1999, trois sœurs catholiques appartenant à un ordre religieux déchu vivent recluses et coupées du monde sur une presqu’île australienne. Lorsqu’un jeune prête envoyé en mission par l’Eglise arrive pour vendre le domaine des nonnes, celles-ci vont remettre leur foi en cause.

Avec ce prêtre, c’est aussi la modernité et les nouvelles technologies qui s’immiscent. Equipée d’un téléphone, d’une voiture, de cartes et de cassettes radios, cet homme va représenter la proposition d’une mise à niveau pour la religion traditionnelle.

Postulant sur une originalité poussée au-delà du possible et un scénario plus que farfelu, la série va avoir tendance à justement trop vouloir en faire et se perdre dans de courtes scènes s’enchainant difficilement.

Le prêtre, habitué à la richesse du continent, se moque volontiers des coutumes datées des trois religieuses et apporte une touche d’humour. Malheureusement, ces sketchs détonnent beaucoup trop avec un milieu aseptisé et oppressant.

Ces deux ambiances diamétralement opposées ne s’accordent jamais et cassent le rythme de la narration, déjà peu présente. En effet, puisque les créateurs de la série ont voulu faire le pari du décalage et de l’originalité, ils oublient de poser des bases scénaristiques solides.

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La série Lambs of God - Séries Mania 2019


Pour une série de seulement 4 épisodes, les personnages et leurs origines ne sont développés que trop tard pour accrocher le spectateur.

De plus, la série n’aborde les questions qui pourraient faire avancer l’intrigue qu’à la surface et ne va jamais creuser un thème en particulier. D’où vient l’ordre des religieuses ? Pourquoi vivent-elles en autarcie ? Pourquoi ce prêtre en particulier ?

Trop de questions sont laissées en suspens au profit de courtes scènes comiques mais lisses. En outre, la rencontre entre, d’un côté, la société moderne et de l’autre la religion archaïque est un motif déjà vu, cliché et moins bien traité que dans d’autres productions.

En revanche, les moyens techniques et artistiques sont bien utilisés. Que ce soit la lumière, la bande originale, le sound-design, les costumes ou les décors, tout fonctionne de concert pour recréer un environnement qui colle à la série. On voit que les producteurs ont voulu soigner l’image.

En somme, on peut louer les efforts des créateurs de "Lambs of God" pour avoir tenté d’apporter quelque chose de neuf dans l’univers des minis-séries, mais cela ne prend pas.

Trop barrée pour avoir du sens et pas assez développée pour accrocher, seules les performances des acteurs et la beauté des plans peuvent faire tenir devant cette lourdeur générale.

Auteur : Barthélémy Cabusel

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