17 juillet 2019
Focus

Green Book vu par des lycéens

GREEN BOOK

L'avis des lycéens

Le 23 janvier dernier sortait sur les écrans "Green Book", réalisé par Peter Farrelly. Porté par un superbe duo formé de Viggo Mortensen et de Mahershala Ali, et vu par un million de spectateurs en France, "Green Book" s'est vu récompensé de 5 nomination aux Oscar qui délivreront leur verdict ce week-end.

En attendant, la rédaction du Quotidien du Cinéma vous propose de multiples avis concernant "Green Book", critiques proposées par de jeunes lycéens de la métropole lilloise dont nous vous laissons maintenant le loisir et le plaisir de découvrir leurs écrits respectifs :


"Green Book" est immanquable et très surprenant

Primé aux Golden Globes, ce film a tout d’une œuvre complète : historique, touchante, comique. Elle illustre la ségrégation à travers une amitié improbable pour l’époque ; celle entre un chauffeur de taxi blanc, surnommé Tony Lip, et un musicien noir, Don Shirley. Ce dernier décide d’entamer une tournée risquée dans les États du sud des États-Unis encore marqués par un fort racisme aux côtés de son chauffeur pour assurer ses arrières. Leur amitié est la clef de l’histoire.

Le jeu des acteurs, par ailleurs de grande qualité, est très subtil. Ce duo de comédiens mise tout sur l’humour et c’est une totale réussite ! Le comique, ayant une place omniprésente, donne un caractère poignant à des scènes dénonçant le racisme. Les deux protagonistes font ainsi oublier les préjugés.

"Green Book" est immanquable et très surprenant, étant donné que Peter Farrelly nous avait habitué à des comédies aux sujets bien plus cocasses.

Charline Pauc


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"Green Book" s’amuse à renverser les clichés prônés par les sudistes

"Green Book" est un film réalisé par Peter Farelly qui raconte l’histoire de Don Shirley, un pianiste afro-américain, qui décide de faire une tournée dans le sud des Etats-Unis avec un chauffeur italien ayant immigré aux USA.

Dans une ambiance de road-movie typiquement américain, "Green Book" s’amuse à renverser les clichés prônés par les sudistes et nous amène à aimer deux personnages que pourtant tout oppose. En cela, il est surtout une invitation à découvrir véritablement l’autre, surtout dans un contexte de désinformation massive.

Tony Lip représente alors superbement bien l’américain moyen raciste, xénophobe (il n’hésite pas à jeter des verres simplement car des noirs ont bu dedans). Et qui découvre que ce qu’il pensait être la vérité concernant ces minorités n’est que mensonges.

De plus, ce personnage ajoute quelques pointes d’humour dans un film à l’ambiance générale anxiogène et oppressante : entre les arrestations de Don Shirley (sans aucun motif valable), le confort inexistant des hôtels dans lesquels les noirs sont autorisés à dormir, etc., voir Tony se goinfrer de tout type de nourriture ou bien le voir écrire des lettres maladroites à sa femme se marie étrangement bien au contexte dramatique et nous laisse, une fois la projection terminée, avec un grand sourire d’espoir.

Antoine Bougeant


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Ce film nous donne donc une leçon sur l'acceptation des différences de chacun


"Green Book", réalisé par Peter Farrelly en 2018, nous plonge dans l’ambiance des années 1960, entre pauvreté et richesse, entre modernisation et racisme. Lorsque Tony Lip, un blanc peu cultivé et ancré dans le racisme, entre au service en tant que chauffeur de Don Shirley, un pianiste virtuose noir et érudit, c'est sans surprise que des étincelles jaillissent de cette rencontre.

Ce sont deux mondes, deux cultures, deux milieux différents qui se confrontent sans aucune compréhension de l'autre. Cette incompréhension touche particulièrement Tony. Ce dernier ne parvient pas à comprendre les motivations de la tournée de Don Shirley dans les états du sud, invariablement racistes.

Toutes les manières de l'artiste, sa rigueur, sa froideur malgré sa richesse échappe à Tony qui le juge d'un drôle d’œil : comment peut-il paraître si antipathique ? Cependant, malgré ces différences le voyage va leur permettre de mieux connaître l'autre et, plus important, à accepter l'autre jusqu'au moment où Don s'effondre devant Tony Lip, lui ouvre son coeur en partageant sa solitude.

Cette scène représente l'apogée du chemin que tous deux parcouraient vers l'autre : Don Shirley offre enfin sa clé à Tony pour qu’il puisse le comprendre réellement. Ce film nous donne donc une réelle leçon sur l'acceptation des différences de chacun, sur les mauvais jugements, souvent mis à mal par la vérité.

Outre cette leçon de vie, "Green Book" traite d'une manière tout à fait particulière le racisme aux Etats-Unis. En effet, le noir ne travaille plus dans des champs de coton mais dans des salles dorées et tapissées; le blanc n'est pas le maître absolu, mais le chauffeur bon-vivant et simple d'esprit. Toute l’absurdité des préjugés est exacerbée.

Pourquoi le génie Don Shirley, que toute les bonnes familles américaines adorent, n'a pas le droit de dîner dans la même salle que ses propres spectateurs ? Comment peut-on dénigrer la nature d'un homme respecté et protégé par le président lui-même ? De quel droit interdit-on à un virtuose de jouer du classique, la musique qu'il aime ?

Tout cela n'a guère de sens et c'est exactement ce que Peter Farrelly souhaitait mettre en scène avec gravité et humour à la fois.

Solange d'Alençon

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La façon de traiter le sujet a rendu possible l’appréciation du film par tous

"Green Book" installe son histoire dans le contexte historique bien particulier de la ségrégation exercée aux Etats-Unis, ici en 1962. Nous sommes directement plongés dans une histoire peu commune, avec deux personnages diamétralement opposés.

Le Docteur Shirley est un personnage de couleur, docteur en musique et psychologie, et un génie du piano. L’autre personnage principal est Tony Vallelonga, ou Lip, qui est à l’origine un videur d’origine italienne, vivant dans une culture raciste et ségrégationniste. Pourtant, Tony va jouer le rôle de chauffeur pour le Dr Shirley, étant donc son employé lors d’une tournée dans le Sud des Etats-Unis, partie du pays dans laquelle le racisme est beaucoup plus marqué.

Le sujet traité est un sujet tiré d’une histoire vraie, cela ajoute un caractère véritable et d’autant plus qualitatif à l’histoire ; à travers l’humour et la légèreté, illustrés par l’utilisation de clichés qui provoquent le rire, avec le classique du poulet frit « comment ça tu n’en as jamais mangé ? C’est ce que vous mangez pourtant ! » ; on arrive à comprendre la morale qui est présente derrière avec deux personnages qui changent chacun d’opinion et d’attitude envers l’autre tout au long de l’histoire.

Le Dr Shirley a besoin d’assistance et doit être placé dans des hôtels spéciaux qui acceptent les personnes de couleur, pour être sûr de ne pas être maltraité. En effet, il est en constant danger et se fait arrêter sans raison ou encore attacher. Il s’avère qu’il se fait même rejeter par des personnes de couleur ; il n’aurait pas d’ascendant culturel « pas assez noir, pas assez blanc ».

Pour autant, il persévère et a une véritable volonté de continuer. Il veut « changer le cœur des gens ». L’amitié grandissante entre les deux protagonistes est pour moi un symbole de ce changement dans le cœur des gens, avec des scènes touchantes qui desservent la morale du film. En quelques semaines, les différences s’effacent par l’action de la musique et de l’humour apporté.

La bande originale du film est également très agréable, surtout les séquences de jeu au piano. (en apprenant par avance le synopsis, on ne s’attend pas à quelque chose qui puisse plaire en masse à des personnes de notre âges on peut s’attendre à quelque chose de bien plus brute. Au contraire, la façon de traiter le sujet a rendu possible une positive appréciation du film par toutes et tous.)

Vincent Paugois

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Green Book met en lumière le pianiste de génie Don Shirley

En plus d’offrir un voyage agréable et brillamment joué, "Green Book" met en lumière le pianiste de génie Don Shirley (décédé en avril 2013). Cependant, la musique du film présente une qualité bien trop inégale.

Tout d’abord, elle souffre de ce que j’appelle « le syndrome de la playlist Spotify », qui contamine de plus en plus le cinéma américain, et pas que… La moitié de la bande originale se compose, en effet, de musiques populaires déjà existantes, venant ainsi briser l’unité sonore du long-métrage. Néanmoins, il faut bien admettre ici que cette diversité s’harmonise plus ou moins avec le côté « voyage » du film.

En ce qui concerne la musique originale, composée par le pianiste Kris Bowers, elle est très bien pensée au début. Toutefois, elle tourne rapidement vers une forte banalité qui vient presque gâcher certaines scènes au climax émotionnel attendu.

Le travail du compositeur est surtout remarquable dans le réenregistrement de quelques morceaux du Don Shirley Trio. Durant le film, c’est bien Kris Bowers qui interprète le jeu pianistique de Don Shirley et non l’acteur de celui-ci. Mention spéciale à Blue Skies et Happy Talk, que je conseille néanmoins d’écouter dans leur version originale afin de pleinement mesurer le génie de Don Shirley.

Yanis Derouiche

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Ce film est marquant par la relation qui s’établit entre les deux personnages


Dès le début de "Green Book : sur les routes du Sud", on comprend le caractère du film mélangeant sérieux, humour, et réalisme, puisqu’il est inspiré d’une histoire vraie. Il met en scène deux personnages très différents : le Docteur Don Shirley d’un côté, un homme de couleur, pianiste de renom puisqu’il joue dans les plus grandes salles et même pour le président, et très riche ; et de l’autre côté Tony Vallelonga, ou Tony Lip, un homme blanc, un poil raciste, d’une catégorie sociale modeste avec une famille nombreuse et heureuse.

Ce film se déroule à l’époque ou la ségrégation dans le sud des États-Unis est malheureusement une pratique courante, en 1962. Don Shirley va parcourir l’ensemble du territoire avec Tony Lip comme chauffeur et garde du corps pour donner des concerts de piano. Cependant, il va très vite mesurer l’attitude raciste des habitants en fonction de l’état qu'il traverse.

Cette discrimination est renforcée par le fait qu’il soit homosexuel. Il va prendre conscience qu’il n’est important que pour divertir les invités pendant la soirée mais, qu’après ses concerts, il redevient un « simple noir » que tout le monde méprise.

Ce film est aussi marquant par la relation qui s’établit entre les deux personnages. D’une culture très différente, ils finissent par se comprendre et s’entraider. Les préjugés sur ces deux protagonistes sont explicités sans retenue.

Le fait que le film soit inspiré d’une histoire vraie renforce le côté solennel et véritable de l'ensemble. La morale est selon moi très importante car elle présente la vision du bonheur de ces deux personnages. Elle y est décrite précisément dans le film au cours d’une dispute mémorable.

Tony Lip estime que Don Shirley est plus heureux car il a tout ce qu’il veut grâce à son argent. Au contraire, Don Shirley répond que Tony Lip l’est plus car, même avec peu d’argent, il a une vie de famille ce qui est bien mieux qu'un Don Shirley riche mais vivant seul.

Ce film incite aussi à prendre conscience des discrimination qui ont pu exister dans le passé et qui sont parfois encore d’actualité dans certaines régions du monde, y compris aux États-Unis. Agir en conséquence pour que la cohésion entre toutes les populations soit la plus complète possible, ce qui est réalisable, est ce dont témoigne "Green Book : sur les routes du Sud".

Théo Grégoire

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