19 janvier 2022
Festivals

Sonno Profondo : Profondo Giallo !

Par Gabriel Carton 

SONNO PROFONDO malgré son titre n'est pas un film italien mais argentin, pourtant l'œuvre de Luciano Onetti est indubitablement un hommage appuyé au genre. Certes l'exercice de style justifie mal un scénario à tiroir et la prétention sensible de l'ensemble empêche d'apprécier pleinement cette mise en image sincère et visuellement très travaillée de l'univers onirique, érotique et sanglant du giallo. C'est que le réalisateur nous en inflige ad lib des plans sur des mains gantées de cuir, des lames scintillantes etc.

Mais l'ensemble, handicapé peut-être par un budget dérisoire et une équipe trop réduite (Onetti assure à lui seul la réalisation, le scénario et la musique de SONNO PROFONDO ), acquiert un caractère touchant par son jusqu'au-boutisme, la facticité affichée de ses trucages et reste une expérience intrigante, que beaucoup de spectateurs excédés ont choisi de ne pas vivre, ayant quitté la salle au bout de quelques minutes, en riant ou en maugréant face à cette farce stylistique.



Autre fulgurance giallesque autrement plus frappante, L'ETRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS d'Hélène Cattet et Bruno Forzani, le duo auquel on doit déjà le fascinant AMER, enflamme de passion rouge sang les yeux et les oreilles.

Somptueux, envoutant, époustouflant, les adjectifs manquent pour donner une idée du travail effectué. Couleurs, lumières, cadrages, effets sonores invitent le spectateur à se perdre dans un dédale de voluptueuse paranoïa, dont il ressort abasourdi. Les corps s'attirent, les courbes se frôlent, les épidermes se déchirent, l'œil affamé cherche fébrilement le détail, avale toutes les couleurs du vice, encaisse les échardes de l'éblouissement baroque avec délectation, l'oreille déboussolée se gorge de sonorités stridentes et de mélodies sourdes, Le grandiose se fait trivial, le grotesque se fait sublime et l'extase est atteint !

Si l'on doit un coup de maître aux deux réalisateurs, c'est bien L'ETRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS.


A propos du festival de Gérardmer

À partir de 1994, le festival du film fantastique de de Gérardmer reprend le flambeau de feu le festival international du film fantastique d'Avoriaz. Appelé "Fantastica" jusqu'en 1996, il prend par la suite le nom de "Fantastic'Arts", mettant ainsi l'accent sur son ouverture à d'autres formes artistiques que le cinéma. Y sont, en effet, organisés des concours de dessins et de nouvelles fantastiques et institués des prix pour les décorations de vitrines. À partir de l'édition 2009, le festival reprend le nom usuel de "Festival du film fantastique de Gérardmer" ou simplement de "Festival de Gérardmer".

Chaque année quelques personnalités sont présentes pour constituer en partie le jury, mais aussi pour présenter leurs œuvres, comme Bernard Werber, qui vient chaque année au salon "littérature" situé au centre-ville sur la Place du Tilleul.

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